(New York) Les prix du pétrole ont reculé mercredi, après deux séances de forte hausse, dans un marché sceptique sur la faisabilité de mesures d’aide aux Américains et pas rassuré par le rapport hebdomadaire sur les stocks de brut.

Agence France-Presse

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre a terminé la séance à 41,99 dollars contre 42,65 dollars, en repli de 1,54 % (-66 cents) par rapport à la clôture de mardi.

À New York, le baril américain de WTI pour novembre a fini à 39,95 dollars contre 40,67 dollars la veille, en retrait de 1,80 % (-72 cents).

Le rapport hebdomadaire de l’Agence d’information sur l’Énergie (EIA) publié mercredi a révélé une hausse-surprise des réserves américaines de brut (+500 000 barils au 2 octobre), liée à un progrès de la production face à une demande toujours faible.

Si c’est encourageant pour les capacités de l’industrie pétrolière, ça l’est moins pour les perspectives des cours de l’or noir.

« Le rapport de l’EIA a montré que la production était revenue à la barre des 11 millions de barils par jour, ce qui était une vraie surprise, à laquelle il faut ajouter une hausse des importations et une baisse des exportations. Tout cela est des facteurs baissiers pour les cours », a expliqué Bill O’Grady de Confluence Investment.

Pour Bart Melek de TD Securities, « la demande continue à inquiéter le marché ».

Et « maintenant que le président Trump ne poursuit plus un nouveau plan de relance budgétaire et que la deuxième vague de COVID-19 va à nouveau réduire l’activité économique, les stocks de brut vont rester élevés pendant un certain temps », ajoute cet analyste.

Le président américain Donald Trump a sonné brutalement mardi la fin des négociations avec les démocrates sur un plan d’aide à l’économie américaine, ce qui a fait plonger les cours du brut après la clôture, de même que Wall Street.

Plus tard, devant le tollé, il a affirmé demander désormais des mesures ciblées ce qui a redonné des couleurs au marché des actions à Wall Street, mais n’a pas convaincu celui de l’or noir.

« Je crois que Wall Street est un peu plus optimiste qu’elle ne devrait l’être sur ces petits morceaux de stimulus envisagés pour les compagnies aériennes ou pour l’emploi qui auront du mal à passer au Congrès », affirme Bill O’Grady.

Pour Bjornar Tonhaugen, de Rystad Energy, le marché a dû « digérer les contorsions de la Maison-Blanche » tandis que la hausse des stocks de brut « est préoccupante, surtout à un moment où la production libyenne est revenue, atteignant déjà près de 300 000 b/j ».