(New York) La Bourse de New York a sombré jeudi à la clôture et connu sa pire séance depuis juin, marquant un brutal coup d’arrêt après avoir démarré le mois de septembre sur les chapeaux de roue.

Agence France-Presse

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, s’est enfoncé de 2,78 % à 28 292,73 points.  

Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a plongé de 4,96 % à 11 458,10 points et l’indice élargi S&P 500 a chuté de 3,51 % à 3455,06 points.

L’indice composé S&P/TSX de la Bourse de Toronto a pour sa part reculé de 249,08 points pour terminer la séance à 16 448,89 points.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 76,20 cents US, en baisse par rapport à son cours moyen de 76,53 cents US de la veille.

Selon Quincy Krosby de Prudential Financial, « le marché boursier a connu ces dernières semaines une croissance trop explosive, était surévalué et devait s’attendre à un repli. »

Mercredi, le NASDAQ et le S&P 500 avaient de nouveau battu leurs records. Le Dow Jones avait lui achevé lundi son meilleur mois d’août depuis 1984 et s’était rapproché de son plus haut historique.

Depuis leur plongeon de la mi-mars et malgré quelques accidents de parcours, les grands indices new-yorkais ont entamé une remontée spectaculaire.

Ces progressions sont d’autant plus étonnantes que l’économie américaine reste particulièrement fragilisée par les conséquences de la pandémie de COVID-19 et que la crise sanitaire est loin d’être jugulée dans le pays.

Jeudi, le département du Travail a fait part d’une baisse des nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage aux États-Unis, qui se sont également révélées inférieures aux attentes des analystes (881 000 nouvelles demandes d’allocation contre 915 000 attendues).

Les acteurs du marché prendront connaissance vendredi du rapport mensuel très suivi sur l’emploi et le taux de chômage américains.

Autre raison évoquée par Mme Krosby pour justifier la dégringolade boursière de jeudi : la méfiance au sujet de la commercialisation imminente d’un vaccin contre le coronavirus.

Les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) ont demandé « urgemment » la semaine dernière aux États de faire le nécessaire afin que les centres de distribution d’un futur vaccin puissent être « complètement opérationnels d’ici le 1er novembre 2020 ».  

« Mais dans la nuit de mercredi à jeudi, on a vu des docteurs expliquer dans les médias que ça ne serait pas possible, se demandant si la CDC n’était pas utilisée à des fins politiques », fait remarquer Quincy Krosby.  

Principales victimes du sérieux coup de mou de jeudi, les grands noms de la techonlogie, qui ont porté Wall Street à bout de bras depuis mars, ont vacillé : Apple a plongé de 8,01 %, Amazon de 4,63 %, Alphabet (la maison mère de Google et YouTube) de 5,12 %, Microsoft de 6,19 % et Facebook de 3,76 %.

Nouvelle chute pour Tesla

Parmi les valeurs du jour, Tesla a poursuivi sa baisse et dégringolé de 9,02 %. Le constructeur de véhicules électriques haut de gamme avait déjà plongé la veille après l’annonce de la société de gestion d’actifs écossaise Baillie Gifford & Co, principale actionnaire externe de Tesla, d’une baisse de sa participation, celle-ci étant passée de plus de 6 % en juin à 4,25 % fin août.

Les croisiéristes Royal Caribbean (+2,68 %), Norwegian (+3,77 %) et Carnival (+5,21 %) ont en revanche gagné du terrain, profitant de l’annonce par Carnival de la reprise de ses activités en Italie dimanche, via sa marque Costa Cruises.  

Le laboratoire Novavax a lui grappillé 0,08 %, porté par la publication mercredi en fin de journée dans le New England Journal of Medicine de données montrant des résultats positifs pour le candidat vaccin contre la COVID-19 développé par l’entreprise.  

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine, reculait à 0,6364 % vers 16 h 50 contre 0,6477 % mercredi soir.

— Avec La Presse canadienne