(New York et Toronto) La Bourse de New York a terminé en ordre dispersé jeudi alors que la Banque centrale américaine a dévoilé une modification de sa politique monétaire susceptible de laisser les taux à un bas niveau pendant encore longtemps.  

Agence France-Presse et La Presse canadienne

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a gagné 0,57 % à 28 492,27 points.  

L’indice élargi S&P 500 s’est apprécié de 0,17 % à 3484,55 points, finissant à un niveau inédit pour la cinquième séance de suite. Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a reculé de 0,34 % à 11 625,34 points.  

Pour sa part, le principal indice de la Bourse de Toronto a retraité, tiré vers le bas notamment par le secteur des matériaux dans le cadre d’une séance au cours de laquelle le prix de l’or a fléchi.

L’indice composé S&P/TSX de la Bourse de Toronto a clôturé à 16 731,49 points, en baisse de 58,48 points.

Sur le marché des devises, le dollar canadien a pris de la vigueur en se transigeant au cours moyen de 76,17 cents US, par rapport à son cours moyen de 76,02 cents US de mercredi. Cela est survenu alors que la Réserve fédérale des États-Unis a annoncé des changements majeurs à sa stratégie, qui pourrait maintenir les taux d’intérêt à des niveaux faibles plus longtemps et permettre des niveaux d’inflation plus élevés.

À la Bourse des matières premières de New York, le prix du baril de pétrole a cédé 35 cents US, à 43,04 $ US, alors que plusieurs raffineries américaines dans la zone du golfe du Mexique ont cessé leurs activités en raison du passage de l’ouragan Laura.

De son côté, le prix de l’or a retraité de 19,90 $ US pour clôturer à 1932,60 $ US l’once. La livre de cuivre a ajouté près d’un cent US, à 2,99 $ US.

La Banque centrale américaine (Fed) a annoncé jeudi que l’inflation pouvait rester au-dessus de l’objectif de 2,0 % « pendant un certain temps » avant que la Fed n’ait à agir en augmentant les taux d’intérêt.  

De quoi rasséréner les investisseurs qui profitent largement depuis plusieurs années des taux bas de la Fed, actuellement proches de zéro, pour emprunter de l’argent à moindre coût.

Le patron de la Fed Jerome Powell, qui s’exprimait à l’occasion de la réunion annuelle des banquiers centraux à Jackson Hole, qui a habituellement lieu dans le Wyoming, mais se passait cette année en ligne, a une nouvelle fois martelé que l’institution était prête à utiliser sa « gamme complète d’outils » pour soutenir l’économie.  

Pas de surprise

« Il n’y a pas eu de grosses surprises », remarque Maris Ogg de Tower Bridge Advisors. Mais pour le marché, « des taux plus bas pendant plus longtemps c’est important », remarque-t-elle.  

« De plus, M. Powell a été très clair en disant que puisque le gouvernement américain ne parvenait pas à s’entendre sur un plan de soutien budgétaire, la Fed répondrait toujours présente. »

Si le secteur technologique a subi un coup de mou jeudi, c’est simplement, selon elle, parce qu’il avait bondi mercredi. Le NASDAQ s’était notamment apprécié de 1,73 % et avait terminé à un record pour la cinquième séance de suite.

Les acteurs du marché digéraient, par ailleurs, jeudi l’annonce d’un repli des inscriptions hebdomadaires au chômage, à un million.

Au total, 13,9 millions de personnes touchaient une indemnité chômage au cours de la semaine dernière, en baisse de 1,9 %.  

L’administration américaine a révisé son estimation de la contraction du Produit intérieur brut pour le deuxième trimestre à 31,7 % en rythme annualisé contre 32,9 % estimé précédemment.

Les promesses de ventes de logements aux États-Unis ont de leur côté augmenté en juillet (+5,9 %) pour le 3e mois consécutif, selon la Fédération nationale des agents immobiliers (NAR).

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine montait à 0,7423 % contre 0,6884 % mercredi soir.

Parmi les valeurs du jour, le laboratoire Abbott a bondi de 7,85 % après avoir reçu le feu vert des autorités sanitaires pour un test rapide de la COVID-19 à 5 dollars. L’administration américaine a annoncé qu’elle allait en acheter 150 millions pour un montant total de 750 millions de dollars.

Le joaillier Tiffany, en cours de fusion avec le géant du luxe français LVMH, a pris 1,41 % après avoir fait part d’une baisse de son chiffre d’affaires de 29 %, en dessous des attentes, mais d’un bénéfice dépassant les prévisions.

Le géant des supermarchés Walmart s’est apprécié de 4,54 % après avoir annoncé qu’il s’alliait avec Microsoft (+2,46 %) pour proposer une offre de rachat de l’application TikTok au groupe chinois ByteDance.