(New York et Toronto ) Wall Street a fini dans le rouge jeudi, digérant les résultats trimestriels de plusieurs grands noms de la place new-yorkaise et des indicateurs mitigés sur le front économique.

Agence France-Presse et La Presse canadienne

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average a cédé 0,50 % à 26 734,71 points, enregistrant sa première baisse en cinq séances.

Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a lâché 0,73 % à 10 473,83 points.

L’indice élargi S&P 500 a perdu 0,34 % à 3215,57 points.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a cédé 38,83 points pour terminer la séance à 16 024,50 points.

Le secteur des technologies de l’information a été le plus faible du TSX, jeudi, avec un recul de 1,52 %. Les groupes de l’énergie et des matériaux ont respectivement cédé 1,16 % et 0,97 %.

Malgré tout, six des onze secteurs ont avancé, notamment celui des télécommunications, avec un gain de 1,18 %.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 73,84 cents US, en baisse par rapport à son cours moyen de 73,89 cents US de la veille.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a lâché 47 cents US à 40,93 $ US le baril, tandis que celui de l’or a perdu 13,50 $ US à 1800,30 $ US l’once. Le prix du cuivre a grimpé de 1,65 pour clôturer à 2,90 $ US la livre.

Colin Cieszynski, stratège en chef du marché pour SIA Wealth Management, a estimé que le marché connaissait un « été d’évitements ».

« Je pense toujours que c’est la situation dans laquelle nous nous trouvons probablement. Il est probable qu’il s’agira davantage d’un marché sélectif que d’un marché marqué par les grandes fluctuations que nous avons observées au premier semestre de cette année », a-t-il expliqué.

Les perspectives d’une reprise économique ne sont pas claires, avec un potentiel de revers, alors qu’un nouveau pic d’infections à la COVID-19 a convaincu certains États américains à resserrer leurs mesures de confinement.

Les ventes au détail aux États-Unis ont été « spectaculaires » en juin, progressant de 7,5 % après avoir grimpé de 17,7 % en mai.

Cependant, les demandes hebdomadaires de prestations d’assurance emploi étaient légèrement pires que prévu. Environ 1,3 million d’Américains ont présenté une nouvelle demande de prestations la semaine dernière. Ils étaient ainsi plus d’un million à le faire pour une 17e semaine consécutive, alors que 32 millions d’Américains continuaient de toucher ces prestations.

L’effet cumulatif d’un certain nombre de facteurs, notamment les demandes de prestations d’assurance emploi, l’augmentation des infections et les mesures de confinement, a nui au moral des investisseurs, a indiqué M. Cieszynski.

« Il devient évident que ce genre d’incertitude et de saccades pourrait durer un certain temps. »

Les investisseurs semblent avoir profité des fortes fluctuations du marché pour cristalliser leurs bénéfices en déplaçant des capitaux de secteurs surperformants, comme celui de la technologie, vers d’autres domaines où ils espèrent gagner de l’argent.

« Il ne semble pas que les gens retirent leur l’argent et passent à la caisse, ils prennent simplement de l’argent et le redéploient ailleurs, dans d’autres actions », a-t-il observé.

Bank of America (-2,72 %) et Morgan Stanley (+2,51 %) ont conclu jeudi avant l’ouverture de la Bourse la saison des résultats du deuxième trimestre pour les grandes banques américaines.

Si la première a vu ses profits lestés par l’argent mis de côté pour faire face aux potentiels impayés de ses clients, la seconde a en revanche dégagé des recettes et des bénéfices record grâce à son intense activité sur les marchés financiers et dans la banque d’investissement.  

Le groupe pharmaceutique et de produits d’hygiène Johnson & Johnson (+0,67 %), lancé dans la course au vaccin contre la COVID-19, a pour sa part vu ses résultats chuter au deuxième trimestre à cause de la pandémie, mais a revu ses objectifs en légère hausse.

Les acteurs du marché ont désormais les yeux tournés vers d’autres secteurs, dont les grands noms doivent faire état de leur bilan de santé trimestriel, à commencer par les valeurs technologiques.

Pour Art Hogan de National Securities, « il est improbable que la tech réalise des performances extraordinaires au deuxième trimestre, car les attentes étaient démesurées » après la très bonne tenue boursière du secteur pendant la pandémie de COVID-19.

Comme pour confirmer cette intuition, l’action de Netflix dégringolait de plus de 10 % dans les échanges électroniques après la clôture, alors que le géant du streaming a affiché des bénéfices moins bons que prévu entre avril et juin.

Twitter enquête

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine reculait à 0,6190 % vers 16 h 45, contre 0,6299 % mercredi soir.

Parmi les autres valeurs du jour, Twitter a cédé 1,09 %. Le réseau social continue d’enquêter sur un piratage massif, qui a visé mercredi soir les comptes de nombreuses personnalités, dont ceux de Joe Biden, Bill Gates, Elon Musk, et Barack Obama, remettant sur le devant de la scène la question de la cybersécurité.

American Airlines, qui a prévenu mercredi qu’elle pourrait congédier jusqu’à 25 000 salariés en octobre, a chuté de 7,37 %.

La compagnie aérienne américaine a toutefois annoncé jeudi avoir noué un partenariat stratégique avec JetBlue (-4,50 %), permettant aux deux entreprises de proposer plus de vols à leurs clients depuis New York et Boston, une alliance qui devrait les aider à rebondir après la pandémie.

Le producteur d’aluminium et de bauxite Alcoa, qui a confirmé mercredi soir avoir réduit ses pertes au deuxième trimestre grâce notamment à des économies et à une hausse de sa production, a bondi de 6,30 %.

La chaîne de restauration Domino’s Pizza a pris 1,38 % après avoir fait part de résultats dopés par une hausse de la consommation de pizzas pendant la pandémie aux États-Unis.