(Londres) Les cours du pétrole brut ont brusquement chuté mercredi, perdant plus de 5 %, après la publication par l’Agence américaine d’information sur l’Énergie (EIA) d’une nouvelle hausse des stocks de pétrole brut qui battent ainsi leur niveau record.

Agence France-Presse

Vers 11 h 30, le baril américain de WTI pour livraison en août cédait 5,18 % par rapport à la clôture de la veille, cotant 38,28 dollars sur son marché new-yorkais.

Celui de Brent de la mer du Nord pour livraison au même mois valait 40,45 dollars à Londres, en recul de 5,11 %.

Les deux cours de référence avaient touché la veille des plus hauts depuis plus de trois mois.

Déjà en baisse pendant la journée, « les cours du WTI et du Brent ont été secoués à la suite du rapport de l’EIA », a constaté David Madden, analyste de CMC Markets.

Selon le rapport hebdomadaire de l’agence, les réserves de pétrole aux États-Unis ont augmenté la semaine dernière de 1,4 million de barils (MB) pour s’établir à 540,7 MB, un nouveau record.

Il s’agit de leur troisième hausse d’affilée dans un marché toujours préoccupé par la faible demande et l’impact de la pandémie de COVID-19 sur la consommation.

Cette hausse, pourtant proche des attentes des analystes, est de nature à « montrer que la situation d’offre excédentaire aux États-Unis n’est toujours pas résolue », avait jugé plus tôt dans la journée Jasper Lawler, de LCG.

De plus, les inquiétudes à propos d’une deuxième vague de contaminations à la COVID-19-19 planent toujours sur les marchés pétroliers comme une menace sérieuse pour une reprise solide de la demande.

Le Fonds monétaire international (FMI) a fait état mercredi de perspectives encore plus sombres que prévu pour l’économie mondiale au moment où l’épidémie de COVID-19 enregistre une poussée « préoccupante » aux États-Unis.  

« Même si les données indiquent un début de reprise de l’activité économique, celle-ci ne s’est toujours pas débarrassée du malaise provoqué par la pandémie », a expliqué Stephen Brennock, de PVM.

Les pays producteurs d’or noir ne sont pas épargnés : le PIB du chef de file de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), l’Arabie saoudite, va d’après les estimations du FMI se contracter de 6,8 % cette année, sa pire performance depuis les années 1980.

La détérioration a été rapide : en avril, l’institution prévoyait une contraction de seulement 2,3 % pour la première économie du Moyen-Orient.