(New York) Les prix du pétrole ont terminé en hausse mardi, tiré par un repli marqué de la production d’or noir dans le monde, en particulier aux États-Unis, et des marchés financiers généralement optimistes.

Agence France-Presse

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet s’est apprécié de 64 cents, ou 1,8 %, pour finir à 36,17 dollars.

À New York, le baril américain de WTI pour juillet a de son côté pris 1,10 dollar, ou 3,3 %, pour clôturer à 34,35 dollars.

« De façon générale, les tendances actuelles sur l’offre et la demande (de pétrole) sont de nature à faire monter les prix, certaines estimations évaluant notamment le repli de la production à environ 13 à 15 millions de barils par jour », remarque Robbie Fraiser de Schneider Electric.  

La majeure partie de ce recul provient de la réduction de 9,7 millions de barils promise par les pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses partenaires. Mais les extractions sont aussi en forte diminution aux États-Unis.  

Selon le cabinet Rystad Energy, elle pourrait y descendre jusqu’à 10,7 millions de barils par jour en juin, son plus bas niveau en deux ans, avant de commencer à se redresser lentement.  

Mais la production ne devrait pas revenir au-dessus de 11,7 millions de barils par jour avant 2022, ce qui reste loin des 12,9 millions de barils produits en moyenne chaque jour en mars 2020.  

De plus, ajoute M. Frasier, « il faudrait que la demande revienne pour qu’on puisse voir un rebond significatif des prix du pétrole ». Or « si les récentes semaines ont bien montré que la demande s’était raffermie depuis son effondrement en avril, elle reste bien en dessous du niveau d’avant la pandémie dans la plupart des pays », remarque-t-il.  

Résultat : malgré la forte hausse observée ces dernières semaines, les prix du pétrole restent bien en dessous de leurs niveaux de début mars, avant que la pandémie de COVID-19 ne frappe de plein fouet le monde entier.  

En avril, le WTI a même brièvement évolué en territoire négatif pour la première fois de son histoire.

« L’humeur positive observée sur les marchés boursiers tire le pétrole vers le haut », avance de son côté Carlo Alberto De Casa, analyste pour ActivTrades.

La poursuite du déconfinement en Europe et dans quelques États aux États-Unis, sans rebond du nombre de malades observé pour le moment, et les nouveaux essais lancés par une biotech américaine pour trouver un vaccin ont alimenté l’optimisme des investisseurs.