(New York et Toronto) La Bourse de New York a fini dans le rouge mardi, accentuant ses pertes en fin de séance, après s’être nettement appréciée la veille et après des auditions devant le Sénat américain du patron de la Fed et du secrétaire au Trésor.

Agence France-Presse et La Presse canadienne

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average a cédé 1,59 % à 24 206,86 points.

Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a reculé de 0,54 % à 9185,10 points et le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, de 1,05 % à 2922,94 points.

La Bourse de Toronto a clôturé en hausse de plus de 200 points, rattrapant les gains enregistrés la veille par ses consœurs américaines pendant qu’elle était fermée pour le congé de la fête de la Reine.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a gagné 246,58 points, soit 1,7 %, pour terminer la séance avec 14 885,48 points.

« Le Dow Jones et le S&P 500 ont enregistré (lundi) de très solides séances, leur meilleure journée en environ six semaines. Mais le TSX a raté cela et, de toute évidence, il jouait à faire du rattrapage aujourd’hui », a observé Anish Chopra, directeur général pour la firme Portfolio Management.

Les marchés boursiers américains ont bondi lundi parce qu’un projet de vaccin contre le nouveau coronavirus réalisé par le laboratoire Moderna a montré des signes précurseurs prometteurs, et que les économies de certains pays, États et provinces ont commencé à rouvrir après des fermetures de deux mois pour empêcher la propagation de la COVID-19.

« La question qui reste est de savoir s’il y aura de nouvelles fermetures, si le coronavirus peut revenir et comment les pays, les provinces et les États réagiront », a observé M. Chopra lors d’une entrevue.

« Mais pour l’instant, les choses semblent être sous contrôle, certainement aux États-Unis et au Canada, ainsi que dans de nombreux autres pays, y compris en Europe. »

Le gain enregistré mardi par le marché de Toronto a été inférieur à celui des marchés américains la veille, puisque ces marchés sont très différents. Le parquet torontois compte de fortes pondérations dans les services financiers et l’énergie, qui restent des domaines d’investissement difficiles.

Dix des onze secteurs du TSX ont progressé mardi, ceux de la santé et de l’énergie en tête avec des gains respectifs de 9,48 % et 5,11 %. Les secteurs de la finance et de l’industrie ont pour leur part avancé de 1,89 % et 2,97 %.

Le secteur des technologies de l’information a reculé de 0,62 %.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 71,98 cents US, en hausse par rapport à son cours moyen de 70,95 cents US de vendredi.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a pris 31 cents US à 31,96 $ US le baril, tandis que celui de l’or a gagné 11,20 $ US à 1745,60 $ US l’once. Le prix du cuivre a avancé de 1,4 cent US à 2,42 $ US la livre.

Après être fortement montée lundi grâce notamment à des résultats encourageants d’essais cliniques d’un laboratoire américain pour un vaccin contre le coronavirus, la place new-yorkaise a semblé faire une pause mardi avant de marquer plus franchement le pas peu avant la clôture.

La séance a été animée par les auditions du président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, et du secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, devant le comité des banques, du logement et des affaires urbaines du Sénat.

M. Mnuchin a notamment estimé que la mise à l’arrêt de l’économie américaine en raison de la pandémie posait un « risque de dommages durables » tout en affirmant que la réouverture de l’activité des entreprises devait se faire d’une « manière équilibrée et sans danger ».

Selon Christopher Low de FHN Financial, les fortes divisions partisanes au Congrès américain limitent toutefois les options de la Fed et du Trésor.

Les deux institutions vont être « extrêmement prudentes quant à leur approche des futurs programmes de prêts bancaires », estime M. Low, qui souligne que « chaque parti agit de manière intéressée. »

La Maison-Blanche a approuvé plusieurs volets de programmes de prêts pour les petites entreprises qui totalisaient, début mai, 669 milliards de dollars.

Ces programmes s’inscrivent dans un plan titanesque de soutien à l’économie américaine de 2200 milliards de dollars fin mars, complété par 500 milliards de dollars supplémentaires fin avril.

L’administration Trump a assuré envisager de nouvelles mesures, mais souhaite pour l’heure faire une pause.

« L’aide aux États est considérée comme essentielle pour préparer le terrain à un redémarrage rapide (de l’économie), mais le fait que les deux partis n’arrivent quasiment pas à travailler ensemble n’aide pas », regrette M. Low.

Walmart et Home Depot baissent

Au rang des indicateurs, les mises en chantier de logements privés aux États-Unis ont chuté de plus de 30 % en avril sous l’effet de la pandémie de COVID-19, selon les données du département du Commerce publiées mardi.

Du côté des valeurs, Walmart a baissé de 2,12 % après avoir passé la première moitié de séance dans le vert. L’entreprise a fait part, avant l’ouverture de la Bourse, de résultats trimestriels solides, profitant en particulier de l’explosion des ventes en ligne et d’une hausse de la fréquentation de ses magasins pendant la pandémie.

L’enseigne de bricolage Home Depot (-2,95 %) a annoncé que les dépenses liées au coronavirus avaient fortement pesé sur ses profits trimestriels.

Disney a reculé de 2,12 %. Kevin Mayer, l’ancien responsable des plateformes de streaming de l’entreprise (Disney+, Hulu et ESPN+), va prendre la tête du très populaire réseau social TikTok le 1er juin, a annoncé lundi soir le groupe chinois ByteDance, maison mère de l’application.

L’empire du divertissement doit par ailleurs rouvrir mercredi le centre commercial de son gigantesque complexe d’Orlando, en Floride, en mettant en place de strictes normes sanitaires.

La société de biotechnologies américaine Moderna, qui avait annoncé lundi des résultats très préliminaires, mais encourageants pour son vaccin expérimental contre le coronavirus, a chuté de 10,73 %.

Son PDG a appelé mardi les États européens à passer commande rapidement, les délais de livraison variant « de 6 à 9 mois ».

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine reculait, s’établissant à 0,6915 % contre 0,7257 % lundi soir.