(New York) La Bourse de New York a terminé en très nette hausse lundi, portée par des résultats préliminaires encourageants d’essais cliniques sur un vaccin contre le coronavirus et par un sentiment globalement positif sur les perspectives économiques.

Agence France-Presse

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a grimpé de 3,87 % à 24 597,37 points. Il s’agit de sa plus forte hausse en pourcentage sur une séance depuis début avril.

Le NASDAQ, à forte coloration technologique, s’est apprécié de 2,44 % à 9234,83 points.

Le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, a pris 3,15 % à 2953,91 points.

Le laboratoire américain Moderna, financé par le gouvernement américain, a fait part lundi de « données intérimaires positives » de la phase initiale des essais cliniques de son projet de vaccin mRNA-1273.

Ce dernier a semblé susciter une réponse immunitaire chez huit personnes à qui il avait été administré, de la même ampleur que ce qu’on observe chez ceux qui ont été naturellement contaminés par le virus, selon un communiqué du laboratoire.

Les résultats complets de cet essai de phase 1 ne sont toutefois pas encore connus et des essais à grande échelle sont prévus en juillet.

Le président américain Donald Trump n’a pourtant pas tardé à se féliciter de résultats « stupéfiants » et s’est réjoui de leur impact positif sur les marchés financiers.  

À Wall Street, l’action de Moderna s’est envolée de près de 20 %.

Après la clôture de Wall Street, l’entreprise a par ailleurs annoncé l’émission de nouvelles actions pour 1,25 milliard de dollars. Les souscripteurs auront aussi la possibilité d’acheter pour 187,5 millions de dollars d’actions supplémentaires pendant 30 jours.

Powell prudemment optimiste

Sur le front économique, le patron de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a lui continué de se montrer prudent tout en envisageant un retour de la croissance aux États-Unis sur le moyen terme ou le long terme.

Dans une interview diffusée dimanche sur CBS, M. Powell a estimé que la crise actuelle présentait « des différences fondamentales » avec la Grande Dépression, rappelant que, contrairement à 1929, tous les indicateurs étaient au vert pour l’économie américaine avant la pandémie.

Le président de la Fed a néanmoins jugé que le taux de chômage pourrait atteindre les 20 % à 25 % aux États-Unis et que le PIB pourrait chuter jusqu’à 30 % au deuxième trimestre.

« Les nouvelles sur un possible vaccin sont à l’origine » de la forte hausse boursière lundi, résume Peter Cardillo de Spartan Capital Securities, « mais M. Powell mérite aussi d’être crédité pour ses perspectives modérément optimistes ».

De plus en plus d’entreprises ont, pour leur part, prévu la réouverture progressive de leur activité en Amérique du Nord cette semaine. Cela a été le cas lundi des usines automobiles, notamment General Motors (+9,81 %), Ford (+1,87 %), Fiat Chrysler USA (+8,31 %) et Tesla (+1,87 %).

Parmi les autres valeurs du jour, plusieurs majors pétrolières ont profité du nouveau bond des prix du pétrole : Chevron est monté de 5,33 %, ExxonMobil de 7,95 % et Occidental de 9,04 %.

Plusieurs industries fortement dépendantes d’un redémarrage à plein régime de l’économie américaine se sont également affichées en très forte hausse, comme les compagnies aériennes Delta Air Lines (+13,91 %), American Airlines (+9,18 %) et United Airlines (+21,13 %).

Disney a pour sa part pris 7,15 %. Le groupe va rouvrir mercredi le centre commercial de son gigantesque complexe d’Orlando, en Floride, en mettant en place de strictes normes sanitaires. Le parc d’attractions et les hôtels restent pour l’instant fermés.

Le spécialiste des réservations de voitures avec chauffeur Uber a pris 3,54 % après avoir annoncé lundi licencier 3000 salariés supplémentaires, après 3700 suppressions d’emploi déjà décidées début mai.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine montait, évoluant à 0,7208 % contre 0,6428 % vendredi soir.