(New York) Le prix du baril de pétrole coté à New York a bondi de 22 % mercredi, à la faveur d’un rapport meilleur que prévu sur les stocks américains et des perspectives de déconfinement aux États-Unis et dans le monde.

Agence France-Presse

Le cours du baril de WTI pour livraison en juin a grimpé de 2,72 dollars pour finir à 15,06 dollars. Il est monté de plus de 35 % pendant la séance.

À Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin a pris 10 % ou 2,08 dollars à 22,54 dollars

Les réserves de brut aux États-Unis se sont établies à 527,6 millions de barils au 24 avril, selon un rapport diffusé mercredi par l’Agence américaine d’information sur l’Énergie (EIA), soit une augmentation de 9 millions de barils.  

Les analystes tablaient sur une hausse médiane plus importante de 11,9 millions de barils.  

Celles d’essence ont par ailleurs reculé de 3,7 millions de barils alors que les analystes prévoyaient une hausse de 2,5 millions, signe d’une demande plus forte malgré le ralentissement de l’économie causé par le coronavirus.

« Avec le redémarrage de la consommation en Amérique du Nord grâce à la réouverture progressive de l’économie et avec la chute rapide de la production mondiale d’or noir en mai, les stocks, qui n’ont cessé de gonfler, vont se remplir à un rythme moins soutenu », prédisent les analystes de TD Securities.

Ces derniers estiment qu’il existe toujours un risque que le stockage arrive à saturation et que les contrats de WTI pour les échéances les plus rapprochées dans le temps tombent sous les 10 dollars.

La semaine dernière, le contrat pour livraison en mai du baril de référence aux États-Unis avait fini en négatif pour la première fois de son histoire.

Les analystes de TD Securities estiment cependant que les coupes dans la production récemment annoncées par les principaux pays exportateurs ainsi que les ajustements naturels du marché vont permettre au WTI de se stabiliser autour de 30 dollars à partir du troisième trimestre.

« Les politiques des banques centrales et les espoirs d’une sortie de crise - ou du moins d’un déconfinement - relativement rapide » ont également soutenu les prix du pétrole mercredi, selon Carlo Alberto De Casa, analyste d’ActivTrades.

Pressés de relancer l’économie, plusieurs pays européens ont dévoilé, prudemment, des plans de déconfinement progressifs et réversibles afin de ne pas relancer l’épidémie de coronavirus qui continue de faire des ravages dans le monde sur les plans sanitaire et économique.

Les cours du pétrole « rebondissent pour l’instant, mais le carnage n’est pas terminé », a toutefois prévenu Craig Erlam, analyste de Oanda.  

Le patron de la Banque centrale américaine Jerome Powell a d’ailleurs dressé un tableau sombre mercredi, annonçant que l’économie des États-Unis allait sans doute « chuter à un rythme sans précédent au deuxième trimestre. »