L’entreprise de Longueuil Mediagrif a goûté à l’effet Shopify, mardi.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

L’action de Mediagrif a bondi de 65 % en Bourse peu après le passage à la télévision d’un gestionnaire de portefeuille montréalais qui a placé les noms de Mediagrif et de Shopify dans la même phrase.

Le titre de Mediagrif a finalement terminé la séance en progression de 42 %, à 5,38 $, à la Bourse de Toronto.

Invité à présenter ses meilleures idées d’investissement sur les ondes de la chaîne financière BNN Bloomberg, le président et chef des placements de la firme Gestion Lester a fait l’éloge de Mediagrif.

« À l’instar de Shopify, Mediagrif offre des solutions de commerce électronique, mais pour des entreprises beaucoup plus grosses et beaucoup plus complexes. Ces plateformes de commerce électronique sont intégrées aux progiciels de gestion des entreprises », a dit Stephen Takacsy.

« Mediagrif gère par exemple la plateforme en ligne de l’épicier Sobeys/IGA, et celle de Carrefour, en Italie, qui permet de commander de la nourriture », a-t-il ajouté.

« Mediagrif possède aussi des plateformes qui permettent aux fournisseurs de soumissionner sur des contrats gouvernementaux. Mediagrif bénéficie de la course des entreprises vers la numérisation et le commerce en ligne. »

Alors que l’action de Shopify se négocie à 35 fois ses revenus, a souligné Stephen Takacsy, le titre de Mediagrif s’échange à moins de 1 fois ses revenus.

Le chiffre d’affaires de Mediagrif est de 83 millions alors que celui de Shopify s’élève à environ 2 milliards.

Le vent dans les voiles pour Shopify

Dire que Shopify a le vent dans les voiles est un euphémisme. L’action de cette entreprise d’Ottawa spécialisée dans les solutions de transactions pour les détaillants en ligne a touché un niveau record de 945 $ la semaine dernière à la Bourse de Toronto. Les investisseurs accordent à Shopify une valeur de 100 milliards en Bourse.

Shopify est maintenant la deuxième entreprise au pays – derrière la Banque Royale – en matière de valeur boursière.

Au rythme actuel, ce n’est peut-être plus qu’une question de temps avant que Shopify détrône la plus grande banque au pays, dont la valeur actuelle est de 122 milliards à la Bourse de Toronto.

« Évidemment, la croissance de Shopify est plus impressionnante parce que la taille de son marché potentiel est beaucoup plus grande », a dit Stephen Takacsy durant l’émission Market Call diffusée en mi-journée sur les ondes de BNN. « Mais le roulement est aussi plus important comparativement à Mediagrif, qui profite de revenus plus récurrents et de marges élevées. »

Stephen Takacsy soutient que la firme qu’il dirige a maintenant accumulé des actions de Mediagrif au point d’en détenir aujourd’hui une participation d’environ 5 %.

La valeur boursière de Mediagrif n’est qu’une fraction de celle de Shopify. Mediagrif vaut à peine 100 millions en Bourse.

Mais l’objectif du nouveau PDG Luc Filiatreault – en poste depuis septembre – est d’en faire une entreprise qui vaut 1 milliard d’ici cinq ans. Dans son plan stratégique quinquennal présenté aux investisseurs il y a deux mois, Luc Filiatreault a précisé ses ambitions de croissance. Il mise notamment sur les acquisitions pour mousser les revenus et plus que doubler le nombre d’employés afin de le porter au-delà de 1500.

Mais même après l’impressionnante poussée boursière enregistrée mardi, l’action de Mediagrif vaut encore 50 % de moins que ce qu’elle valait il y a un an, et 75 % de moins qu’il y a quatre ans.

La croissance du chiffre d’affaires déçoit depuis quelques années et Mediagrif a décidé de recentrer ses opérations vers ses activités B2B. L’entreprise tente depuis un moment déjà de se défaire du reste de ses plateformes grand public B2C, Jobboom et Réseau Contact.