(New York) Le cours du baril de référence aux États-Unis a terminé en baisse mardi, après avoir fait les montagnes russes, dans un marché toujours préoccupé par la quasi-saturation des capacités de stockage.

Agence France-Presse

Le baril américain de WTI pour livraison en juin a perdu 3,4 % ou 44 cents, finissant à 12,34 dollars, après avoir chuté de plus de 21 % en cours de séance.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison à la même échéance a en revanche progressé de 2,4 % ou 47 cents, à 20,46 dollars.

Le WTI avait entamé la journée en très net recul après une décision stratégique du United States Oil Fund (USO), un important fonds pétrolier américain coté en Bourse.

Échaudé par la chute incontrôlée des cours la semaine dernière à l’approche du terme du contrat précédent, USO a choisi de se délester de ses barils pour livraison en juin pour se concentrer sur les contrats à échéance plus lointaine.  

Étant donné la taille de ce fonds indiciel, cela a fait vaciller les cours du brut américain, selon plusieurs analystes.

Les investisseurs ont également continué de manifester leur inquiétude face remplissage des réserves de pétrole, à la veille d’un rapport hebdomadaire très suivi de l’Agence américaine d’information sur l’Énergie (EIA) sur les stocks de brut aux États-Unis.

Les analystes anticipent une hausse médiane de 11,9 millions de barils des réserves de brut, qui évoluent déjà à des niveaux proches de leur plus haut historique.

Le WTI a cependant effacé une partie de ses pertes en cours de séance mardi, porté notamment par l’espoir que l’activité économique redémarre progressivement aux États-Unis.

Les investisseurs ont également bien accueilli des propos du secrétaire au Trésor Steven Mnuchin qui a affirmé que le gouvernement américain pourrait soutenir financièrement l’industrie pétrolière, confirmant une annonce de Donald Trump la semaine dernière.

« Les prix sont aussi remontés grâce à la fermeture de puits par les entreprises de forage américaines en raison des prix bas, ce qui indique une réduction de l’offre », note Bjornar Tonhaugen de Rystad Energy.

« La fermeture des puits et une baisse significative de la production sont désormais ce que le marché attend pour soutenir les cours actuels », ajoute l’expert.

Selon Rystad Energy, les extractions américaines, qui sont actuellement d’un peu plus de 12 millions de barils par jour, devraient diminuer d’au moins 300 000 barils par jour en mai et en juin afin de compenser l’impact des prix bas pour les producteurs.