Le marché canadien des fusions et acquisitions d’entreprise est, sans trop de surprise, à l’arrêt depuis l’éclatement de la pandémie, constate la firme spécialisée Crosbie & Company dans son analyse trimestrielle. Mais un éventuel retour à la normale pourrait créer nombre d’occasions.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

De nombreux freins ralentissent les projets de fusion et acquisition actuellement, au point que le marché est pratiquement à l’arrêt, constate Richard Betsalel, administrateur de la firme. Cela inclut évidemment l’incertitude quant aux perspectives tant des acquéreurs que de leurs cibles, ainsi que des considérations pratiques comme l’impossibilité de visiter des usines.

« Mais le financement est le plus important actuellement, note-t-il. Les banques sont concentrées sur leurs clients internes, pas sur les nouveaux financements. Ça pourrait changer rapidement. »

Entreprises en difficulté et baby-boomers

« Nous en avons probablement pour quelques trimestres avec des niveaux d’activités nettement inférieurs, mais cela pourrait être suivi d’un fort rebond », avance Crosbie dans son rapport.

Plus précisément, M. Betsalel envisage l’émergence de toute une collection d’entreprises « en solde ».

Il va y avoir beaucoup d’activité du côté des entreprises en difficulté. Beaucoup d’entreprises qui cherchent actuellement du capital ne le trouveront pas et pourraient plutôt se tourner vers le marché des fusions et acquisitions. Il y a des fonds d’investissement et des entreprises dont le bilan est plus solide qui chercheront de bonnes occasions de ce côté et il y en aura.

Richard Betsalel, administrateur de la firme Crosbie & Company

Un autre bassin d’entreprises pourrait être mis en vente en raison d’enjeux de succession, croit-il.

« Les premiers baby-boomers ont environ 75 ans. Avant la crise financière de 2008, certains d’entre eux, au début de la soixantaine, commençaient à envisager la retraite. Puis leur entreprise a été emportée et ils ont mis des années à la rebâtir. Et là, c’est à refaire. Je soupçonne que plusieurs d’entre eux vont abandonner et vouloir sortir. Il y en a des un peu plus jeunes aussi qui vont se demander s’ils ont l’énergie de tout refaire ça. »

Les fonds d’investissement privés pourraient représenter une option intéressante pour ces vendeurs, croit M. Betsalel.

« Souvent, dans ces transactions, le propriétaire reste en place pendant un moment, puis a une occasion de faire un deuxième coup d’argent si les résultats y sont. Ce sera une option sérieuse. »