(New York et Toronto) La Bourse de New York s’est nettement repliée mercredi, ébranlée par des indicateurs reflétant plus fortement que prévu l’ampleur du désastre provoqué aux États-Unis par les mesures de restrictions destinées à limiter la propagation de la COVID-19.  

Agence France-Presse et La Presse canadienne

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a reculé de 1,86 % à 23 504,35 points et le NASDAQ, à forte coloration technologique, de 1,44 %, à 8393,18 points.  

Le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, a lâché 2,20 %, à 2783,36 points.

L’indice composé S&P/TSX de la Bourse de Toronto a reculé de 299,85 points pour terminer la journée avec 13 958,58 points.

Dix des onze secteurs du parquet torontois ont retraité, l’exception étant le groupe des biens de consommation de base, qui a notamment été soutenu par une hausse de 4,5 % de l’action d’Alimentation Couche-Tard.

Le secteur de l’énergie a enregistré le pire recul, de 5,3 %, pendant que le prix du baril de pétrole brut retraitait à un nouveau creux de 18 ans.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 70,99 cents US, en baisse par rapport à son cours moyen de 71,92 cents US de la veille.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a perdu 24 cents US à 19,87 $ US le baril, pendant que celui de l’or a effacé 28,70 $ US à 1740,20 $ US l’once. Le prix du cuivre a lâché 3,35 cents US à 2,30 $ US l’once.

Après avoir profité mardi de l’espoir de voir contenue la propagation de la pandémie de COVID-19, le moral du marché a changé de direction lorsque de nouvelles données économiques, jumelées à la publication de résultats financiers d’entreprises, ont révélé l’étendue des dommages liés au coronavirus, a observé Candice Bangsund, gestionnaire de portefeuille pour Fiera Capital.

« Notre sentiment est que les marchés étaient vulnérables aux nouvelles décevantes et à un repli potentiel après une si forte hausse le mois dernier, car les risques continuent de prévaloir », a-t-elle expliqué lors d’une entrevue.

Les ventes au détail aux États-Unis ont baissé de 8,7 % le mois dernier, alors que les ordres de confinement à domicile ont commencé à nuire à un des moteurs clés de l’économie américaine. Une enquête sur les conditions d’affaires des fabricants de l’État de New York a également plongé à son plus bas niveau historique et la production industrielle à travers le pays n’a pas non plus répondu aux faibles attentes des économistes.

Au Canada, l’économie se serait contractée de 9 % en mars, selon les estimations préliminaires de Statistique Canada, ce qui constituerait la baisse sa plus prononcée en près de 60 ans de collecte de données comparables par Statistique Canada.

En plus de cela, d’autres banques américaines ont déclaré avoir mis de côté des milliards de dollars en prévision d’une avalanche attendue de défauts de paiements.

« Alors que cela continue de se propager et que les économies restent paralysées, notre sentiment est que les investisseurs continueront de s’enligner sur les manchettes liées au virus et seront soumis à des épisodes de volatilité plus périodiques à court terme », a estimé Mme Bangsund.

« Les données beaucoup plus faibles qu’attendu montrent à quel point l’économie a été affaiblie et les investisseurs se disent sans doute que c’est bien pire que prévu », estime Sam Stovall de CFRA.

La production industrielle a baissé de 5,4 % par rapport au mois de février, selon les données de la Réserve fédérale américaine (Fed). Il s’agit du plus important repli enregistré depuis janvier 1946.

Dans la région de New York, épicentre de la pandémie aux États-Unis, l’activité manufacturière a même chuté, début avril, à son niveau le plus bas de l’histoire, a indiqué l’antenne de la Fed de New York.

Ceci dit, remarque Sam Stovall, les indices avaient beaucoup grimpé mardi à la faveur de nouvelles semblant montrer une stabilisation de la propagation du virus dans certaines zones particulièrement affectées, et laissant entrevoir une possible réouverture de l’économie.

« On monte un jour, on descend le lendemain, pour revenir à peu près au même niveau, c’est le paradis des courtiers », souligne-t-il.

Comme JPMorgan Chase (-4,96 %) et Wells Fargo (-5,77 %) mardi, les banques Bank of America (-6,49 %) et Citigroup (-5,64 %) ont aussi indiqué à l’occasion de la publication de leurs résultats trimestriels avoir dû mettre de côté des milliards de dollars pour parer aux éventuels impayés de leurs clients en raison de la crise du coronavirus.

Bank of America a du coup annoncé un plongeon de 48,4 % sur un an à 3,5 milliards de dollars de son bénéfice net au premier trimestre et Citigroup de 46,5 % à 2,5 milliards de dollars.

La banque d’affaires Goldman Sachs (+0,16 %) a vu de son côté son bénéfice net divisé par près de deux à 1,1 milliard de dollars, pâtissant notamment d’un déclin des recettes générées par l’activité de conseil financier.

Aides aux compagnies aériennes

Le secteur de l’énergie a pour sa part été affecté par une nouvelle chute des prix du baril à Londres comme à New York, alors que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a estimé que la demande en brut subira cette année un effondrement « historique » de 9,3 millions de barils par jour (mbj). Le sous-indice représentant le secteur au sein du S&P 500 a plongé de 4,67 %.

ExxonMobil a perdu 4,60 %, Chevron 2,51 % et ConocoPhillips 5,52 %.

Les compagnies aériennes, qui sont parvenues mardi à un accord de principe sur un plan de sauvetage destiné à éviter leur faillite et des cascades de licenciements, ont enregistré des évolutions contrastées.

American Airlines et United Continental se sont appréciées de respectivement 2,89 % et 3,11 %, tandis que Delta a perdu 0,77 % et Southwest 5,64 %.

L’assureur United Health s’est apprécié de 4,13 % après avoir diffusé des bénéfices supérieurs aux attentes au premier trimestre et avoir maintenu ses prévisions pour l’ensemble de l’année malgré la pandémie.

La chaîne de magasins de biens électroniques Best Buy a chuté de 7,29 % après avoir annoncé la mise au chômage technique de 51 000 salariés à partir du 19 avril, dont presque tous les temps partiels.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette des États-Unis chutait à 0,6348 % contre 0,7520 % la veille à la clôture.