(Toronto) La Bourse de Toronto a rebondi vendredi de plus de 10 %, les investisseurs montrant une certaine confiance envers les mesures annoncées par le gouvernement pour amoindrir l’impact économique de la pandémie de COVID-19 et le plongeon des cours du pétrole.

Dan Healing
La Presse canadienne

Mais malgré le terrain regagné au lendemain de sa pire débandade en une même séance, le marché affichait tout de même une baisse de plus de 15 % sur l’ensemble de la semaine et des économistes ont commencé à lancer des avertissements au sujet d’une récession à venir au pays.

« Pas seulement aujourd’hui, mais je crois que cette reprise ne signale pas nécessairement la fin. Il pourrait encore y avoir de la faiblesse », a estimé Kevin Headland, stratège en investissement principal chez Gestion de placements Manuvie.

Selon lui, les données économiques récoltées pendant la récente période de faiblesse attribuable aux prix du pétrole et à l’épidémie de COVID-19 en Europe et en Amérique du Nord continueront d’avoir des répercussions sur les marchés.

« Je m’attends à ce que les données économiques fondamentales des quelques prochains mois soient plus faibles. En outre, il faut s’attendre à ce que les résultats financiers des entreprises pour le premier trimestre soient aussi plus faibles, et à ce que le marché réagisse négativement à ces annonces », a-t-il précisé.

L’indice composé S&P/TSX a pris 1207,88 points, soit 9,66 %, pour terminer la séance avec 13 716,33 points. Il avait plongé la veille de plus de 1700 points, ou 12,34 %.

Il termine la semaine avec 2458,69 points de moins qu’à sa clôture de 16 175,02 points du vendredi, 6 mars.

Les actions ont aussi rebondi aux États-Unis, récupérant une bonne partie des pertes historiques de la veille. Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi de nouvelles mesures pour contrer le coronavirus.

À New York, la moyenne Dow Jones des valeurs industrielles a pris 1985,00 points, soit 9,36 %, à 23 185,62 points. Il s’agissait de son plus gros gain depuis octobre 2008. Les actions ont doublé leurs hausses dans la dernière demi-heure des remarques prononcées par M. Trump.

L’indice élargi S&P 500 a gagné 230,38 points, ou 9,29 %, à 2711,02 points, tandis que l’indice composé du NASDAQ s’est emparé de 673,07 points, soit 9,35 %, à 7874,88 points.

La Banque Royale et la Banque CIBC ont toutes deux averti que le Canada se dirigeait vraisemblablement vers une récession plus tard cette année, à cause du coronavirus et du pétrole.

Les deux institutions financières ont calculé que la production économique se contracterait probablement dans les deuxième et troisième trimestres de l’année.

Le dollar canadien a plongé vendredi après que la Banque du Canada a annoncé une réduction non prévue d’un demi-point de pourcentage de son taux d’intérêt directeur, pour le porter à 0,75 %. La banque centrale avait déjà réduit son taux directeur d’un demi-point la semaine dernière.

« Nous nous attendons à ce que la Réserve fédérale annonce une importante coupe la semaine prochaine et nous ne serions pas étonnés de les voir supprimer le restant de ses 125 points de base pour l’abaisser à zéro », a affirmé M. Headland.

« Je m’attendrais à ce que la Banque du Canada fasse de même. »

Il estime que le huard pourrait reculer en dessous de la barre des 70 cents US.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié vendredi au cours moyen de 71,94 cents US, en baisse par rapport à son cours moyen de 72,36 cents US de la veille.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a pris 23 cents US à 31,73 $ US le baril, tandis que celui de l’or a plongé de 73,60 $ US à 1516,70 $ US l’once. Le prix du cuivre s’est pour sa part défait de 0,85 cent US à 2,464 $ US la livre.