Chaque dimanche, nous braquons les projecteurs sur des éléments de l’actualité financière et boursière qui peuvent être utiles à l’investisseur, mais qui pourraient être passés sous le radar.

Richard Dufour
Richard Dufour La Presse

Après un mois en 2020, on peut déjà voir des titres québécois de grandes capitalisations (plus d’un milliard de valeur boursière) se démarquer en Bourse.

L’action de Lightspeed a gagné 20 % en janvier alors que celle de Bombardier a perdu 37 % durant le mois.

Dans le groupe élargi des « performants » au Québec en janvier, notons TVA (+31 %), CAE (+14 %), BRP (+14 %), Pages Jaunes (+14 %), Boralex (+13 %), Innergex (+12 %) et Bellus (+12 %).

Chez les perdants, outre Bombardier, soulignons Reitmans (-20 %), Résolu (-16 %), Theratechnologies (-17 %), Exfo (-14 %), Dorel (-14 %), Velan (-14 %), Neptune (-13 %), Cogeco (-11 %) et Lassonde (-10 %).

***

Le titre de Tecsys a fait écarquiller bien des yeux jeudi. Un volume de transactions plus qu’exceptionnellement élevé a été enregistré durant cette séance où une pression a pesé sur l’action du spécialiste montréalais du logiciel de gestion de la chaîne d’approvisionnement. L’explication pourrait être liée à un ou plusieurs institutionnels.

***

Avec le titre au plancher après la publication jeudi de résultats de fin d’exercice décevants, Paul Quinn, de RBC, a changé d’avis vendredi au sujet de Produits forestiers Résolu. Il recommande désormais l’achat du titre.

« Je dois admettre que ça s’améliore. Ça ne peut pas être bien pire ? L’évaluation actuelle est attrayante. Ça augure bien pour le bois d’œuvre avec les projets de construction du printemps qui s’en viennent. D’autre part, le marché de la pâte s’est resserré et le risque d’une baisse de prix est limité », estime l’analyste.

***

Alors que le coronavirus alimente l’inquiétude et fait notamment craindre pour la chaîne de fabrication de produits d’entreprises comme Apple et autres Toyota de ce monde, certains investisseurs tentent d’identifier les titres qui pourraient bénéficier de la situation actuelle.

Teladoc (symbole TDOC à New York) est un de ceux-là, selon la firme Bespoke Investment. Le titre de ce spécialiste de la télémédecine et des soins de santé virtuels est en hausse de près de 40 % depuis la mi-décembre. « Les gens inquiets par certains symptômes peuvent consulter sans avoir à se rendre dans un hôpital ou une clinique, limitant ainsi le risque de propagation. »

***

Dans une mise en garde visant à mettre en perspective la performance éclatante de certains titres, le gestionnaire de portefeuille Daniel Ouellet, affilié à Desjardins Gestion de patrimoine, a rappelé à ses clients cette semaine que sa priorité demeurait la sécurité du capital.

Shopify (entreprise d’Ottawa offrant une plateforme de commerce électronique qui permet de créer sa propre boutique en ligne) a été le titre le plus performant de l’indice S&P/TSX en 2019 avec un rendement de 173 %, souligne-t-il dans sa lettre financière. « L’action se négocie à des ratios aberrants, tels qu’à 21x les ventes et 464x les profits. »

***

Le Canadien National a un nouvel adepte sur Bay Street. Devant des « preuves additionnelles » démontrant que les « vents contraires s’estompent », Steve Hansen, de la firme Raymond James, recommande depuis mercredi l’achat de l’action du transporteur ferroviaire montréalais.

***

Les titres québécois de BRP, CAE, Bellus Santé, Quincaillerie Richelieu, Couche-Tard, Banque Nationale, Innergex, Boralex et WSP ont atteint cette semaine un autre sommet de la dernière année en Bourse. À l’opposé, Reitmans, Neptune, Résolu et Lassonde ont touché un nouveau plancher des 52 dernières semaines.

***

En début de semaine, la BMO a publié un rapport de recherche présentant 10 idées de placement à contre-courant ou « hors consensus » en Amérique du Nord. Autrement dit, des titres à propos desquels le marché a tort. Le CN (seulement 5 analystes sur 19 recommandent l’achat) est un des investissements suggérés et le seul titre québécois du groupe. Les autres sont Netflix, Deere, Sysco, Corteva, Brookfield Business Partners, Air Products & Chemicals, RPM International, Santander et Silgan.

Selon BMO, les investisseurs pensent (faussement) par exemple que les marges opérationnelles du CN sont optimales, que l’entreprise a perdu de bons gestionnaires au profit de concurrents et que son élan décélère du côté des revenus.

***

Historiquement, février est un des mois les plus faibles de l’année en Bourse, souligne Bespoke Investment. « Au cours des 100 dernières années, le Dow Jones a généré un gain moyen de 0,12 % en février, ce qui le met au troisième rang des mois les plus faibles de l’année après mai et septembre. »

Toujours selon Bespoke, la direction empruntée par les marchés lundi à l’ouverture dépendra à quel point la propagation du coronavirus semble s’aggraver. « Si vous êtes un investisseur à long terme, pensez-y bien avant de liquider vos titres. Allez-vous le regretter en y repensant dans deux ans ? »