(Paris) Les cours du pétrole se stabilisaient lundi, tandis que les Bourses mondiales ont encore reculé face à l’escalade de tensions au Moyen-Orient enclenchée par l’assassinat par les États-Unis du général iranien Qassem Soleimani.

Agence France-Presse

« La crise iranienne a considérablement réduit l’appétence au risque des investisseurs », qui craignent une « hausse drastique du prix du pétrole » susceptible de « souffler un vent contraire sur l’économie mondiale », résume Milan Cukovic, analyste de marché chez Axitrader.  

Vers 18 h 05 (12 h 05 HE), les prix du baril grimpaient de 0,39 % pour le Brent à Londres et de 0,10 % pour le WTI à New York. Ils sont rentrés dans le rang après un début de journée en hausse, et surtout une journée de vendredi en nette hausse (+3 %) à la suite de la mort du puissant général iranien, tué dans un raid américain à Bagdad.

Dans leur sillage, les valeurs pétrolières montaient sur les places boursières et figuraient parmi les rares dans le vert.

À Paris, Total a gagné 1,45 % et TechnipFMC 0,31 %, tandis qu’à Londres, BP a pris 2,03 % et Royal Dutch Shell 0,50 %.

À l’inverse, les compagnies aériennes ont été pénalisées par la crainte de la hausse des prix des carburants : Air France-KLM a limité ses pertes (-0,93 %) après avoir chuté de plus de 3 % en cours de journée, le propriétaire de British Airways IAG a clôturé en baisse de 2,30 % et Lufthansa de 1,38 %.

« Les tensions géopolitiques devraient rester élevées dans les prochains jours, soutenant les prix du pétrole et laissant sur la défensive » les autres marchés, a commenté Ray Attrill, analyste de la National Australia Bank.

Wall Street dans le rouge

L’Iran a promis de venger l’assassinat du général Qassem Soleimani.  

Si le pays mettait à exécution ses menaces, les États-Unis frapperaient « rapidement et totalement en retour », a averti dimanche le président américain Donald Trump. Washington a identifié 52 sites iraniens qui pourraient être ciblés.

De son côté, Téhéran a aussi annoncé dimanche qu’il ne se sentait plus tenu par aucune limite sur l’enrichissement d’uranium, semblant ainsi donner le coup de grâce à l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015.

« Qui sait dans quelle mécanique les États-Unis ont mis le doigt en décidant d’assassiner le général iranien le plus populaire », s’interroge Tangi Le Liboux, analyste pour Aurel BGC.

Les Bourses mondiales, qui s’étaient déjà crispées vendredi, restaient méfiantes.

À New York, les indices étaient plutôt stables. Le Dow Jones Industrial Average lâchait 0,19 %, l’indice NASDAQ à forte coloration technologique montait légèrement (+0,10 %) et l’indice élargi S&P perdait 0,08 %.  

En Europe, les indices ont réduit un peu leurs pertes, après une matinée difficile. Le CAC 40 parisien a perdu 0,51 %. Même schéma pour le FTSE 100 à Londres (-0,62 %), le Dax à Francfort (-0,70 %), le FTSE MIB à Milan (-0,51 %) ou encore l’IBEX 35 à Madrid (-0,47 %).  

Le PSI 20 à Lisbonne a reculé très légèrement (-0,12 %) tout comme la Bourse de Zurich (-0,32 %). La Bourse de Bruxelles a perdu 0,57 % et celle d’Amsterdam 0,63 %.  

Avant cela, l’indice vedette japonais avait connu une première séance 2020 difficile : le Nikkei a chuté de 1,91 % à 23 204,86 points.  

De leur côté, les Bourses chinoises ont fini en ordre dispersé : Hong Kong a reculé de 0,79 % à 28 226,19 points, tandis que Shanghai a fini stable (-0,01 % à 3083,41 points) et Shenzhen en légère hausse (+0,44 % à 1768,68 points).

Le climat d’inquiétude profitait à l’or, qui continuait de jouer son rôle de valeur refuge. L’once montait à 1565,06 dollars contre 1552,20 la veille. Le métal précieux a même évolué au cours de la matinée à son plus haut niveau depuis six et demi.