Les marchés financiers nord-américains porteront attention cette semaine à la mise à jour d’une série d’indicateurs importants dans l’évolution de la conjoncture économique aux États-Unis.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

Ce buffet économique s’annonce bien garni : ventes au détail en octobre, taux d’inflation et indice des prix aux producteurs, commentaires de dirigeants de la Réserve fédérale (Fed), niveau de stocks dans les entreprises, production industrielle et taux d’utilisation de la capacité.

Mais parmi toutes ces données, « on surveillera surtout les ventes au détail et la production industrielle en octobre, afin de réévaluer la vigueur de l’économie américaine », résume Martin Roberge, analyste des marchés nord-américains chez Canaccord Genuity, dans son billet hebdomadaire à ses clients-investisseurs.

« Ces données attendues vendredi devraient être particulièrement intéressantes », convient aussi Andrew Grantham, économiste à la Banque CIBC, dans sa note hebdomadaire de conjoncture.

« D’une part, je m’attends à un rebond des ventes au détail supérieur au consensus (+ 0,2 % par rapport à 0,1 %) après un mois de septembre décevant. D’autre part, la production industrielle pourrait connaître une autre baisse mensuelle en octobre – de l’ordre de 0,5 % – en raison principalement des conflits de travail dans l’automobile qui ont duré presque tout le mois. »

Des tendances « divergentes »

À la Banque Royale, l’économiste principal Nathan Janzen indique aussi dans sa note hebdomadaire qu’il s’attend à ce que « les tendances divergentes entre les secteurs de la consommation et de l’industrie qui ont été observées récemment aux États-Unis aient été encore visibles en octobre. »

Selon M. Janzen, « les ventes au détail ont probablement augmenté en octobre, ajoutant aux gains qui avaient entraîné une hausse annualisée de 3 % des dépenses de consommation au troisième trimestre. En contrepartie, la production industrielle devrait avoir encore ralenti en octobre, à cause surtout des interruptions de travail dans l’industrie automobile. »

En fait, ajoute-t-il en contexte, « le secteur de la fabrication a freiné la croissance aux États-Unis pendant une grande partie de 2019, s’inscrivant en baisse de 1,5 % au cours des neuf premiers mois de l’année. »

Du côté des économistes du Mouvement Desjardins, concernant l’évolution des ventes au détail aux États-Unis, on dit s’attendre à « une modeste augmentation (autour de 0,1 %) en octobre » après la « surprise causée par la faiblesse inattendue en septembre (baisse de 0,3 %) et le premier recul mensuel depuis février ».

Quant à l’évolution de la production industrielle, les économistes de Desjardins indiquent dans leur billet hebdomadaire qu’ils anticipent un regain de 0,3 % en octobre, en dépit du fait que l’industrie automobile a été « durement affectée par la grève chez General Motors (GM) ».

Leur explication ? « Pour le reste des secteurs de fabrication, une hausse de 0,2 % de la production est prévisible en reflet de l’évolution récente des heures travaillées et de l’indice ISM [directeurs d’achats] dans le secteur manufacturier. »

À suivre cette semaine

Mercredi : CAE en rapport trimestriel

L’entreprise montréalaise en tête du marché mondial des services et des technologies de formation professionnelle en pilotage d’avions peut-elle maintenir son élan de croissance, alors que des turbulences conjoncturelles se pointent en aviation commerciale et d’affaires ? Les investisseurs en actions et les autres parties prenantes dans CAE, qui vaut 9,1 milliards en Bourse, en sauront davantage mercredi avec son énoncé de résultats du deuxième trimestre de son exercice 2019-2020. Parmi les analystes, on s’attend à un troisième trimestre de suite de revenus en hausse annualisée de plus de 10 %, aux environs de 850 millions. En conséquence, le bénéfice trimestriel est attendu en rebond de 9 %, autour de 66 millions. 

Jeudi : Walmart en rapport trimestriel

Le géant américain des gros magasins de marchandises générales et d’alimentation, qui vaut 338 milliards US en Bourse, effectue jeudi sa mise à jour trimestrielle. À suivre : est-ce que l’expansion de Walmart à l’international, en Chine et au Mexique notamment, et la croissance de ses ventes par internet parviennent à compenser la croissance ralentie dans les grands marchés matures aux États-Unis et au Canada ? Parmi les analystes, on anticipe des revenus de troisième trimestre en plus forte hausse annualisée depuis un an, soit 3 %, aux environs de 128,5 milliards US. Le bénéfice net trimestriel est attendu au-delà des 3 milliards US.