Les actionnaires de Dorel ont encaissé un autre dur coup hier. Deux jours après l’annonce de la suspension du dividende, le seul analyste qui recommandait encore l’achat de l’action du spécialiste montréalais de vélos, de meubles et de sièges d’auto pour enfants a retiré son appui au titre.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

L’action de Dorel, qui avait perdu 32 % mardi, a cédé 15 % de plus pour clôturer à 5,10 $. Le titre a maintenant cédé environ 90 % de sa valeur depuis deux ans.

« Malgré une évaluation boursière historiquement faible, la suspension du dividende veut dire que les investisseurs ne sont maintenant plus payés pour attendre un redressement des bénéfices et/ou la fin des hostilités commerciales entre la Chine et les États-Unis », commente Derek Lessard, de la TD, en suggérant dorénavant de « conserver » l’action.

En annonçant mardi la suspension du dividende versé aux actionnaires, la direction de Dorel a prévenu les marchés que la performance trimestrielle qu’elle dévoilera le mois prochain sera décevante. La situation est principalement attribuée à la hausse des tarifs douaniers américains.

Tensions commerciales

Une seconde phase de hausses de tarifs sur les importations chinoises au printemps a porté à 25 % les tarifs douaniers, provoquant un impact plus important encore sur Dorel que lors de l’imposition initiale de tarifs de 10 %. En réaction, Dorel a augmenté ses prix, non sans conséquence, car les concurrents et les détaillants n’ont pas tous augmenté leurs prix au même moment ni au même rythme. De plus, les détaillants ont modifié leurs habitudes d’achat et certains consommateurs ont opté pour des articles différents.

« Les tensions commerciales semblent augmenter, souligne Derek Lessard, dans sa note publiée hier. Cette dynamique est extrêmement imprévisible présentement. Je suis incapable d’anticiper avec certitude la durée et la direction que prendra la négociation qui se déroule. »

Derek Lessard ajoute que reconfigurer une chaîne d’approvisionnement n’est pas chose facile.

Les chaînes d’approvisionnement changent à l’échelle mondiale et il y a maintenant des incitatifs pour le faire avec plus d’empressement.

Derek Lessard

« Dans le cas présent toutefois, ça implique de remanier des ententes qui datent potentiellement de plusieurs dizaines d’années avec des milliers de fournisseurs. Compte tenu des récents investissements effectués par Dorel en Chine, il est déraisonnable de s’attendre à un changement majeur dans cette région à court terme. »

En mars dernier, Derek Lessard affirmait que Dorel s’engageait dans ce qui s’annonçait être une longue et douloureuse restructuration.

Il n’a pas été possible de parler à un membre de la direction de Dorel pour obtenir des commentaires. Il n’y a plus que trois analystes qui couvrent officiellement les activités de Dorel et les trois recommandent de « conserver » le titre.

Les produits de Dorel s’étendent des vélos Cannondale, GT et Mongoose aux sièges d’auto pour enfants de marques Cosco et Safety 1st.