(Washington) Pour la première fois depuis la crise financière, la Banque de Réserve fédérale (Fed) de New York a injecté des liquidités sur les marchés financiers pour maintenir son taux au jour le jour, principal outil monétaire, à son bas niveau.

Virginie MONTET
Agence France-Presse

Cette intervention technique de 53 milliards de dollars mardi sera suivie d’une autre injection de 75 milliards de dollars mercredi, à travers son outil de prise de fonds en pension (repo), a indiqué l’antenne de New York de la Banque centrale. 

L’opération doit aider à conserver le taux au jour le jour à son bas niveau. Comme elle l’a déjà fait mardi, la Fed procédera à cette transaction mercredi « afin de maintenir les fonds fédéraux dans la fourchette de 2 % à 2,25 % », a-t-elle indiqué dans un communiqué. 

L’intervention de mercredi se fera un peu plus tôt que la veille sur les marchés entre 8 h 15 et 8 h 30 locales (midi GMT) afin de fluidifier l’offre au moment où les acteurs financiers se refinancent quotidiennement. 

Les opérations de repo sont des transactions à très court terme qui permettent aux banques et entreprises de se refinancer et à la Fed d’avoir un autre outil pour peser sur les taux.  

Elles portent sur le rachat de titres de dette (bons du Trésor, obligations adossées à des crédits hypothécaires) à un prix fixé d’avance. 

Plusieurs facteurs

Pour des raisons techniques, le taux des prises en pension à un jour (repo) a fortement grimpé lundi, dépassant trop largement celui des taux au jour le jour fixés directement par la Fed (qui évolue entre 2 % et 2,25 %). 

Plusieurs facteurs, dont une forte demande de dollars de la part des entreprises sur le point de payer une échéance fiscale, ont fait gonfler le taux de repo et, dans la foulée, les taux au jour le jour de la Fed. Ceux-ci se sont établis à 2,25 % mardi pile sur la marche haute de sa fourchette d’évolution, contre 2,14 % vendredi. 

Le gonflement des déficits et du besoin de financement du gouvernement ainsi que la décrue des réserves de la Fed dans le cadre de la diminution de son porte-folio d’actifs achetés massivement après la crise financière figuraient parmi les raisons avancées par les analystes pour expliquer ces tensions sur les marchés du refinancement à court terme. 

Cette injection technique de liquidités ne devrait pas toutefois pas avoir d’incidence sur la politique monétaire de la Banque centrale, assuraient certains économistes. 

Le Comité monétaire de la Fed (FOMC) qui conclut une réunion mercredi doit annoncer une probable baisse du taux interbancaire au jour le jour d’un quart de point de pourcentage (0,25 %) à la clé.  

Ce serait la deuxième en deux mois en guise d’assurance contre les inquiétudes sur le commerce et le ralentissement mondial.  

Néanmoins, l’intervention de la Fed de New York sur les marchés semblait avoir semé des doutes parmi les investisseurs sur les produits à terme.  

Soudainement mercredi, après avoir parié depuis des semaines sur cette nouvelle baisse des taux, ils étaient une majorité à penser que la Banque centrale allait les laisser inchangés, selon l’évolution des produits à terme (futures) évaluée par CME Group.