Sur la scène boursière canadienne, la séquence des résultats trimestriels des banques se poursuit cette semaine, pour la période de mai à juillet inclusivement.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

Après les résultats plutôt mitigés annoncés la semaine dernière par la Banque Royale et la CIBC, les investisseurs suivront demain les énoncés de résultats trimestriels et de perspectives d’affaires de la Banque Scotia et de la Banque de Montréal (BMO).

Suivra mercredi l’énoncé de la Banque Nationale, puis, le lendemain, ceux des banques Toronto-Dominion (TD) et Laurentienne.

Comment s’inscriront-ils à la suite des résultats de la Royale et de la CIBC, alors que les marchés d’investissement se préoccupent de plus en plus du risque de détérioration de la conjoncture économique et financière devant les incertitudes commerciales et les tensions géopolitiques ?

À la Banque Royale (RBC), par exemple, en dépit d’une croissance de 5 % du bénéfice net au troisième trimestre à un record de 3,6 milliards de dollars, la performance s’est avérée inférieure aux attentes alors que les conditions de marché difficiles ont pesé sur sa division des marchés financiers.

En outre, les résultats de ses activités d’investissement et de services de trésorerie ont diminué, mais ils ont été contrebalancés par la vigueur des services bancaires aux particuliers et aux entreprises, ainsi que les résultats des activités en gestion de patrimoine et d’assurances.

À la Banque CIBC, la hausse de 2 % du bénéfice net au troisième trimestre a été un peu supérieure aux attentes des analystes.

Toutefois, il s’est avéré que la croissance des services bancaires aux particuliers et aux PME au Canada, ainsi que des services bancaires commerciaux aux États-Unis, a été contredite par une performance mitigée des activités de marchés financiers et d’une augmentation des provisions pour pertes sur prêts.

Les investisseurs québécois porteront une attention particulière aux énoncés trimestriels des deux banques ayant leur siège social et leur principal marché d’affaires au Québec.

À la Banque Nationale, dont la valeur boursière s’est redressée autour des 62 $ par action après le gros frisson à 55 $ subi en fin d’année 2018, les analystes suivront d’abord les résultats des activités liées aux marchés financiers, qui avaient déçu lors du trimestre précédent.

En contrepartie, on s’attend à une continuité de bon rendement des services bancaires aux particuliers et aux entreprises, ainsi qu’à un rehaussement encore modéré des provisions pour pertes sur prêts.

Néanmoins, d’après les analystes recensés par l’agence financière Thomson Reuters, les actionnaires de la Banque Nationale peuvent s’attendre à un bénéfice net du troisième trimestre en recul de 3 % annualisé, aux environs de 526 millions.

Chez l’autre banque québécoise, la Laurentienne, les attentes des investisseurs et des analystes demeurent très mitigées alors que l’important plan de restructuration des activités semble tarder à porter ses fruits.

La Banque Laurentienne pourra-t-elle mener ce plan à terme avant que se manifestent les impacts d’un ralentissement plus marqué de l’économie : hausse des provisions de pertes sur prêts, stagnation ou décroissance de l’actif, baisse de taux et réduction de la marge nette d’intérêt ?

Entre-temps, les analystes sondés par Thomson Reuters s’attendent à un bénéfice net du troisième trimestre encore en baisse annualisée de 10 %, aux environs de 49 millions.

Jeudi : rapport trimestriel pour BRP

Le fabricant de petits véhicules de loisirs motorisés fera le point sur ses affaires alors que les feux jaunes se multiplient sur le tableau de bord de l’économie – alors aussi que les actions de BRP en Bourse peinent à récupérer l’énorme perte de valeur subie en fin d’année 2018 : de 71 $ en septembre à 33 $ en décembre. Mais du point de vue d’analystes, les actions de BRP seraient redevenues attrayantes au regard de ses résultats demeurés avantageux, portés par le niveau de confiance des consommateurs nord-américains. D’ailleurs, les analystes anticipent des revenus trimestriels en croissance annualisée de 11 %, aux environs de 1,34 milliard, ce qui devrait propulser le bénéfice net en forte hausse de 45 %, aux environs de 59 millions.

Vendredi : l’économie canadienne à mi-année

Les Canadiens en sauront davantage sur la tenue de leur économie, avec la mise à jour de la mesure du produit intérieur brut (PIB) en juin ainsi que pour tout le deuxième trimestre de l’année. Parmi les économistes, on s’attend à une hausse du PIB de 0,1 % en juin qui s’ajouterait aux gains de 0,3 % et de 0,2 % mesurés en avril et en mai. Ainsi, le deuxième trimestre devrait se solder par une hausse du PIB d’environ 3,2 %, ce qui serait supérieur à la prévision de la Banque du Canada. Et ce, à une semaine de sa prochaine décision concernant le taux d’intérêt.