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Le shutdown résonne aussi à Wall Street

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ALI BEKHTAOUI
Agence France-Presse
New York

De nombreux acteurs de la finance, chère au président américain Donald Trump, subissent aussi les effets du shutdown, les transactions nécessitant le blanc-seing des régulateurs ayant été réduites à peau de chagrin faute de personnel.

Les commissions de banquiers conseillant les entreprises et celles des avocats d'affaires en souffrent tout particulièrement. En effet, au 19e jour d'une paralysie partielle des administrations fédérales américaines en raison d'un blocage politique entre Donald Trump et les démocrates sur le financement d'un mur à la frontière avec le Mexique, de nombreux acteurs ressentent un ralentissement de leur activité.

« C'est comme si on avait appuyé sur le bouton pause dans toutes nos interactions avec les régulateurs », confie Jordan Maglich, un avocat spécialisé dans la défense des personnes ou des entités poursuivies en justice par le gendarme des marchés financiers (SEC) et le régulateur  des marchés à terme et des produits dérivés (CFTC).

« Lorsque l'on essaye de les joindre, on a généralement droit à un répondeur ou un message nous disant qu'ils n'ont pas le droit de travailler durant le shutdown», relate le juriste.

Dans un message posté sur son site internet, la SEC confirme qu'« un nombre extrêmement limité d'employés (sont) disponibles pour répondre aux situations d'urgence impliquant la protection de la vie humaine ou de la propriété, y compris l'application de la loi ».

Or, les interactions avec le régulateur sont primordiales pour de très nombreux acteurs du secteur financier, et ce shutdown remet souvent en cause leurs projets.  

« Communication à sens unique »

Les entreprises qui engagent des démarches d'introduction en Bourse à Wall Street sont particulièrement concernées par cette situation.

« La communication est à sens unique », regrette Matt Kennedy, stratégiste à Renaissance Capital, un cabinet de recherche spécialisé sur les introductions en Bourse.

« Il y a de plus en plus de sociétés prêtes à s'introduire, mais les équipes de la SEC ne sont pas là, ou ne sont pas assez nombreuses pour traiter les demandes d'enregistrement », précise-t-il.

D'après lui, la paralysie causée par les tensions politiques à Washington chamboule les projets des entreprises.

Aucune introduction en Bourse officielle n'a été réalisée aux États-Unis depuis le 1er janvier d'après le cabinet Dealogic, ajoutant toutefois que ce n'est pas particulièrement rare.

Avocat d'affaires spécialisé dans les entrées en Bourse, Douglas Ellenoff affirme pour sa part que les activités d'introductions en Bourse et de fusions-acquisitions « continuent à être exécutées ».

« Néanmoins, il y aura d'inévitables retards et de la frustration » parmi les professionnels du secteur, concède-t-il.

Cette frustration est d'autant plus grande que l'actuel fonctionnement au ralenti des administrations américaines, et donc des régulateurs financiers, survient après plusieurs semaines de tempête à Wall Street.

Statistiques au compte-gouttes

Une hausse brutale de la volatilité a rendu les procédures d'introductions en Bourse plus compliquées pour les entreprises, surtout en décembre, contraignant certaines d'entre elles à repousser leur grand baptême boursier.  

« Nous n'anticipions pas un début d'année chargé. Mais le shutdown rend la situation très difficile », résume Matt Kennedy.

Le bras de fer entre le président américain et les démocrates a également plongé les statistiques économiques de la première économie mondiale dans le noir, de nombreuses données n'étant plus communiquées.

Entre le blocage de nombreuses opérations financières et l'absence de données économiques, la paralysie actuelle a toutefois peu d'effet sur les indices boursiers, davantage préoccupés par l'avancée des négociations entre les États-Unis et la Chine sur le front commercial.

Certaines grosses fusions-acquisitions, tel le mariage à 74 milliards de dollars entre les sociétés de biotechnologies Bristol-Myers Squibb et Celgene, ou encore le rapprochement à 8 milliards des groupes pharmaceutiques Eli Lilly et Loxo Oncology, ont réussi à passer entre les gouttes.




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