(TORONTO et NEW YORK) La Bourse de Toronto a clôturé en baisse, jeudi, tiré vers le bas par un plongeon du secteur de l’énergie attribuable au recul du cours du pétrole, qui a atteint son plus faible niveau en trois mois. À New York, les marchés ont terminé en légère hausse à l’issue d’une séance indécise, rebondissant modestement sur fond d’inquiétudes sur la croissance économique dues aux tensions commerciales entre Pékin et Washington.  

AFP-PC

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a retraité de 42,23 points pour terminer la séance à 16 089,24 points.

Les secteurs les plus touchés par les reculs ont été ceux de la santé et de l’énergie, avec des baisses respectives de 1,50 % et 1,46 %. Les groupes des technologies de l’information et des matériaux ont aidé à limiter les dégâts, avec des progressions de 0,96 % et de 0,72 %.

À New York, le Dow Jones s’est apprécié de 0,17 %, à 25 169,88 points, et l’indice NASDAQ a gagné 0,27 %, à 7567,72 points. L’indice élargi S&P 500 a pris 0,21 % à 2788,86 points.  

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 74,07 cents US, en hausse par rapport à son cours moyen de 74,00 cents US de la veille.

Le cours du pétrole brut a perdu 2,22 $ US à 56,59 $ US le baril, tandis que celui de l’or a avancé de 6,10 $ US à 1292,40 $ US l’once. Le prix du cuivre s’est pour sa part déprécié de 1 cent US à 2,65 $ US la livre.

Les principaux indices ont  fluctué en cours de séance, passant temporairement dans le rouge « sous la pression de la chute des cours du pétrole » qui ont perdu environ 4 % à Londres comme à New York, selon Karl Haeling de LBBW.

Les fluctuations des indices sont aussi liées selon lui à des ajustements de portefeuilles à l’approche du mois de juin.

Les investisseurs restent toutefois fébriles face à la récente escalade des tensions entre la Chine et les États-Unis et son impact potentiel sur l’économie et l’activité des entreprises. Les signes d’un ralentissement se reflètent déjà dans certains indicateurs américains.

« Rien ne s’est vraiment amélioré (depuis mercredi) sur le front des relations commerciales pour vraiment alimenter un ton plus positif. On pourrait même dire que le sentiment s’est dégradé après des informations de presse de Bloomberg affirmant que la Chine avait mis en suspens ses achats de soja américain », a commenté Patrick O’Hare de Briefing.

Le rebond des indices observé jeudi est selon lui « principalement emmené par l’idée que le marché (était) prêt à rebondir ».

Après plusieurs semaines consécutives de baisse, les indices s’étaient en effet encore affaissés mardi et mercredi, le Dow Jones tombant à son plus bas niveau depuis début février.

Symbole de l’appétence des investisseurs pour des actifs jugés comme des valeurs refuge et de l’anticipation d’une éventuelle intervention de la banque centrale américaine, le taux sur la dette à 10 ans des États-Unis était descendu mercredi en cours de séance à son plus bas niveau depuis septembre 2017.

Sans tomber aussi bas jeudi, ce taux s’affichait encore en baisse par rapport au cours de clôture de mercredi, à 2,215 % contre 2,261 % la veille au soir.

Le vice-président de la Réserve fédérale, Richard Clarida, a estimé jeudi que la Banque centrale pourrait envisager une baisse des taux d’intérêt en cas de ralentissement plus marqué que prévu ou en cas de faiblesse persistante de l’inflation.

Il estime toutefois que pour l’heure, l’économie américaine reste « dans une très bonne forme » et que les taux sont à un niveau approprié (entre 2,25 % et 2,50 %).