Desjardins est modérément optimiste

Michel Doucet est vice-président et gestionnaire de portefeuille... (Photo David Boily, archives La Presse)

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Michel Doucet est vice-président et gestionnaire de portefeuille de Desjardins Valeurs mobilières.

Photo David Boily, archives La Presse

Paul Durivage
La Presse

« Il y a des choses connues et il y a des choses inconnues. Entre les deux, il y a les portes de la perception. »

Michel Doucet, vice-président et gestionnaire de portefeuille de Desjardins Valeurs mobilières, cite l'écrivain britannique Aldous Huxley, auteur du best-seller Le meilleur des mondes, en préambule du dernier bulletin financier Le trimestriel.

Il faut en effet beaucoup de psychologie pour interpréter les élans des marchés boursiers depuis le début de l'année et tout autant de science pour tenter une extrapolation sur les prochains mois.

Les portes de la perception étaient ainsi grandes ouvertes en janvier alors que le marché des actions vivait le pire début d'année en 100 ans. Cette période des plus noires, qui pouvait laisser croire en l'établissement d'un marché baissier durable, n'avait pourtant rien à voir avec la situation économique. Un rebond de plus de 10 % s'ensuivit.

« Qui dit perception dit aussi réalité, si tout le monde se met à y croire. Ces poches d'air créent des occasions d'investissement à saisir. » - Michel Doucet, de Desjardins Valeurs mobilières

Pour ce qui est de la suite des choses en 2016, l'économie mondiale paraît peu inspirante et de nombreux défis la guettent. Mais elle est en meilleure posture que le craignaient les investisseurs en début d'année, affirme le grand stratège de Desjardins.

Un rythme d'expansion économique mondiale de 3 % peut paraître faible, mais avec le jeu des taux composés, cela équivaut à un taux de croissance non négligeable de 145 % sur une génération de 30 ans, note-t-il.

Le manque d'élan de l'économie n'est d'ailleurs pas une raison suffisante pour couler la Bourse. Pour qu'un cycle boursier bascule dans une phase baissière (« bear market »), il faut une convergence de plusieurs facteurs, rappelle Michel Doucet. Depuis 1920, la visite des ours a d'ailleurs toujours été accompagnée d'une récession, d'un resserrement monétaire, d'un choc de prix des ressources naturelles ou d'une bulle.

STRATÉGIES PRUDENTES

Le vice-président au Mouvement Desjardins qualifie de modéré son degré d'optimisme à moyen terme, surtout après la remontée des indices boursiers mondiaux et, particulièrement, de l'indice canadien S&P/TSX depuis le 11 février. Il en est de même pour les prochains mois, sur la base du rapport risque/rendement.

L'équipe financière de Desjardins prône ainsi une pondération « neutre à surpondérée » des actions américaines, à court comme à moyen terme. Une stratégie de couverture de change partielle est par ailleurs recommandée avec l'affaiblissement du dollar américain.

Maintenant des prévisions de croissance des bénéfices relativement prudentes, l'institution québécoise n'exclut pas de devoir réviser à la hausse sa cible de fin d'année de 2100 points pour l'indice S&P 500. L'indice composé des plus grandes sociétés des États-Unis a déjà touché la cible, hier.

La position est « neutre à défensive » pour ce qui est du marché boursier canadien.

« S'étant distingué sur la planète boursière au premier trimestre, l'indice S&P/TSX peut paraître intéressant lorsqu'on l'observe dans le rétroviseur, mais sa dépendance au pétrole et aux banques accentue sa vulnérabilité », prévient Michel Doucet, qui se dit inquiété par les mauvaises créances révélées par les institutions financières au dernier trimestre.

L'économie nationale fait face à des défis cycliques et structurels de taille. L'endettement des ménages freine notamment les dépenses de consommation. Malgré l'action coordonnée des autorités monétaires et politiques, combinée à la dépréciation du huard, Desjardins prévoit une croissance du produit intérieur brut d'à peine 1,5 % cette année.

La cible pour l'indice général canadien demeure ainsi à 14 100 pour 2016, suivant un multiplicateur de 16 appliqué à des bénéfices en hausse de 5 %. Cela représente un rendement potentiel de 5 % en incluant les dividendes.

Mais ce serait dans le meilleur des mondes, pour évoquer à nouveau Aldous Huxley.




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