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Coup de poker sur le brut

Pour l'instant, «la poursuite de la baisse des... (Photo Archives La Presse Canadienne)

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Pour l'instant, «la poursuite de la baisse des prix du pétrole alimente toujours le pessimisme sur la profitabilité des pétrolières canadiennes», note Jimmy Jean, économiste principal du Mouvement Desjardins.

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Paul Durivage
La Presse

Bien peu d'analystes peuvent se vanter d'avoir prévu le krach pétrolier en cours. Olivier Jakob, patron du bureau d'analyse Petromatrix, établi à Zoug en Suisse, envisageait déjà un prix de 75$US pour le baril de West Texas Intermédiaire (WTI) au début de l'été quand tout le monde semblait s'accommoder d'un prix de 110$US. Il trouve que le fond du baril est maintenant atteint.

«C'est un niveau difficile à soutenir», commente aujourd'hui le fin observateur de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), étonné que le brut soit passé si aisément sous le seuil critique des 60$US. Assommé par la surabondance de l'offre mondiale face à des perspectives de demande peu vigoureuses, le prix du WTI s'est pourtant enfoncé hier à 57,81$US, du jamais vu depuis juillet 2009. Il a perdu près de la moitié (46%) de sa valeur depuis le pic de la mi-juin.

«Nous pensons, en effet, que l'Arabie saoudite cible un prix du pétrole entre 60 et 70$US le baril, tout en espérant que la période des 60$US ne durera pas trop longtemps», dit Olivier Jakob, qui note dans sa lettre financière quotidienne comment, à la dernière réunion de l'OPEP et dans les jours qui ont suivi, les Saoudiens ont voulu bien s'assurer que leur nouvelle politique de production soit bien comprise par tous les membres.

Le fondateur de Petromatrix y voit une tentative par l'Arabie saoudite de faire accepter aux autres membres du cartel l'idée qu'il faudra que le prix du pétrole continue de baisser pour espérer que, en retour, cela mènera à une stabilisation autour de 80$US le baril ces prochaines années. Ce coup de poker, selon Jakob, vise à forcer les États-Unis à ralentir leurs projets d'extraction, qui écartent peu à peu le Moyen-Orient de leur équation pétrolière.

L'expert financier suisse, cité régulièrement dans la presse financière internationale, avait eu bien raison cet été quand il avait prévu que la guerre inciterait l'Irak, deuxième producteur de l'OPEP, à pomper plus de pétrole pour boucler son budget. La communauté financière croyait plutôt que les dommages aux installations comprimeraient l'offre et pousseraient les cours à la hausse.

Impact sur les marchés

Pour l'instant, «la poursuite de la baisse des prix du pétrole alimente toujours le pessimisme sur la profitabilité des pétrolières canadiennes», note Jimmy Jean, économiste principal du Mouvement Desjardins dans son plus récent bulletin hebdomadaire. L'indice boursier S&P/TSX du marché canadien, tiré vers le bas par sa composante énergétique, accuse une baisse de 5% au terme d'une «autre semaine éprouvante».

L'allure du TSX suit étroitement celle du pétrole depuis deux décennies avec un taux de corrélation de 87% (le cuivre fait mieux encore avec 93%), souligne Stéphane Rochon, stratège chez BMO Nesbitt Burns. Il relève aussi que le marché boursier a l'habitude de réagir de façon excessive, à la hausse comme à la baisse, surtout lorsqu'il s'agit d'une ressource volatile.




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