La Bourse passe en mode autonome

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La Bourse n'a pas montré de signe de panique, hier, malgré l'abandon du programme de détente quantitative de la Fed.

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Paul Durivage
La Presse

La Bourse paraît maintenant bien disposée à se passer de respirateur artificiel.

Le S&P 500 du marché américain a perdu seulement 3 points, ou 0,1%, à 1982 hier, malgré l'abandon du programme de détente quantitative de la Réserve fédérale américaine (Fed). Les cours s'étaient relevés ces dernières séances, alors que les vendeurs sur marge couvraient leurs positions pour ne pas s'exposer au risque d'une déclaration de la Fed qui aurait enflammé les marchés.

Les titres plus sensibles à l'évolution des taux d'intérêt, comme ceux des institutions financières et particulièrement des assureurs-vie, étaient en légère baisse, aux États-Unis comme au Canada. Les taux d'intérêt sont gardés proches de zéro depuis fin 2008. Une hausse est dans les plans l'an prochain. Tôt ou tard? Cela dépendra de l'allure de l'économie américaine.

L'or, qui avait profité de l'accroissement de la masse monétaire jusqu'à atteindre des sommets historiques en 2011, a encaissé la nouvelle de l'arrêt de la planche à billets en lâchant 4,90$US, à 1224,30$US l'once. Les gros producteurs en ont fait les frais avec des chutes de 3 à 5% à la Bourse de Toronto. L'indice général S&P/TSX termine ainsi la séance avec 97 points, ou 0,7%, en moins, à 14 527.

Il faut dire que la fin du régime, qui a beaucoup avantagé les marchés financiers, était dans l'air depuis un bon moment. Cette politique de «l'argent facile» lancée en 2008 après la crise financière aura favorisé une croissance extrêmement vigoureuse de la Bourse. L'indice général S&P 500 a presque triplé depuis son plus bas de mars 2009. Le S&P/TSX a de même profité du regain d'intérêt pour les actions avec un quasi-doublé durant la période.

Greenspan s'inquiète

L'ex-président de la Réserve fédérale, Alan Greenspan, craint tout de même que les marchés financiers demeurent tourmentés par l'abandon de la politique accommodante de la banque centrale américaine. Interrogé au terme d'une conférence à New York, le vétéran s'est gardé de parler de «crise» prochaine, mais a dit que le mot approprié dans la situation est «agitation» (turmoil).

Le financier de 88 ans avait bien prévu la dernière correction boursière. Les cours étaient «beaucoup trop chers» alors que les taux d'intérêt s'apprêtent à remonter, avait-il prévenu en entrevue sur les ondes de Bloomberg Television en juillet dernier. De fait, le désinvestissement du début du mois a coûté jusqu'à 7,4% au S&P 500 américain et 11,4% au S&P/TSX par rapport à leur sommet de l'année.

Le successeur de Greenspan à la tête de la Fed, Ben Bernanke, avait déjà coulé la Bourse de New York le 20 juin 2013 en évoquant maladroitement la simple idée que l'institution puisse mettre un frein à son concours financier énorme à l'économie américaine. Les marchés, dopés par ces injections de liquidités, craignaient surtout de subir un sevrage trop rapide.

La Deutsche Bank avait prévu les grandes lignes de la déclaration de la banque centrale des États-Unis et s'attendait aussi à voir les marchés financiers satisfaits. Le stratège Dominic Konstam renouvelle sa faveur pour les secteurs boursiers de la santé, des technologies et de la finance. Les titres liés à l'énergie, à la machinerie ainsi qu'aux mines et métaux sont toujours à sous-pondérer. C'est nouveau: les services publics s'ajoutent à la liste des secteurs privilégiés par la banque allemande.




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