Grand froid sur le Nord minier

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Morgan Stanley a classé le fer et l'or tout en bas de sa liste de métaux préférés. La firme new-yorkaise prévoit que les prix de ces métaux continueront de baisser en 2015 en raison notamment de la force du dollar américain.

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Paul Durivage
La Presse

Mauvaise journée pour les acteurs du Plan Nord. Fermeture de mine, décote et prévisions négatives: l'actualité met en lumière les difficultés des entreprises minières actives dans le nord du Québec pour se financer et obtenir un prix raisonnable pour leurs produits.

La journée a commencé avec la suspension des activités de la société minière Énergie RB (T.RBI) à la mine Québec Lithium, située à La Corne, en Abitibi, en l'absence de financement. La mine employait 200 personnes.

Vendredi dernier, RB a annoncé qu'elle avait échoué à boucler un financement privé sous forme de débentures convertibles garanties qui devait lui rapporter entre 78 et 88 millions. L'ancienne Canada Lithium, qui fait face à un endettement important, a besoin de cette somme pour rééquilibrer ses finances.

En Bourse, le titre s'est écrasé de 33% et ne vaut plus que 5 cents. RB cotait à plus de 1$ encore en début d'année.

Les sociétés Critical Elements Corporation (Rose) (V.CRE) et Nemaska (Whabouchi) (V.NMX), qui sont en quête de lithium dans la fosse du Labrador, ont respectivement abandonné 8,1% et 2,7% de leur valeur à la Bourse de croissance du TSX, hier.

Décote

Par ailleurs, le crédit de Cliffs Natural Resources (CLF), un important producteur de fer actif sur le territoire du Plan Nord, a été ramené au rang de pacotille par l'agence Standard & Poor's. La décote fait suite à la chute de 40% du prix de la ressource depuis le début de l'année et à la montée aux barricades d'un investisseur militant.

Le titre a chuté de 6,3% avant de rebondir à 7,97$US, en hausse de 2,6% sur la veille, à la Bourse de New York, hier. Cliffs a perdu près de 70% de sa valeur depuis le début de l'année et cote à son plus bas niveau en 10 ans. Ses 500 millions US de débentures portant un coupon de 3,95% et échéant en 2018 ne valent guère mieux.

Cliffs cherche à vendre ses mines de fer au Canada et en Australie. Le groupe militant Casablanca Capital a par ailleurs pris les commandes en poussant l'élection de six nouveaux membres au conseil d'administration et en assoyant son homme à la présidence.

Le fer, qui est au coeur du Plan Nord québécois réactivé par le premier ministre Philippe Couillard, est à son plus bas en cinq ans. La baisse de la demande en Chine conjuguée à une hausse des réserves en Australie induit un prix de seulement 78,25$ US la tonne de fer. Il valait le double durant le boom de la construction en Chine, en 2011.

Perspectives négatives

Toujours hier, Morgan Stanley a classé le fer et l'or tout en bas de sa liste de métaux préférés. La firme new-yorkaise prévoit que les prix de ces métaux continueront de baisser en 2015 en raison notamment de la force du dollar américain.

Le fer, dont les estimations de prix ont été abaissées de 3% pour 2014 et 2015, souffre de plus de la surabondance mondiale du minerai de fer, note Morgan Stanley. Le fer est l'un des métaux les plus abondants de la croûte terrestre. On le trouve un peu partout, combiné à de nombreux autres éléments.

L'or est encore moins recommandable pour la banque d'investissement de Manhattan. Les attentes de hausse de taux d'intérêt aux États-Unis génèrent «des vents de face considérables» pour l'or, écrit l'analyste Joel Crane. Il prévoit un prix moyen de 1165$US l'once au quatrième trimestre, comparativement à 1222$US hier. À ce prix, la plupart des mines d'or sont déficitaires.




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