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La Bourse se régale

Le titre de Burger King a plus que... (PHOTO CARLO ALLEGRI, REUTERS)

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Le titre de Burger King a plus que doublé depuis son inscription à la Bourse de New York, il y a deux ans.

PHOTO CARLO ALLEGRI, REUTERS

Paul Durivage
La Presse

La Bourse s'est régalée de l'éventuelle fusion de Tim Hortons avec Burger King. L'impact financier de la mégatransaction qui créerait le troisième groupe de restauration rapide dans le monde serait toutefois moindre que ce que les spéculateurs veulent bien croire.

Les discussions en vue d'un regroupement, confirmées par les deux parties, ont propulsé à un sommet les actions du fournisseur de beignes et de cafés préféré des Canadiens. Le titre, aussi un des favoris de la communauté financière depuis longtemps, a bondi de 19,3% à 82,03$. Cela représente un gain de 1,8 milliard en termes de capitalisation boursière. Tim Hortons avait été réinscrit à la cote de la Bourse de Toronto au prix de 27$ en 2006.

Le roi du hambourgeois n'est pas en reste. Son action a pris 19,5%, à 32,40$US. C'est une plus-value de 1,5 milliard US, dont 1 milliard tout rond pour son actionnaire majoritaire, la firme d'investissement brésilienne 3G Capital. L'actionnaire militant Bill Ackman fait, quant à lui, 250 millions US de profits sur son placement. Le titre a plus que doublé depuis son inscription à la Bourse de New York, à l'instigation du redoutable financier, il y a deux ans.

Plusieurs réserves

L'analyste Peter Sklar, de BMO Marchés des capitaux, émet toutefois plusieurs réserves concernant la mégatransaction qui a excité les marchés boursiers, hier, concourant à porter l'indice global S&P 500 au-delà des 2000 points en cours de séance.

Selon l'expert du commerce de détail, l'incidence fiscale ne serait pas aussi significative que pour d'autres opérations internationales récentes. Le taux d'imposition combiné du fédéral et du provincial est de 26,5% pour une entreprise établie en Ontario, «ce qui n'est pas aussi faible que certains des pays européens où d'autres transactions aux fins d'inversion fiscale ont récemment été consommées», note Peter Sklar.

Synergies limitées

Les synergies possibles lui paraissent aussi limitées: «Les deux sociétés demeurent distinctes, et nous croyons que les économies seront en grande partie limitées aux services administratifs partagés et aux rabais sur les achats.»

Quant aux visées internationales de la chaîne de beignes fondée au milieu des années 60, l'analyste de BMO note que si Tim Hortons est une marque emblématique au Canada et peut-être dans certaines régions aux États-Unis, son attrait est limité ailleurs. L'entreprise ontarienne a déjà de la difficulté à percer au sud de la frontière, où Dunkin' Donuts domine le marché.

Asya Abramyan, aussi de BMO Marchés des capitaux, s'inquiète quant à lui pour la dégradation de la cote de crédit du fleuron canadien. Burger King n'est pas aussi bien notée (B+ chez Fitch) que Tim Hortons (BBB chez Dominion Bond Rating Service). L'analyste spécialisé dans la dette corporative croit que DBRS pourrait placer Tim Hortons en observation avec implication négative, vu le risque d'acquisition par une entité dont la dette n'est pas de qualité dite «d'investissement».

Bill et Tim

Le partenariat recherché entre la chaîne canadienne de cafés et de beignes avec un réseau américain de hambourgeois n'est pas sans rappeler la fusion infructueuse avec Wendy's International au tournant du siècle.

La chaîne américaine de restauration rapide avait acheté en 1995 l'entreprise fondée par l'ancien joueur-vedette des Maple Leafs de Toronto. Le partenariat établi avec le fondateur de Wendy's, Dave Thomas, a vu des restaurants Wendy's et Tim Hortons se retrouver côte à côte à plusieurs endroits.

À la suite du décès de M. Thomas en 2002, les deux entreprises ont toutefois commencé à s'éloigner l'une de l'autre, la chaîne de comptoirs de beignes ayant choisi d'étendre son menu aux sandwiches et à d'autres plats pour le petit-déjeuner et les repas du midi et soir. Du coup, Tim Hortons faisait concurrence à Wendy's.

Wendy's a finalement cédé aux pressions exercées par des actionnaires, y compris Bill Ackman (tiens, tiens, encore lui!), qui voulaient donner un élan au titre. La division Tim Hortons a été revendue dans le cadre d'un appel public à l'épargne. Les actions ont été réinscrites à la Bourse de Toronto et le siège social, qui avait déménagé aux États-Unis, a été ramené à Oakville, en Ontario.

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Tim Hortons

Fondation: 1964

Siège social: Oakville, Ontario

Capitalisation boursière: 11,3 milliards

Plus de 4500 restaurants, dont 3630 au Canada, 866 aux États-Unis et 50 dans le golfe Persique.

Ventes des franchisés : 6,8 milliards

Revenus (2013): 3,26 milliards

Bénéfice avant impôts, intérêts et amortissements (2013): 800 millions

Principaux actionnaires: Banque TD (6,9%), Banque Royale (6,1%), Jarislowsky Fraser (4,9%)

Burger King

Fondation: 1954

Siège social: Miami, Floride

Capitalisation boursière: 13 milliards

Plus de 13 000 restaurants dans 98 pays et territoires, dont 7155 aux États-Unis et 231 au Canada.

Ventes des franchisés : Environ 16 milliards

Revenus (2013): 1,26 milliard

Bénéfice avant impôts, intérêts et amortissements (2013): 645,5 millions

Principaux actionnaires: 3G Capital Partners (70,2%), Pershing Square Capital et son président William Ackman (total de 11,9%), Tiger Global Management (2%)




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