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Weibo s'envole pour son début à Wall Street

Weibo, contrôlé par le géant chinois de l'internet... (PHOTO PETER PARKS, AFP)

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Weibo, contrôlé par le géant chinois de l'internet Sina, a vendu 16,8 millions de certificats de dépôt, ce qui lui a permis de lever 285,6 millions de dollars, avant la possible vente d'actions supplémentaires par le syndicat d'émission, a indiqué Dow Jones.

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Sophie ESTIENNE
Agence France-Presse
NEW YORK

Le site de microblogues Weibo (WB), considéré comme le «Twitter chinois», s'est envolé jeudi pour ses débuts à Wall Street, faisant oublier une collecte de fonds moins importante que prévu dans un contexte délicat pour les valeurs technologiques.

Les certificats de dépôt (American Deposit Shares, ADS), cotés sous le symbole «WB», ont terminé leur toute première séance sur la plateforme électronique Nasdaq à 20,24 dollars, soit un bond de 19,06% comparé à leur prix d'introduction.

Ce cours valorise Weibo dans son ensemble à un peu plus de 4 milliards de dollars. Son grand frère Twitter pointe à un peu plus de 25 milliards.

L'entrée de Weibo à Wall Street n'avait pas vraiment commencé sous les meilleurs auspices, avec un prix d'introduction fixé tout en bas de la fourchette initialement prévue de 17 à 19 dollars et une révision à la baisse du nombre de titres placés sur le marché.

Le début de cotation s'est ensuite fait attendre jusqu'à la mi-journée, et les tout premiers échanges ont été erratiques, l'action perdant jusqu'à 4% avant de s'orienter franchement dans le vert.

L'opération a finalement permis à Weibo de lever seulement 285,6 millions de dollars, quand il espérait au départ entre 340 et 437 millions.

Charles Chao, le patron de la maison mère du site, Sina, a reconnu dans un entretien avec l'AFP que le prix d'introduction n'était «pas idéal», mais que le marché était «difficile». (Entrevue complète plus bas)

«Être coté était plus important que n'importe quoi d'autre», a-t-il toutefois indiqué, expliquant que Weibo disposait de suffisamment de liquidités pour mener sa stratégie mais avait besoin d'une cotation indépendante pour refléter sa valeur propre.

En attendant Alibaba

Lancé en août 2009 et alliant services de microblogues et fonctionnalités de networking sur le modèle de Twitter, Weibo a connu un succès fulgurant en Chine, où son rival américain n'a pas droit de cité, et revendiquait en décembre 129,1 millions d'utilisateurs actifs.

Mais son arrivée à Wall Street intervient dans un contexte difficile pour les valeurs technologiques. Même s'il s'est un peu repris sur les dernières séances, l'indice Nasdaq a beaucoup baissé ces dernières semaines, car les investisseurs s'inquiètent d'une éventuelle survalorisation des valeurs du secteur.

Pour Gregori Volokhine, gérant de fonds à Meeschaert Financial Services, c'est «assez sage qu'ils aient introduit un peu plus bas qu'attendu».

Il souligne en effet que Weibo «représente tout ce que l'on reproche à l'internet, c'est-à-dire de ne pas avoir de profits». Et «c'est en plus une compagnie chinoise, avec le peu de transparence que l'on connaît par rapport à leur comptabilité et leur structure».

Pour lui, Weibo est «un test intéressant», mais «pas assez important pour déterminer le futur des grosses introductions qui vont arriver».

L'une des plus attendues est celle d'un autre groupe internet chinois, le géant de la distribution en ligne Alibaba (par ailleurs grand actionnaire de Weibo avec une part de 32% prévue après l'entrée en Bourse).

L'entrée à Wall Street d'Alibaba est partie pour être la plus importante dans le secteur technologique depuis celle du réseau social Facebook, qui avait levé 16 milliards de dollars en 2012.

Outre sa taille sans équivalent avec Weibo (les analystes tablent sur une valorisation totale qui tournerait autour de 150 milliards de dollars), Alibaba est aussi bien plus rentable.

Sur les trois derniers mois de 2014, son chiffre d'affaires a ainsi bondi de 66% à 3,08 milliards de dollars, et son bénéfice net un peu plus que doublé (+110%) à 1,35 milliard, selon des données dévoilées cette semaine par Yahoo!, propriétaire de 24% de son capital.

La priorité était de «réussir» la cotation, selon Charles Chao

Weibo, considéré comme «le Twitter chinois», a débuté jeudi à Wall Street avec un prix bas mais sa priorité était de «réussir» sa cotation, selon le patron de sa maison mère Sina, Charles Chao, qui relativise les craintes sur la rentabilité du réseau et la censure en Chine.

Q: Êtes-vous déçu par le prix retenu pour l'introduction en Bourse?

R: «C'est un marché difficile. L'ensemble du marché des entrées en Bourse manque plutôt de vigueur.

«Le prix (fixé pour l'introduction) n'est pas idéal pour nous. Mais réussir l'entrée en Bourse est probablement le plus important. Nous ne nous inquiétons pas trop du cours temporaire de l'action. Si nous pouvons maintenir notre stratégie sur le long terme et innover de manière très ciblée, nous pouvons créer de la valeur pour les actionnaires.

«Weibo a déjà beaucoup de liquidités. Il a déjà près de 500 millions de dollars. Nous ne nous inquiétons pas trop du montant des fonds que nous avons obtenus (grâce à l'entrée en Bourse, NDLR). Je pense que nous aurons beaucoup de liquidités pour permettre à cette entité de continuer à mener sa stratégie. Nous voulions avoir une cotation indépendante, afin que sa valeur soit reconnue indépendamment par les actionnaires».

Q: Weibo est toujours déficitaire. Que comptez-vous faire pour y remédier?

R: «Nous faisons de gros progrès dans le domaine publicitaire, en nous adressant à des bases de clients différentes, des marques aux PME en passant par les distributeurs en ligne. Nous perfectionnons nos services de publicité afin de les rendre plus ciblés, plus solides».

Q: Est-ce que la censure en Chine est un problème pour votre activité, et pour vos utilisateurs?

R: «Cette question particulière inquiète trop les gens. Il ne fait aucun doute que chaque pays a ses propres règles en termes de régulation des contenus ou des comportements des utilisateurs sur internet. La Chine n'est pas une exception.

«Nous avons à gérer cela tout le temps. Nous sommes très expérimentés quand il s'agit de respecter les lois et les réglementations. Donc je ne pense pas que ce soit un gros problème pour nous».

- Paul HANDLEY, AFP WASHINGTON  




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