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Deux pour un chez Google

Les fondateurs de Google, Larry Page et Sergey Brin,... (PHOTO ARCHIVES REUTERS)

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Les fondateurs de Google, Larry Page et Sergey Brin, vont renforcer leur emprise avec la création d'une nouvelle classe d'actions.

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Paul Durivage
La Presse

Attention, actionnaires de Google (GOOG): vous avez maintenant deux fois plus d'actions mais deux fois moins de droits de regard (si tant est que vous en ayez) sur les affaires du géant de l'internet.

Aujourd'hui a lieu le fractionnement très attendu du titre qui a touché 1135$US pièce en clôture du marché hier. Les actionnaires inscrits aux livres de la compagnie le 27 mars reçoivent une action additionnelle pour chaque part détenue. Ces dernières, de catégorie A, continuent à se négocier sur la Bourse électronique NASDAQ sous le symbole bien connu GOOG, tandis que les nouvelles, étiquetées «C», se négocient sous le nouveau sigle GOOGL.

Cette duplication du capital ne change rien d'un point de vue financier. La capitalisation boursière de Google, dont le nom a pour origine le terme mathématique anglais «googol» qui désigne un nombre commençant par 1 suivi de 100 zéros, demeure dans l'astronomique, à près de 400 milliards US (4 suivi de 11 zéros). Les deux catégories d'actions sont par ailleurs prises en compte dans le calcul de l'indice de référence S&P 500 qui cumule donc maintenant 501 titres représentant 500 compagnies.

Un fractionnement permet théoriquement une meilleure valorisation boursière puisqu'il donne accès à un plus grand nombre d'actionnaires. C'était surtout vrai au temps où il fallait échanger les actions par lots de 100 pour obtenir les meilleurs prix et payer moins de commissions. Aujourd'hui, les plateformes de courtage en ligne permettent d'acheter une seule action à 1000$, pour une dizaine de dollars de commission. Mais on s'entend pour dire que les prix faramineux ont un effet dissuasif sur les petits investisseurs.

Le «split» augmenterait aussi la fluidité des transactions avec le volume d'actions brassées. Mais ce n'est pas vraiment un enjeu pour la troisième capitalisation boursière au monde. En pratique, c'est souvent l'occasion pour les porteurs de longue date de prendre leur profit. «Pourquoi ne pas céder la moitié des actions maintenant qu'on en a deux fois plus?», se diront les actionnaires de Google qui ont vu leur investissement doubler en deux ans seulement.

Un coup classique

La création d'une nouvelle catégorie d'actions de classe C vise surtout en fait à renforcer l'emprise des fondateurs Larry Page et Sergey Brin sur le groupe californien. Les nouvelles actions, en effet, sont démunies de droit de vote, alors que chaque action de classe A donne un droit de vote. Les «B», qui ne sont pas inscrites en Bourse, donnent à leurs propriétaires, les deux fondateurs de Google, 10 votes chacune.

Page et Brin pourront ainsi liquider jusqu'à la moitié de leur avoir en actions ordinaires sans diluer aucunement leur mainmise sur l'entreprise. Cela peut aussi permettre au géant internet de Mountain View de conclure des acquisitions par échange d'actions ou d'offrir des options d'achat à ses employés clés sans rien enlever au groupe de contrôle. Cette monnaie d'échange ou de bonification sera d'autant plus prisée que la valeur boursière des actions de Google est quatre fois plus élevée que leur valeur comptable.

«Un coup classique de la part d'entrepreneurs», de commenter l'analyste Colin Gillis, de BGC Partners, en entrevue à MarketWatch. Rob Enderle, de Enderle Group, affirme pour sa part que les gestionnaires qui détiennent beaucoup d'actions sont d'autant plus motivés à les voir s'apprécier, ce qui profite à tous les porteurs. «Je suis surpris que cela ne se fasse pas plus», dit-il.

Trente-neuf analystes financiers recommandent l'achat des actions de Google, tandis que 13 les «conservent». L'agence Bloomberg ne relève aucune prescription de vente. Les analystes ciblent en moyenne un prix unitaire de 1321$US sur un an, pour un rendement potentiel de 17%. Google obtient des ratios boursiers supérieurs en raison de la domination mondiale de son moteur de recherche et de son leadership dans la publicité en ligne, affirme l'analyste Sebastian Colin, de la firme Robert W. Baird, de Milwaukee.




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