Un autre jour, un autre record. Alors que les grands indices boursiers américains repoussent leurs sommets, le service de recherche de RBC Marchés des capitaux nuance: cette année boursière est excellente, mais pas exceptionnelle. Rien d'inquiétant, en tous les cas.

Paul Durivage LA PRESSE

Le NASDAQ est repassé au-dessus des 4000 points pour la première fois depuis l'éclatement de la bulle internet en 2000, tandis que le Dow Jones des industrielles repoussait son record à 16 072,8, hier. L'indice S&P 500 se mesure pour sa part à la nouvelle marque historique de 1805 établie vendredi.

L'indice S&P élargi affiche ainsi une hausse impressionnante de près de 28% depuis le début de l'année. Si la tendance se maintient, ce pourrait être sa sixième performance annuelle depuis la Deuxième Grande Guerre.

«Il n'est pas surprenant que de nombreux investisseurs se demandent si cela ne nous expose pas à un certain recul. Nous répondons d'un retentissant «non». Bien que ces résultats soient excellents, en particulier dans le contexte de faible croissance de l'économie et des bénéfices des entreprises, ils sortent à peine de l'ordinaire», écrit Jonathan Golub, stratégiste en chef chez RBC pour ce qui est du marché américain.

Celui-ci rappelle que, depuis 1947, un rendement annuel moyen de près de 14% a suivi les dix meilleures années de croissance boursière. «En fait, les récessions sont la véritable cause de rendements négatifs subséquents et, actuellement, la probabilité d'une récession est inférieure à la moyenne», note-t-il.

Autre observation intéressante, le niveau actuel du S&P représente un multiple de 15,0 fois les bénéfices prévus des 500 entreprises constituant l'indice, à peine plus que le ratio moyen de 14,1 enregistré depuis 1965, avec un ratio maximal de 25,1 au début du siècle et un minimum de 6,2 au tournant des années 80.

«Plus important encore, les titres semblent sous-évalués par rapport au coût du crédit, les rendements obligataires de titres de qualité Baa impliquant un multiple comparable de 18,5 fois», poursuit Jonathan Golub.

Pas de bulles

Concernant l'enflure des cours dans certains secteurs qui ont déjà démontré leur fragilité, comme les titres de l'internet ou les biotechnologies, RBC ne voit pas de bulles non plus. «Encore une fois, l'année 2013 est relativement typique; rien à voir avec la folie internet de la fin des années 90», affirme l'expert du marché américain, qui souligne que peu de titres se négocient à des multiples vraiment extrêmes.

La RBC prévoit que la reprise boursière va se poursuivre en 2014 avec des rendements et des valorisations boursières égaux ou supérieurs à la moyenne historique. Hormis les années de récession, le rendement moyen annuel du S&P a été de 18% depuis 1949.

Ce risque de revers économique est exclu d'emblée, aucune des causes habituelles ne pointant en Amérique, qu'il s'agisse de facteurs exogènes, comme un choc pétrolier ou l'entrée en guerre, ou endogènes, comme la maturité du cycle économique, la détérioration des affaires ou l'essoufflement des entreprises.

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LES MEILLEURS ANNÉES DU S&P 500

Année Rendement obtenu / L'année suivante

1954 45,0% / 26,4%

1958 38,1% / 8,5%

1995 34,1% /20,3%

1975 31,5% / 19,1%

1997 31,0% / 26,7%

1989 27,3% / -6,6%

1998 26,7% / 19,5%

1955 26,4% / 2,6%

2003 26,4% /9,0%

Moyenne 31,8% / 13,9%

Source: RBC Marchés des capitaux