SNC-Lavalin a son trésor caché qui pèse maintenant nettement plus que ses activités traditionnelles d'ingénierie et de construction. Un peu comme Yahoo! qui se révèle à travers sa participation dans Alibaba, la filiale chinoise bien nommée.

Paul Durivage LA PRESSE

Selon l'analyste Maxim Sytchev, de Valeurs mobilières Dundee, environ 28% de la valeur du groupe montréalais repose sur sa participation de 16,8% dans l'autoroute à péage 407 en Ontario, alors que les activités d'ingénierie et de construction ne représentent plus que le quart de sa valeur boursière actuelle, soit 11,00$ par action.

Attaquée sur les marchés autant que sur la place publique, SNC-Lavalin [[|ticker sym='T.SNC'|]] a perdu plus du quart de sa valeur boursière depuis son sommet boursier de janvier 2011, avant que les scandales éclatent.

Le titre cotait 44,12$ à la clôture des marchés jeudi, en baisse de 8 cents par rapport à la veille.

L'analyste de Dundee qualifie la division ingénierie et construction de «boîte noire». Selon l'expert financier, il faudra du temps avant que ces activités se concrétisent en valeur, étant donné la volatilité cyclique des prix des matières premières (près du tiers des revenus de SNC proviennent du secteur des ressources), les projets difficiles et le peu de nouveaux contrats.

La 407, une mine d'or

Par contre, les coffres de l'autoroute 407 débordent. Les tarifs aux heures de pointe ont augmenté de près de 10% cette année.

Les revenus au dernier trimestre ont atteint 205 millions de dollars, en hausse de 9% par rapport à la période correspondante de l'exercice 2012 (qui comprenait un jour de moins). Le dividende versé aux actionnaires a augmenté de plus de 50% depuis le début de l'année. «Pas mal pour une route ennuyante», commente Maxim Sytchev.

SNC-Lavalin détient aussi une importante participation dans l'entreprise albertaine de transport d'électricité AltaLink, plus près de 1 milliard en liquidités. Au total, l'analyste de Dundee estime à 52,00$ la valeur par action du groupe montréalais, en n'accordant toujours que le quart de la valeur aux activités traditionnelles.

L'analyste de Valeurs mobilières Dundee se plaît à comparer SNC à Yahoo!, un autre «monstre aux abois». Le géant de l'internet, dont les revenus publicitaires stagnent, profite de l'essor d'Alibaba, un Google chinois dont elle détient 23% des actions.

Le portail américain s'est apprécié de près de 50% en Bourse depuis le début de l'année, en grande partie en raison des revenus anticipés de la vente de sa participation dans Alibaba qui doit bientôt entrer en Bourse. L'an dernier, Yahoo! a obtenu 7,6 milliards US en vendant la moitié de sa participation.

Ce n'est pas d'hier que les analystes rêvent de voir le groupe montréalais d'ingénierie céder une partie ou la totalité de ses intérêts dans l'autoroute 407 et AltaLink pour en faire profiter ses actionnaires. Le produit de la vente de ces investissements en infrastructures pourrait servir au rachat massif de ses actions dans l'espoir de les remplumer.

La communauté financière est partagée concernant les actions de SNC. L'agence Bloomberg compile sept recommandations d'achat et cinq suggestions de les conserver en portefeuille. L'analyste Timothy Stanish, de la firme Eva Dimensions, de Locust Valley (État de New York), conseille de s'en départir. En moyenne, les analystes ciblent un prix de 48,35$ d'ici 12 mois.