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Les marchés après la douche froide

Depuis plusieurs années, les marchés financiers sont soutenus par les... (PHOTO ARCHIVES AP)

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Sylvain Larocque
La Presse

Depuis plusieurs années, les marchés financiers sont soutenus par les injections massives de liquidités orchestrées par les banques centrales. Il n'était donc pas étonnant que les Bourses plongent cette semaine après l'annonce par le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, d'un arrêt possible de ces mesures de stimulation dès l'an prochain. Où s'en vont les marchés? Nous avons posé la question à Vincent Delisle, stratège à la Banque Scotia, et à Mathieu D'Anjou, économiste chez Desjardins.

Les Bourses

«Ça fait quand même plusieurs semaines que ça se dessine», souligne Vincent Delisle. En un mois, l'indice composite S&P/TSX a perdu 5,9% et le S&P 500, 4,6%. Depuis la crise financière, les banques centrales ont maintenu les taux d'intérêt à des niveaux très faibles dans l'espoir de relancer l'économie.

«Ç'a été comme une drogue, illustre M. Delisle. Maintenant, on tourne la page sur le plan de match des dernières années. C'est une bonne nouvelle, parce que ça indique que l'économie va mieux, mais ça amène de l'incertitude comme on l'a vu cette semaine.»

Le stratège de la Scotia et Mathieu D'Anjou, de Desjardins, prévoient tous deux qu'à moyen terme, il pourrait y avoir de nouveaux replis, mais pas de correction marquée. Selon eux, les Bourses devraient terminer l'année en légère hausse par rapport à la clôture de l'an dernier, mais il est peu probable qu'on revoie les sommets enregistrés au printemps.

Les obligations

Ces dernières semaines, le réveil a été brutal pour les nombreux investisseurs qui ont fui la Bourse pour se réfugier dans les fonds d'obligations. Les marchés ont anticipé la fin des mesures de stimulation de la Fed, ce qui a fait bondir les taux d'intérêt et, par ricochet, chuter le rendement des obligations.

«Ce sont des véhicules qui avaient habitué les gens à de bons rendements et à de la stabilité dans les dernières années, note Vincent Delisle. Tout à coup, on voit de la volatilité et des pertes dans ces actifs qui sont censés être très défensifs. Ça provoque beaucoup de ventes.»

À preuve, dans les deux premières semaines de juin, pas moins de 24 milliards US ont été retirés des fonds d'obligations aux États-Unis. La situation ne devrait pas se rétablir rapidement. «Ça va rester un marché difficile pour les obligations et les titres à dividendes, prévoit M. Delisle. À court terme, il va venter.»

Le dollar canadien

En raison notamment de statistiques décevantes sur l'inflation et les ventes au détail, le dollar canadien s'est échangé à 95,34 cents US hier matin, un niveau qu'on n'avait pas vu depuis l'automne 2011.

Nos deux prévisionnistes ne s'entendent pas sur la direction que le dollar canadien prendra au cours des prochains mois. Vincent Delisle et son équipe le voient à 90 cents US. «Ça fait plusieurs années que le dollar canadien reste vigoureux malgré la baisse du prix des ressources naturelles, relève-t-il. Il y a eu un découplage entre les deux. Ça pourrait changer.»

De leur côté, les économistes de Desjardins entrevoient à moyen terme un raffermissement des cours des ressources qui pourrait ramener le dollar canadien à parité avec le billet vert. Les vacanciers espèrent certainement que Desjardins voit juste.

L'or

Le cours de l'or a atteint 1269$US hier, son plus bas niveau depuis septembre 2010. Il a ensuite remonté légèrement. La valeur de l'or a baissé de plus de 20% depuis le début de l'année. Et il est peu envisageable que la situation s'améliore, même si les actions et les obligations connaissent un été morose.

«Ces derniers temps, ç'a été très difficile pour l'or comme valeur refuge, constate Mathieu D'Anjou. Quand ça va mal, les gens ont plus tendance à se tourner vers le dollar américain.»

La décision de la Fed de ralentir ses interventions monétaires ne fait rien pour aider. «L'or est un peu désavantagé si l'on s'en va vers un scénario où les banques centrales interviennent moins et où les taux d'intérêt augmentent», dit M. D'Anjou.

Le pétrole

Le cours du pétrole nord-américain (WTI) a atteint 93,69$US hier, son niveau le plus bas en deux semaines. L'or noir a deux prises contre lui. D'abord, l'annonce de la Fed a eu pour effet de faire bondir les taux d'intérêt et, par conséquent, de donner des ailes au dollar américain.

Investir dans le pétrole, qui est libellé dans cette devise, devient plus coûteux pour les étrangers, ce qui fait fléchir les prix. Ensuite, l'économie chinoise continue d'envoyer des signaux de ralentissement, ce qui est de mauvais augure pour la consommation mondiale d'énergie.

Vincent Delisle et Mathieu D'Anjou prévoient tous deux que les cours du pétrole continueront à reculer au cours des prochaines semaines, mais pas de façon trop prononcée. D'après M. Delisle, le prix du baril de WTI pourrait descendre jusqu'à 88$US avant de remonter.




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