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L'épée de Damoclès de la Fed

Mercredi dernier, Ben Bernake, président de la Réserve...

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Mercredi dernier, Ben Bernake, président de la Réserve fédérale, affirmait devant le Joint Economic Committee, à Washington, que tant qu'il ne sera pas certain que l'économie américaine est solidement relancée, il continuera le programme d'achats d'obligations au rythme actuel.

Jean Gagnon.
La Presse

Tous les experts le disent, les marchés boursiers américains ont établi des records principalement en raison de l'injection massive de liquidités par la Réserve fédérale (Fed).

Le même phénomène se produit d'ailleurs au Japon. Depuis que la Banque du Japon s'est lancée dans un programme d'achats d'obligations semblable à celui de la Fed, l'indice phare de la Bourse du Japon, le Nikkei, s'est apprécié de 70 % en 6 mois.

Mais on a eu mercredi dernier un avant-goût de ce qui pourrait se produire le jour où les banques centrales remettront en question ces programmes d'achats d'obligations.

En matinée, Ben Bernake, président de la Réserve fédérale, affirmait devant le Joint Economic Committee, à Washington, que tant qu'il ne sera pas certain que l'économie américaine est solidement relancée, il continuera le programme d'achats d'obligations au rythme actuel. Résultat : l'indice S&P 500 s'est apprécié de 15 points durant son témoignage pour atteindre un nouveau sommet historique à 1685.

Mais à peine quelques heures plus tard, la Fed publiait le procès-verbal de sa réunion tenue le mois dernier. Cela a permis d'apprendre que certains membres de la Fed favorisaient une diminution de ces achats dès le mois de juin. La direction du marché s'inversa aussitôt, et le S&P 500 chuta de 30 points en quelques minutes.

Les Bourses carburent donc aux liquidités injectées par les banques centrales, mais la moindre indication qu'elles pourraient diminuer ces opérations semble affecter considérablement les marchés.

Tous chercheront donc à savoir ce qui convaincra Ben Bernanke que l'économie américaine est bien remise sur pied.

Le président de la Fed a souvent exprimé sa crainte de retirer les stimuli trop rapidement, explique Jean-René Adam, chef des placements adjoint chez Hexavest. Il lui faudra donc un bon chiffre de croissance économique avant qu'il n'accepte de voter en faveur d'une modification de la politique actuelle.

« Et comme nous ne prévoyons pas que la croissance économique américaine excède 1 à 2 % cette année, nous croyons que la Fed gardera intact son programme d'achats d'obligations «, dit M. Adam. Conséquemment, les Bourses continueront de s'apprécier, selon lui.

Néanmoins, telle une épée de Damoclès suspendue au-dessus des marchés, la décision de la Fed de ralentir ses achats d'obligations demeurera un facteur des plus préoccupants pour l'ensemble des investisseurs.

Une divergence inquiétante

Comme ils sont maintenant à des niveaux records, les marchés boursiers américains sont en territoire inconnu. On ne peut plus comparer avec le passé pour tenter d'en déduire quel sera le comportement des investisseurs aux niveaux actuels.

Toutefois, la hausse ininterrompue des derniers mois a amené les indices boursiers à s'éloigner sensiblement de leurs moyennes mobiles de 200 jours, qui sont le reflet de la tendance à long terme. À son sommet la semaine dernière, l'indice S&P 500 était 13,5 % plus élevé que sa moyenne mobile de 200 jours.

Il faut retourner à février 2011 pour retrouver une telle divergence, rappelle Ron Meisels, président de Phases & Cycles. Et que s'est-il produit alors ? « L'indice S&P 500 a fluctué sans direction précise pendant quelques mois, pour ensuite subir une violente correction et se retrouver sous sa moyenne mobile «, répond M. Meisels.

Même si les liquidités vont demeurer en abondance, la possibilité d'une correction rapide et brutale des Bourses ne doit surtout pas être ignorée.

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À SUIVRE CETTE SEMAINE

Lundi : L'activité financière sera très réduite en raison des jours fériés aux États-Unis pour le Memorial Day, ainsi qu'au Royaume-Uni.

Mardi : La Banque Scotia poursuivra la ronde de divulgation des résultats trimestriels des banques à charte canadiennes. Les analystes prévoient une hausse des bénéfices de 6 %. Les investisseurs surveilleront également l'indice de confiance des consommateurs américains. Tous croient que la confiance a continué de s'améliorer. On verra de combien.

Mercredi : La Banque du Canada devrait annoncer à 10h qu'elle maintient son taux directeur à 1%. Les économistes étudieront de près le communiqué avant de déceler le moment d'une hausse éventuelle du taux. Et ce sera au tour de la Banque de Montréal d'annoncer ses résultats. On prévoit une légère hausse des bénéfices.

Jeudi : Selon le consensus des analystes, on devrait apprendre que la Banque Royale a réalisé un autre trimestre profitable. L'augmentation des bénéfices pourrait même excéder 10 %. Aux États-Unis, on publiera la première révision de l'estimation du produit intérieur brut du premier trimestre annoncée le mois dernier. Le PIB devrait demeurer inchangé à 2,5 %. Une autre révision sera effectuée le mois prochain.

Vendredi : En plus d'un discours de la présidente de la Réserve fédérale de Cleveland, Sandra Pianalta, la journée donnera lieu à la publication de plusieurs indicateurs économiques américains, dont le revenu personnel, les dépenses de consommation, l'indice PMI de Chicago et le résultat final de l'indice de confiance du Michigan.




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