George Soros, l'homme qui a fait sauter la Banque d'Angleterre, comme on le surnomme depuis qu'il a orchestré une spéculation contre la livre sterling en 1992, s'intéresse aujourd'hui au détaillant JC Penney.

Jean Gagnon., collaboration spéciale LA PRESSE

Et sa présence se fait sentir. Le titre a bondi de plus de 11%, vendredi, à la suite de la révélation par la Securities and Exchange Commission (SEC) qu'il détient 17,4 millions d'actions de la compagnie, soit 7,9% des actions en circulation.

Il est ainsi devenu le quatrième actionnaire de l'entreprise. Et il est en bonne compagnie. Le principal actionnaire est William Ackman et le fonds Pershing Square Capital, un des principaux fonds spéculatifs (hedge funds) du monde. Il détient 17,8% des actions.

JC Penney est la mal-aimée du secteur de la vente au détail aux États-Unis. Le cours de son action est passé de 42,00$ il y a à peine un an à 13,55$ le 12 avril. Les derniers efforts pour relancer l'entreprise n'ont pas réussi, si bien que le président Ron Johnson a été remercié, il y a quelques semaines, après moins d'un an et demi à la tête de la compagnie. Son prédécesseur, Mike Ullman, a été réembauché.

L'accumulation d'actions de JC Penney par George Soros serait-elle liée au fait que ce titre soit celui sur lequel les ventes à découvert sont les plus nombreuses parmi tous les titres composant le S&P 500? Les positions à découvert sur l'entreprise représentent 47% du nombre d'actions en circulation.

Rappelons que vendre à découvert consiste à vendre un titre que l'on ne possède pas dans le but de le racheter plus tard lorsque son prix aura baissé.

Mais les vendeurs à découvert doivent tôt ou tard couvrir leurs positions. Si des gestionnaires et des spéculateurs parmi les plus gros du monde sont en train d'acheter le titre en grande quantité, les vendeurs à découvert pourraient avoir de plus en plus de mal à le faire. C'est pourquoi plusieurs semblent déjà s'être rués sur le titre vendredi. À suivre.

Le spectre européen

La résilience du marché boursier américain est certainement le fait marquant des quatre premiers mois de l'année 2013 sur les marchés financiers. En effet, l'indice S&P 500 a fait fi jusqu'à présent de tous les appels à la correction des analystes et des investisseurs les mieux avisés.

Mais attention car, une fois de plus, ce pourrait bien être l'Europe qui fait tourner le vent.

Jeudi dernier, des fuites concernant un dossier confidentiel de la Bundesbank adressé à la Cour constitutionnelle permettaient d'apprendre que le président de la banque centrale allemande, Jens Weidmann, était en désaccord quant au programme de rachat d'obligations (OMT) par la Banque centrale européenne (BCE).

C'est l'annonce de ce programme par la BCE en septembre dernier qui avait permis de restaurer la confiance et de relancer les marchés boursiers. La Cour constitutionnelle doit se prononcer en juin sur la validité du programme.

L'opposition allemande aux rachats d'obligations des pays en difficulté se fait de plus en plus forte, moins de cinq mois avant l'élection générale qui déterminera si Angela Merkel sera reportée au pourvoir.

Pour l'instant, tout est calme sur les marchés d'obligations européennes. Mais à la prochaine demande de sauvetage par un des pays membres de l'euro, le programme de rachat d'obligations de la BCE pourrait être fortement contesté. Une correction boursière pourrait alors être inévitable.