Les marchés boursiers n'auront sûrement pas de répit estival cette semaine. Alors que la Cour suprême des États-Unis fera connaître sous peu son verdict quant à la constitutionnalité de la réforme de l'assurance maladie surnommée l'Obamacare, les chefs d'État européens se réuniront pendant deux jours à compter de jeudi pour tenter de ficeler une solution à la crise qui mine sans cesse un peu plus la zone euro.

Jean Gagnon., collaboration spéciale LA PRESSE

Les deux événements ne manqueront pas d'avoir un impact sur les marchés. Alors que le sommet européen semble susciter peu d'espoir de générer un regain boursier, la décision de la Cour suprême pourrait avoir un tout autre effet.

Bien que certains éléments de solution aux problèmes de l'Union européenne ont été mis de l'avant au cours de la dernière année, une solution globale semble encore lointaine. Le fait que les prochaines décisions auront un impact à long terme sur la souveraineté des pays concernés rend le processus plus ardu.

Un document de travail pour le sommet a été préparé par Jose Manuel Barroso, président de la Commission européenne, Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, Mario Draghi, chef de la Banque centrale européenne (BCE), et Jean-Claude Juncker, chef de la zone euro composée des 17 pays qui utilisent déjà l'euro.

À l'agenda, on trouve le concept d'une union bancaire. Le sauvetage des banques espagnoles illustre bien l'importance du rôle des banques dans la solution des dettes souveraines. Mais pour arriver à une intégration bancaire, il faudra que tous acceptent un superviseur unique, un plan uniforme de garantie des dépôts et un fond de sauvetage commun bien garni pour aider les banques en difficulté.

L'autre question importante demeure l'intégration fiscale, soit la façon dont on pourrait mutualiser les dettes et les risques. Et là, l'opposition entre l'Allemagne, d'un côté, et la France et l'Italie, de l'autre, demeure entière.

«Une fois de plus, le risque est élevé que les marchés soient déçus du sommet», résume Erik Neilsen, économiste en chef chez UniCredit, géant bancaire italien, en entrevue à CNBC.

L'intégration bancaire, si adoptée, prendra un an à se mettre en place, ce qui ne satisfait sûrement pas l'urgence de la situation. Quant à l'intégration fiscale, une rencontre préparatoire entre les chefs d'État allemand, français, italien et espagnol vendredi dernier n'a créé aucun nouvel espoir en ce sens.

On suppute déjà que le sommet se conclura par un report des discussions aux prochains sommets en octobre et en décembre. Rien pour calmer les craintes déjà bien évidentes sur les marchés.

Faudra-t-il que la BCE intervienne pour calmer le jeu? «Je n'ai aucun doute qu'elle le fera», répond Erik Neilsen. Elle pourrait baisser les taux d'intérêt ou lancer un nouveau programme d'achat d'obligations. Mais cela sera-t-il suffisant pour calmer les marchés une fois de plus? À suivre.

L'Obamacare

La Cour suprême des États-Unis annoncera cette semaine si le Congrès a outrepassé ses pouvoirs en adoptant la réforme de l'assurance maladie, plus importante législation du président Barack Obama. Rappelons que la Cour suprême se compose de neuf juristes nommés par le président actuel ou par ses prédécesseurs. Actuellement, cinq d'entre eux sont d'allégeance républicaine et quatre sont démocrates. La Cour pourrait rejeter la loi en tout ou en partie.

C'est la première fois que la Cour suprême se prononcera sur la plus importante réalisation d'un président pendant que celui-ci est en processus de réélection, indique l'agence d'informations financières Bloomberg.

Si la Cour suprême rejette l'Obamacare, la décision pourrait plaire aux marchés qui s'inquiètent toujours d'une trop grande présence du gouvernement. Le secteur de la santé représente 18% de l'économie américaine. «Une décision de la Cour suprême s'opposant à l'Obamacare pourrait être le déclencheur d'une remontée boursière», affirme Vanessa Drucker, éditrice de la revue Fund Strategy à New York.

Mais l'effet pourrait être de courte durée, car les marchés sont actuellement très fragiles, estime Sam Collins, directeur de l'analyse technique chez InvestorPlace.com.

Après la brisure de jeudi dernier marquée par des pertes de plus de 2%, la reprise de vendredi n'a pas suffi à renverser la vapeur. Et les bears ont repris le contrôle des marchés dès l'ouverture hier. «Nous connaîtrons une semaine très volatile, mais toute reprise devrait être perçue comme une occasion de vendre», dit M. Collins.