Le distributeur d'électronique grand public américain Best Buy (BBY) a annoncé lundi le départ du fondateur et président du conseil d'administration Richard Schulze, un mois après celui du directeur général Brian Dunn, coupable de «relation extrêmement proche» avec une employée.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Dans le cadre de l'enquête sur M. Dunn, explique l'entreprise dans un communiqué, «il a été établi que le président du conseil d'administration avait réagi de manière inadéquate» en n'informant pas la commission d'audit du conseil en décembre 2011, «dès que les allégations (contre M. Dunn) ont été pour la première fois portées à sa connaissance».

M. Schulze quittera son poste à l'occasion de la prochaine assemblée générale des actionnaires le 21 juin, et sera remplacé par Hatim Tyabji, administrateur depuis 1998 et président de la commission d'audit, qui est par ailleurs PDG de Bytemobile, un fournisseur de systèmes d'optimisation du trafic de téléphonie mobile.

M. Schulze gardera le titre honorifique de «fondateur et président émérite» de Best Buy.

«Schulze est pratiquement l'actionnaire qui contrôle Best Buy, et possède 20,4% des actions, ce qui rend son départ encore plus extraordinaire», soulignait lundi l'analyste Douglas McIntyre sur le site 247WallSt.com.

«En décembre, quand la conduite de notre directeur général d'alors a été portée à ma connaissance, je lui ai parlé directement des allégations - qu'il a niées -, je lui ai dit que sa conduite était totalement inacceptable et contraire aux règlements de Best Buy et à tout ce que moi et l'entreprise représentons», a indiqué M. Schulze cité dans le communiqué, en ajoutant : «je comprends et j'accepte les conclusions de la commission d'audit».

Best Buy avait soudainement annoncé le 10 avril la démission de M. Dunn, évoquant alors «certains problèmes (...) concernant (son) comportement personnel, sans lien avec l'exploitation ou les contrôles financiers du groupe».

Le communiqué publié lundi, à l'issue de l'enquête mandatée par le conseil d'administration, confirme ce diagnostic initial.

«La relation du directeur générale avec l'employée féminine illustrait un jugement extrêmement mauvais et un manque de professionnalisme, mais l'enquête n'a révélé aucun mauvais usage des ressources de l'entreprise», ni même de l'avion mis à sa disposition. Tout juste lui est-il reproché d'avoir demandé à un fournisseur un billet de concert à Las Vegas pour cette femme.

Le poste de cette employée n'est pas précisé, mais le rapport d'enquête relève que «la fréquence et le niveau d'interaction entre le directeur général et l'employée étaient suffisamment notoires au siège de l'entreprise pour générer des questions sur leurs relations, surtout vu la disparité de leurs postes, de leur pouvoir et de leur âge».

«En outre, la perception de favoritisme envers cette employée sapait l'autorité de son superviseur sur elle», relève le rapport.

Malgré tout cela, M. Dunn garde droit à une prime de 1,14 million de dollars, à une indemnité de départ de 2,85 millions de dollars, à plus de 106 000 dollars d'indemnisation de congés, ainsi que le droit d'exercer des options d'achat d'actions pour une valeur de 2,5 millions de dollars - soit un total de 6,64 millions de dollars.

M. Dunn a commencé sa carrière au sein de Best Buy comme vendeur en 1985, et pris sa direction en 2009.

Ces bouleversements interviennent alors que Best Buy est malmené par la concurrence des magasins en ligne, tandis que la chaîne de librairie Borders et l'autre chaîne d'électronique Circuit City sont en faillite.

La direction est assurée depuis un mois à titre intérimaire par l'administrateur Mike Mikan, en attendant le recrutement d'un nouveau patron.

L'action Best Buy qui prenait 1,69% à 19,61$ vers midi à la Bourse de New York, a chuté de 40% depuis un an.