Le prix de l'or n'a pas réussi à atteindre un nouveau sommet hier, mais il a affiché un gain pour une neuvième séance consécutive. Négocié à 1590,10$US l'once à la clôture hier (+ 0,80$), le métal jaune pourrait continuer sur sa lancée et franchir les 1600$ bientôt si les négociations sur le relèvement du plafond de la dette américaine continuent de traîner à Washington.

Publié le 16 juill. 2011
Hugo Fontaine LA PRESSE

À peu près partout où les investisseurs regardent, ils voient des raisons de se réfugier dans l'or.

En Europe, les finances publiques grecques, italiennes, espagnoles, portugaises et irlandaises inquiètent. Dans les pays émergents, l'inflation atteint des niveaux considérables. Aux États-Unis, les agences de notation surveillent de près le gouvernement fédéral, qui pourrait théoriquement se retrouver en défaut de paiement le 2 août, une date désormais sur toutes les lèvres.

«Pour l'instant, les marchés restent quand même confiants qu'il y aura une entente sur le plafond de la dette, estime Hendrix Vachon, économiste senior au Mouvement Desjardins. Au fur et à mesure qu'on se rapproche de la date du 2 août et qu'un accord se fait toujours attendre, il va commencer à y avoir un peu plus de nervosité et de volatilité sur les marchés et l'or pourrait augmenter encore davantage.»

Les plus récentes données aux États-Unis (emploi, production industrielle, ventes au détail) ne sont pas non plus très encourageantes. L'économie américaine montre des signes inquiétants.

«S'il y avait juste les problèmes en Europe, les investisseurs se réfugieraient dans le dollar américain, explique M. Vachon. Mais avec les doutes du côté américain, les investisseurs cherchent des alternatives.»

Sur un horizon court terme, donc, il est donc normal de voir les investisseurs acheter de l'or. «Sur le long terme, rien ne justifierait de se jeter dans l'or», dit toutefois Hendrix Vachon.

Desjardins pourrait relever sa cible de fin d'année de 1400 $ lors d'une prochaine révision, mais elle ne sera pas à 1600$, affirme M. Vachon. «Nous n'irions pas jusque-là. Nous aurions davantage tendance à dire que ça va se calmer sur ce marché-là et diminuer un peu.»

Par ailleurs, plusieurs banques centrales continuent d'acheter de l'or. Globalement, elles ont acheté plus de lingots jusqu'à maintenant en 2011 que durant l'ensemble de l'année 2010, selon un rapport du Conseil mondial de l'or, publié jeudi. Le Mexique, qui n'avait que six tonnes d'or de réserves, a acheté 100 tonnes d'or entre janvier et avril. La Russie a mis la main sur près de 42 tonnes du précieux métal.

D'autres métaux et devises profitent de l'incertitude aux États-Unis et sur le Vieux Continent. L'argent est en hausse de 12% depuis le début du mois de juillet, à 39,06$US l'once. Le yen en profite, avec une avancée de 2,7 % depuis le 7 juillet. Le dollar canadien continue de progresser aussi, ayant gagné 0,7% hier, à 104,79 cents US.

Le franc suisse, considéré aussi comme une valeur refuge, accumule les records par rapport à la devise américaine. Il était sous la parité en septembre 2010. Il valait près de 1,23$US hier.

À environ 75 points, le «US Dollar Index», qui compare le billet vert à un panier de six devises, reste près de son minimum historique d'un peu de moins 73 points, atteint àa la fin avril.