La Bourse de New York, revenue à ses niveaux d'avant le séisme au Japon après avoir bravé tensions géopolitiques au Moyen-Orient, crise nucléaire à Fukushima et menaces sur la zone euro, va s'intéresser aux chiffres de l'emploi aux États-Unis la semaine prochaine.

Mis à jour le 25 mars 2011
AGENCE FRANCE-PRESSE

Sur BAy Street, la Bourse de Toronto a clôturé en hausse, vendredi, l'indice composé S&P/TSX ayant gagné 10,02 points, à 14 039,39 points, sur un volume de plus de 377,9 millions d'actions négociées.

«Le marché boursier américain, tout comme de nombreuses places mondiales, a rebondi avec une vigueur surprenante après le séisme au Japon et les événements en Libye ces trois dernières semaines», observe Frederic Dickson, de D.A. Davidson.

Au cours de la semaine écoulée, l'indice Dow Jones a engrangé 3,05% à 12 220,59 points, presque 200 points de plus que son niveau de clôture du 11 mars, dans les heures qui avaient suivi le séisme et le tsunami dans le nord-est du Japon.

Le Nasdaq, à dominante technologique, a gagné 3,76% à 2743,06 points, et l'indice élargi Standard and Poor's 500 2,70% à 1313,80 points.

«On a eu un cataclysme au Japon suivi d'un problème nucléaire non résolu, une intervention militaire (en Libye) et le marché n'a pas bougé», constate Gregori Volokhine, de Meeschaert New York.

L'optimisme des investisseurs pouvait notamment s'expliquer, selon l'analyste, par un transfert de fonds du marché obligataire vers le marché boursier, mais aussi l'impression que les liquidités vont continuer d'abonder.

«Certains disent que de toutes façons, si l'économie ralentit, la Réserve fédérale interviendra avec un troisième programme de politique monétaire accommodant. Et si la Fed n'intervient pas, c'est que l'économie est solide, et c'est aussi bon pour le marché», rapporte M. Volokhine.

Argument optimiste «qui permet d'investir même si les indicateurs économiques ne sont pas terribles», précise l'analyste.

De fait, la publication au cours de la semaine écoulée de chiffres catastrophiques sur la construction de logements neufs mercredi et inquiétants sur les commandes de biens durables jeudi, a laissé le marché de marbre.

«La question n'est pas tellement ce qui se passe en ce moment mais dans quelle direction on va», souligne Hugh Johnson, de Hugh Johnson Advisors.

«Concrètement, les investisseurs essaient de mesurer le risque associé à la hausse des prix du pétrole, sur fond de troubles au Moyen-Orient et des problèmes du Japon», indique l'analyste.

A ces deux sources d'incertitude sont venus s'ajouter cette semaine les problèmes budgétaires de la zone euro, principalement les inquiétudes pour le Portugal, qui pourrait se voir contraint de demander une aide financière.

«La réponse donnée par le marché, c'est que les investisseurs pensent que ces trois événements vont affecter l'économie mondiale et les résultats des entreprises, mais qu'ils ne vont pas faire dérailler la tendance haussière du marché et la croissance économique», estime M. Johnson.

Une série d'importants indicateurs est attendue la semaine prochaine, culminant vendredi par le rapport mensuel sur l'emploi et le chômage.

Les chiffres vont donner «une vision assez complète de ce qui s'est passé au mois de mars pour les dépenses de consommation, l'industrie et l'économie, et donner une bonne idée de la performance de l'économie au premier trimestre», souligne Hugh Johnson.

Les dépenses et revenus des ménages seront publiés lundi mais porteront sur le mois de février. En revanche l'indice de confiance des consommateurs du Conférence Board mardi reflétera l'état d'esprit du mois de mars.

Pour l'industrie, les investisseurs attendront jeudi, avec l'indice de l'activité de la région de Chicago et les commandes industrielles, puis l'indice ISM vendredi.

Deux indices sur l'immobilier sont aussi attendus: les promesses de ventes de logements lundi et les prix des logements mardi.