Cette semaine, André Chabot, président et fondateur de Gestion de portefeuille de Triasima, de Montréal, a pris soin de sélectionner des leaders évoluant dans des secteurs dont le cycle paraît favorable aux investisseurs. Selon le gestionnaire de portefeuille, les chances que ces titres subissent une correction au cours des six prochains mois sont faibles. Il a retenu trois titres canadiens et deux américains, dans cinq secteurs d'activités. Triasima dessert 1000 clients, particuliers et institutions, et dispose d'un actif sous gestion de 400 millions de dollars.

Mis à jour le 21 mars 2011
André Dubuc LA PRESSE

Canadian Natural Ressources (CNQ)

Prix à la fermeture vendredi: 47,81$

Sommet 52 semaines: 50,50$

Bas 52 semaines: 31,97$

Dividende annuel: 0,36$

Titre pétrolier et gazier, ayant une capitalisation de 50 milliards, sources d'approvisionnement canadienne et étrangère, producteur de pétrole conventionnel et de pétrole en provenance des sables bitumineux, CNQ est représentatif du secteur énergétique de bien des facettes.

«La société produit deux denrées énergétiques, en demande croissante. La capacité d'augmenter l'offre est relativement limitée, ce qui pousse le prix à la hausse», dit André Chabot, qui a 25 ans d'expérience comme gestionnaire de portefeuille. Est-ce vraiment le cas pour le gaz naturel dont le prix est au plancher? «Avec les perspectives de reprise en Amérique du Nord, le prix est pas mal ferme depuis quelques mois. Il n'y a pas de retour en arrière probable à court terme», soutient-il.

Agrium (AGU)

Prix à la fermeture vendredi: 88,50$

Sommet 52 semaines: 98,02$

Bas 52 semaines: 51,39$

Dividende annuel: 0,11$

Producteur d'azote, de potasse et de phosphate, Agrium fait partie du club sélect des cinq leaders mondiaux dans le domaine des fertilisants agricoles. Agrium est présent dans 1000 points de vente, principalement aux États-Unis. «Pouvoir compter sur les ventes aux utilisateurs finaux et pas seulement sur la production à grande échelle de trois produits, ça diminue la volatilité relative aux changements importants dans le prix des fertilisants. La combinaison (producteur/détaillant) est très intéressante», souligne-t-il.

L'inflation alimentaire qui se profile à l'horizon joue aussi en faveur du producteur canadien. «Il y a une forte corrélation entre le prix des aliments et la quantité de fertilisants achetée par les producteurs agricoles.»

Emerson Electric (EMR à New York)

Prix à la fermeture vendredi: 57,14$

Sommet 52 semaines: 62,24$US

Bas 52 semaines: 42,69$US

Dividende annuel: 1,38$US

Emerson produit des biens électriques et électroniques pour une clientèle industrielle. Le titre, dont la capitalisation boursière est de 45 milliards, possède deux attraits aux yeux d'André Chabot. Premièrement, l'équipe de gestion, menée par David Farr, 42 ans, est compétente et dynamique. Deuxièmement, la société se diversifie avec une «agressivité maîtrisée» en Asie, et ailleurs hors de l'Amérique. «Le cycle de reprise des titres industriels aux États-Unis la favorise», ajoute M. Chabot.

Deckers Outdoor (DECK au NASDAQ)

Prix à la fermeture vendredi: 78,79$

Sommet 52 semaines: 94,70$US

Bas 52 semaines: 40,76$US

Dividende annuel: s.o.

Fabricant américain de bottes et de chaussures de qualité, Deckers a des ventes annuelles de 1 milliard et une capitalisation boursière de 3 milliards. Les gens reviennent graduellement en magasin, de constater le gestionnaire d'expérience. Le secteur du moyen haut de gamme va mieux. Les bénéfices par action de la société sont en croissance. De plus, le fabricant a des visées internationales avec l'ajout récent de distributeurs européens. «Une bonne part de la croissance devrait venir de l'Europe», prévoit-il.

Banque Royale (RY)

Prix à la fermeture vendredi: 59,17$

Sommet 52 semaines: 62,89$

Bas 52 semaines: 48,85%

Dividende annuel: 2,00$

«Des six grandes banques canadiennes, c'est la Royale qui a connu la moins bonne performance boursière depuis la crise», dit le gestionnaire invité. Ses activités américaines ont plombé sa rentabilité depuis 2008. «Après deux ans de nettoyage, on voit enfin la lumière au bout du tunnel au premier trimestre 2011», se réjouit M. Chabot. D'après lui, la banque est en situation de rebond tant dans les bénéfices que dans l'appréciation de son action. La Banque est en retard de deux trimestres par rapport à ses concurrentes. «Le rattrapage va se poursuivre.»

Traditionnellement, l'oligopole des banques canadiennes constitue un secteur historiquement très rentable du TSX. Plus importante du lot, la Royale se trouve dans une situation enviable, selon André Chabot. Fait à ne pas négliger, son dividende donne un rendement annuel de 3,40%.