Dans le coin droit, un géant des télécommunications. Dans le coin gauche, un autre géant des télécommunications. Sur quelle entreprise, Rogers ou TELUS, un investisseur devrait-il miser? Pour Philippe Leblanc, président et gestionnaire de la firme Cote 100, la réponse est claire.

Publié le 3 nov. 2010
Philippe Mercure LA PRESSE

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«Ce n'est pas que le titre de TELUS soit trop cher; c'est que Rogers est sous-évalué. Et ça crée une belle occasion d'achat.»

Dans la boule de cristal de M. Leblanc, les courbes des deux titres se croiseront au même prix cible de 42$ dans un an. La grande différence, c'est que l'action de Rogers a clôturé à 36,65$ hier (en baisse de 1%), ce qui laisse entrevoir un gain potentiel de 18% sur un an si on inclut le dividende.

Le titre de TELUS, de son côté, a clôturé à 45,50$ hier, en hausse de 1,3%. Si les prévisions de M. Leblanc se réalisent, le rendement sur un an serait donc négatif, à environ -3%.

«Le titre de Rogers a diminué sensiblement récemment avec les craintes de concurrence plus élevée dans le sans-fil», observe M. Leblanc, qui mentionne l'arrivée de Vidéotron dans le secteur et le fait que Bell se soit doté d'un nouveau réseau technologique.

«Or, ça n'a pas été le cas pour TELUS, même si l'entreprise a presque autant d'exposition au sans-fil que Rogers», continue le gestionnaire.

Selon lui, c'est probablement le dividende élevé de TELUS (rendement de 4,5%, contre 3,5% pour Rogers) qui a immunisé le titre contre une baisse de valeur.

M. Leblanc pointe toutefois que Rogers a mis en place un important programme de rachat d'actions qui bénéficie aussi aux actionnaires.

«Si on tient compte des rachats, Rogers verse plus d'argent à ses actionnaires que TELUS, du moins sur 12 mois. De plus, Rogers pourrait augmenter son dividende plus rapidement que TELUS, quitte à ralentir ses rachats d'actions.»

Même si les entreprises sont présentes dans d'autres secteurs d'activité (la cablô-distribution et les médias pour Rogers, la téléphonie résidentielle et l'internet pour TELUS), c'est vraiment le sans-fil qui représente le nerf de la guerre pour les deux entreprises, croit M. Leblanc.

«On a des vents contraires dans le sans-fil, explique le gestionnaire. Le positif, c'est que de plus en plus d'abonnés font le saut vers des téléphones intelligents, où les revenus par utilisateur sont deux fois plus élevés. Le négatif, c'est la concurrence qui est de plus en plus féroce.»

C'est dans ce contexte que M. Leblanc se serait attendu à ce que les titres des deux entreprises réagissent sensiblement de la même façon. Le fait que seule l'action de Rogers ait baissé crée donc une occasion en Bourse... lui permettant de gagner son match contre TELUS.