La Bourse de Toronto a plongé mercredi d'un peu plus de 2 %, victime du pessimisme croissant alimenté par les sombres déclarations de la Réserve fédérale des États-Unis au sujet de la reprise et de nouveaux signes de ralentissement en Chine.

Mis à jour le 13 août 2010
Malcolm Morrison LA PRESSE CANADIENNE

L'indice composé S&P/TSX a retraité de 256,08 points ou 2,16% pour clôturer à 11 582,21 points, entraîné par la glissade des titres énergétiques et miniers, pendant que les inquiétudes liées à la demande ont croqué dans les cours des matières premières.

La Bourse de croissance TSXV a lâché 22,72 points à 1441,43 points, tandis qu'un raffermissement du dollar américain a fait reculer le huard de 1,2 cent US à 95,67 cents US.

Les marchés d'actions avaient déjà amorcé leur chute mardi, lorsque la Réserve fédérale des États-Unis a indiqué que «le rythme de la reprise au chapitre de la production et de l'emploi avait ralenti ces derniers mois».

«Les nouvelles rapportant que l'économie est en perte de vitesse (...) ne sont pas nouvelles (...) pour les investisseurs, mais je crois vraiment qu'ils commencent à s'inquiéter davantage du fait que nous n'observions toujours pas de croissance du marché de l'emploi», a estimé Jeff Bradacs, analyste principal en investissements chez MFC Global Investment Management.

«Alors d'ici à ce que nous voyions cela, vraiment, la confiance envers les perspectives économiques va diminuer.»

La Fed a laissé son taux d'intérêt directeur inchangé, entre zéro et 0,25 %, tout en affirmant une nouvelle fois qu'elle le laisserait à ce très faible niveau pour une période prolongée.

La banque centrale n'a toutefois pas impressionné grand monde en annonçant qu'elle allait utiliser de l'argent de ses investissements dans les titres hypothécaires pour racheter de la dette publique à petite échelle. Une telle mesure pourrait, en théorie, faire reculer les coûts de l'emprunt, mais plusieurs observateurs ont fait valoir qu'elle n'aurait probablement pas un impact important sur l'économie américaine.

Aux déclarations de la Fed est venu s'ajouter mercredi un rapport faisant état d'un ralentissement de la croissance économique en Chine, laquelle est passée de 11,9 % au premier trimestre à 10,3 % au deuxième.

Les dirigeants chinois avaient déjà dit qu'ils voulaient ramener la croissance à un niveau plus viable, mais le ralentissement s'est néanmoins avéré plus prononcé que plusieurs analystes ne l'avaient prédit.

En outre, les ventes au détail de la Chine ont grimpé de 17,9 % en juillet, ce qui était inférieur aux attentes des marchés.

Une demande vigoureuse de la part de la Chine est un élément clé pour la reprise économique mondiale. La forte croissance chinoise a été particulièrement bénéfique pour le cours des matières premières, et, conséquemment, pour les sociétés pétrolières et minières de la Bourse de Toronto.

Le secteur torontois des métaux de base a été le principal perdant, mercredi, avec une retraite de 4,41 %. Le prix du cuivre a à Bourse des matières premières de New York (NYMEX) a clôturé en baisse de six cents US à 3,25 $ US la livre. L'action de Teck Resources [[|ticker sym='T.TCK.B'|]] a perdu 1,45 $ à 34,61 $, tandis que celle de Western Coal [[|ticker sym='T.WTN'|]] a lâché 15 cents à 3,94 $.

Le cours du pétrole brut a coulé de 2,23 $ US à 78,02 $ US le baril sur le NYMEX, ce qui a entraîné le secteur torontois de l'énergie dans une chute de 2,84 %. L'action de Suncor Énergie [[|ticker sym='T.SU'|]] a rendu 1,39 $ à 33,34 $, tandis que celle de Canadian Natural Resources [[|ticker sym='T.CNQ'|]] a reculé de 1,42 $ à 34,71 $.

Le groupe des actions de la finance a reculé de 2,4 %, le titre de la Banque Royale [[|ticker sym='T.RY'|]] s'étant déprécié de 1,29 $ à 52,06 $.

L'action de la Financière Manuvie a continué de céder du terrain, abandonnant cette fois 60 cents, ou 4,3 %, pour clôturer à 13,41 $. Ce titre a grandement souffert depuis que l'assureur a surpris, la semaine dernière, les investisseurs avec une perte de 2,4 milliards de dollars pour son plus récent trimestre, ce qui a entraîné mardi une décote de l'agence de notation DBRS.

Les titres aurifères ont aussi terminé la journée dans le rouge, malgré une hausse du cours du lingot d'or de 1,20 $ US à 1199,20 $ US l'once à New York. L'action de Barrick Gold [[|ticker sym='T.ABX'|]] a effacé 64 cents à 44,29 $.

Sur Wall Street, la moyenne Dow Jones des valeurs industrielles a lâché 265,42 points à 10 378,83 points, tandis que l'indice composé du Nasdaq a abandonné 68,54 points à 2208,63 points et que l'indice élargi S&P 500 a chuté de 31,59 points à 1089,47 points.