Vrai, les actions américaines et européennes s'échangent à des cours historiques intéressants. Le gestionnaire de portefeuille français Patrick Gautier espère seulement que ces aubaines n'inciteront pas les investisseurs à délaisser les marchés émergents, qui laissent miroiter des rendements encore plus prometteurs à son avis.

Mis à jour le 23 févr. 2010
Vincent Brousseau-Pouliot
Vincent Brousseau-Pouliot LA PRESSE

Le raisonnement du gestionnaire de la Banque HSBC établi dans l'Hexagone est le suivant: les économies des marchés émergents ont mieux résisté à la crise financière doublée d'une récession et elles offrent un potentiel de croissance plus élevé à court terme. Voilà qui devrait convaincre autant les investisseurs les plus optimistes que les plus fatalistes.

> Notre journaliste sur Twitter : twitter.com/vincentbp «Les marchés émergents battront de loin la croissance des marchés développés à court terme. Malgré leur hausse en Bourse depuis un an, les marchés émergents restent attirants car la croissance est toujours présente», dit Patrick Gautier, qui gère de Paris le fonds commun de marchés émergents HSBC actions BRIC, disponible au Canada.

Selon le consensus des analystes boursiers répertorié par la firme SINOPIA, filiale de HSBC, les actions des entreprises des pays émergents devraient s'échanger à un ratio cours/bénéfices de 13,7 en 2010 et 11,6 en 2011. «Ce sont des niveaux raisonnables historiquement pour les marchés émergents», a dit Patrick Gautier en entrevue avec La Presse Affaires, alors qu'il était de passage à Montréal hier.

Un bémol important: les actions des marchés développés comme les États-Unis, l'Europe et le Japon sont aussi à des ratios cours/bénéfices historiquement très bas. Selon Patrick Gautier, les analystes prévoient des ratios de 14,2 en 2010 et 11,7 en 2011. Il s'agit de ratios similaires à ceux des marchés émergents. «Habituellement, la prime au risque est plus élevée dans les marchés émergents», admet Patrick Gautier.

À ceux qui pensent que les pays émergents représentent la prochaine bulle économique mondiale, Patrick Gautier répond, études à l'appui, que les finances publiques des pays émergents sont en meilleur état que celles des pays développés qui croulent sous les dettes. «Selon nos données, les pays du BRIC sont en meilleure situation financière que les pays développés, dit le gestionnaire de portefeuille français. Ils ont davantage de liquidités et ont mieux géré leur rythme de vie, mais ce facteur n'a pas été intégré dans la valeur de leurs marchés boursiers. Il y a donc une opportunité pour les investisseurs.»

Dans son fonds HSBC actions BRIC, Patrick Gautier mise particulièrement sur le marché chinois, surpondéré de 2% (39% du fonds plutôt que 37% de l'indice Morgan Stanley). Le gestionnaire joue prudemment à la Bourse brésilienne (33% plutôt que 35%), victime de son succès. «En dollars américains, la Bourse brésilienne a progressé de 120% en 2009», dit-il.

Depuis son lancement le 16 avril 2007, le fonds HSBC actions BRIC a généré un rendement négatif de 4,3%, copiant ainsi le fonds indiciel iShares basé sur l'indice des pays émergents de Morgan Stanley endollar US (rendements en date de vendredi dernier). Depuis un an, le fonds basé sur l'indice Morgan Stanley a généré un rendement de 78,4%, comparativement à 48,3% pour le fonds de Patrick Gautier.