La possibilité que le gouvernement britannique voit sa cote de crédit abaissée et des nouvelles inquiétudes quant à l'éventuelle reprise économique aux États-Unis ont fait chuter les marchés financiers, jeudi.

Malcolm Morrison LA PRESSE CANADIENNE

À Toronto, l'indice composite S&P/TSX a reculé de 282,85 points, ou 2,75 pour cent, à 9949,59, les investisseurs ayant effectué des prises de profits compte tenu de la progression des titres qui se poursuit depuis le début mars.

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«La tentation sera de vouloir tirer un peu sa part du gâteau sera présente, après la reprise qu'on a connue», a affirmé Averty Shenfeld, économiste en chef chez Marchés mondiaux CIBC.

«Et il faudra probablement que les investisseurs fassent preuve d'un peu de patience s'ils veulent rester sur le marché en attendant l'arrivée de données économiques confirmant que la reprise était justifiée», a-t-il ajouté.

La Bourse de croissance TSXV a de son côté gagné 4,21 points, à 1089,85.

Le dollar canadien s'est hissé de 0,18 cent US, terminant la journée à 87,87 cents US, après que Statistique Canada eut rapporté que les ventes en gros, en dollars courants, ont reculé de 0,6 pour cent, à 40,5 milliards $ au mois de mars. La baisse a en grande partie été causée par la diminution des ventes de matériaux de construction, de machinerie et d'équipement électronique.

À New York, la moyenne Dow Jones des valeurs industrielles a perdu 129,91 points, terminant la séance à 8292,13, tandis que le Nasdaq a chuté de 32,59 points, à 1695,25, et que l'indice élargi S&P 500 a reculé de 15,14 points, à 888,33.

Standard & Poor's a indiqué, jeudi, que la cote de crédit de la Grande-Bretagne pourrait être abaissée, en raison de la hausse de son niveau d'endettement.

L'agence de notation a confirmé la cote actuelle du pays, mais a fait passer sa perspective de «stable» à «négative», en raison des emprunts effectués pour lutter contre la récession et la crise bancaire.

Les investisseurs craignent que les cotes de crédit d'autres pays puissent également faire l'objet d'un réajustement, notamment dans le cas des États-Unis, qui ont fait d'importants emprunts pour financer leur immense plan de relance.

Mais les analystes se sont montrés rassurants, faisant valoir que ces inquiétudes ne se traduiront pas par une défaillance.

«En ce qui a trait aux cotes de crédit des gouvernements dans leur propre devise, elles sont en réalité toujours excellentes, puisque ultimement (les gouvernements) ont toujours le pouvoir de réimprimer des devises pour rembourser leur dette», a expliqué M. Shenfeld.

La décision de la Réserve fédérale américaine de revoir elle aussi ses perspectives a également eu un impact. La Fed croit maintenant que l'économie américaine se contractera cette année d'entre 1,3 et 2 pour cent.

Les dernières statistiques indiquent par ailleurs que les demandes de prestations d'assurance-emploi ont atteint un niveau record pour une 16e semaine consécutive, aux États-Unis, alarmant une fois de plus les investisseurs.

Les pertes sur le parquet torontois ont été amenées par le recul de 4,5 pour cent qu'a accusé le secteur énergétique, à son tour entraîné par les inquiétudes économiques qui ont fait chuter les prix du pétrole.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du baril de pétrole brut pour livraison en juillet a terminé la séance en baisse de 99 cents US, à 61,05 $ US le baril, après avoir atteint un creux de 59,92 $ US en cours de séance. Le pétrole brut avait grimpé cette dernière semaine à son plus haut niveau des six derniers mois.

Le secteur financier a pour sa part encaissé un recul de trois pour cent.

Le secteur des métaux de base a cédé 4,3 pour cent, tandis que le secteur aurifère est le seul à avoir terminé la séance dans l'encre noir, en hausse de 1,36 pour cent. Le cours du lingot d'or pour livraison en juin a gagné 13,80 $ US à New York, clôturant à 951,20 $ US l'once.