La mainmise sur la Bourse de Montréal, effectuée l'an dernier par l'entreprise qui gère la Bourse de Toronto, aura été payante pour l'ex-président de la Bourse de Montréal.

Martin Vallières
Martin Vallières LA PRESSE

Luc Bertrand a été rémunéré un peu plus de 2 millions de dollars en 2008, révèle la plus récente circulaire de direction du Groupe TMX [[|ticker sym='T.X'|]], l'entreprise rebaptisée qui chapeaute désormais les deux Bourses.

 

En plus d'un salaire de 539 995$, cette rémunération de M. Bertrand en 2008 était composée en majeure partie de primes et de bonus divers.

Un seul de ces bonus, évalué à 568 500$ dans la circulaire, a été attribué à l'ex-président de la Bourse de Montréal par la direction de TMX afin de «souligner le rôle qu'il a joué dans la réalisation du regroupement» des deux Bourses.

Cette prime d'acquisition était constituée de 50 000 options d'achat d'actions du groupe TMX qui seront exerçables à compter d'août, au prix de 36,46$ par action.

Pour le moment, ce prix d'exercice demeure supérieur à la valeur boursière des actions de TMX, qui voisine 34$ ces jours-ci.

Mais cette valeur boursière a de fortes chances de s'apprécier considérablement d'ici deux ans, après le krach boursier de l'automne dernier.

Aussi, a constaté La Presse Affaires, cette prime d'acquisition attribuée à M. Bertrand n'était pas mentionnée dans la circulaire de la Bourse de Montréal remise à ses actionnaires en janvier 2008, avant leur vote sur l'offre convenue avec le Groupe TSX (son nom antérieur).

Tout au plus la circulaire faisait-elle état de négociations entre M. Bertrand et TSX à propos «des modalités de son emploi au sein de l'entité issue du regroupement».

Ces négociations furent d'ailleurs amorcées dès la fin de novembre 2007, lorsque des rumeurs de transactions forcèrent les deux Bourses à confirmer des «discussions préliminaires».

Options d'achat

Par ailleurs, outre sa prime d'acquisition en options, le portefeuille personnel de M. Bertrand est déjà bien garni de millions de dollars en titres du Groupe TMX. Entre autres, il comprend des options d'achat pour 35 146 actions au prix unitaire de 31,58$, ce qui est déjà mieux que la valeur boursière courante des actions de TMX.

Ces options sont valables jusqu'en février 2016, ce qui laisse des années à M. Bertrand pour attendre l'appréciation des actions de l'entreprise boursière. Et gonfler d'autant le gain réalisable à l'exercice de ses options.

Dans l'immédiat, Luc Bertrand demeure le plus important actionnaire particulier de TMX après son achat de la Bourse de Montréal, réglé en bonne partie par un échange d'actions.

Les autres principaux actionnaires de TMX, quoique tous à moins de 7% du total, sont des fonds d'investissement.

Luc Bertrand détient 775 000 actions de TMX. Après avoir touché un creux l'automne dernier, la valeur de ce bloc d'actions avoisine les 26 millions ces jours-ci.

Pour tout dirigeant d'entreprise, un tel avoir constituerait une caisse de retraite bien garnie.

Mais dans le cas de M. Bertrand, son départ en juin prochain de la haute direction et du conseil d'administration de TMX sera accompagné d'une rémunération spéciale.

D'une part, il obtiendra une prime de cessation d'emploi d'au moins 802 500$ qui est prévue à son contrat d'emploi dans le cas d'une démission.

Aussi, le régime de retraite particulier de M. Bertrand qui avait été transféré de la Bourse de Montréal chez TMX lui vaudra une rente annuelle d'au moins 199 100$.

Cette prestation viagère lui sera accessible sans pénalité dans six ans à l'occasion de son 60e anniversaire, soit cinq ans plus tôt que «l'âge normal de la retraite» de 65 ans prévu pour les autres dirigeants et les employés de TMX.