Les taux d’intérêt, l’inflation et l’explosion des prix des propriétés encouragent les citadins à vouloir quitter la métropole pour des villes moins chères, notamment Québec et Trois-Rivières, révèle le plus récent Rapport sur les villes canadiennes les plus abordables de Royal LePage, publié ce mercredi.

Fuir les métropoles

Trouver une propriété abordable semble être un projet qui relève de l’utopie, à plus forte raison pour les premiers acheteurs. Si les métropoles vont toujours attirer les fervents d’évènements culturels, de divertissements variés, de transports en commun, d’emplois diversifiés et les nouveaux arrivants, la moitié des Montréalais, des Torontois et des Vancouvérois songent à déménager ailleurs, révèle le rapport de Royal LePage, qui s’appuie sur un sondage pancanadien mené à la mi-mai par Hill & Knowlton. S’ils trouvaient un emploi dans une autre ville ou un poste leur permettant de travailler à distance, 45 % des propriétaires actuels de ces trois villes achèteraient une maison moins chère ailleurs et 60 % des locataires déménageraient.

Les quatre choix abordables

Les ménages ne devraient pas consacrer plus de 35 % de leur revenu brut au logement, rappelle le site du gouvernement fédéral. Selon les calculs de Royal LePage, 15 villes canadiennes se démarquent en matière d’abordabilité, dont quatre au Québec : Trois-Rivières, Québec, Sherbrooke et Gatineau.

Royal LePage a créé un indice d’abordabilité basé sur le pourcentage de revenu nécessaire pour assurer les versements hypothécaires mensuels avec un taux fixe de 5,71 % sur trois ans et amorti sur 25 ans. Dans son indice, les propriétaires ont une mise de fonds de 20 %, un revenu médian provincial basé sur les données de Statistique Canada de 2022 et les prix de l’agrégat des propriétés à l’échelle de la ville provenant des statistiques de Royal LePage pour le premier trimestre de 2024.

« Dans le domaine de l’immobilier, un vieil adage dit : “Conduisez jusqu’à ce que vous puissiez vous qualifier”. Alors que l’accessibilité au logement continue de se détériorer et que les Canadiens sont confrontés à des obstacles de plus en plus importants lorsqu’ils achètent une maison, cet adage devient de plus en plus une réalité », écrit-on dans le rapport.

La moins chère de la province

Selon l’indice de Royal LePage, Trois-Rivières arrive au quatrième rang et c’est la ville la moins chère de la province. Ceux qui songent à s’y établir en devenant propriétaires devront y consacrer en moyenne 28,5 % de leur revenu mensuel. À titre comparatif, la ville la moins chère du Canada, Thunder Bay, nécessite 22,2 % du revenu mensuel d’un ménage.

« Depuis le boom immobilier stimulé par la pandémie, la demande de la part des acheteurs provenant de l’extérieur de la région, en particulier du Grand Montréal, reste élevée », analyse Martin Leblanc, courtier immobilier agréé chez Royal LePage Centre à Trois-Rivières, qui précise dans le rapport que la région de la Mauricie est un important pôle d’attraction industriel.

« La demande s’étend à différents types de propriétés, mais est plus prononcée dans la copropriété, qui attire principalement des premiers acheteurs et des personnes à la retraite, poursuit-il. Le segment des propriétés à revenus connaît aussi une demande accrue, puisqu’il offre un meilleur ratio de rentabilité pour les investisseurs que dans d’autres régions plus densément peuplées, surtout avec les taux d’intérêt actuels. »

En 2021, Statistique Canada avait recueilli des données sur les ménages qui consacraient 30 % et plus de leur revenu aux frais de logement. Trois-Rivières avait alors le nombre le plus faible de résidants qui dépassaient ce seuil, avec 20,3 %. À Québec, ils étaient 23,5 %, à Sherbrooke 24,4 %, à Gatineau 32,7 %, et à Montréal 27,9 %.

Québec, la préférée

La moitié des habitants de la grande région de Montréal (54 %) affirment qu’ils aimeraient quitter la métropole. Où choisiraient-ils de s’établir ? À Québec, disent 29 % des répondants au sondage ; viennent ensuite Sherbrooke (15 %) et Trois-Rivières (12 %). Ailleurs au Canada, Edmonton est le premier choix des répondants de la région du Grand Toronto (19 %) et de la région du Grand Vancouver (19 %).

Ceux qui veulent déménager sont non seulement motivés par un coût de la vie moins élevé, mais aussi désireux de se rapprocher de la nature et d’avoir un rythme de vie plus détendu.

Pour déménager à Québec, il faut allouer 30,8 % de son revenu mensuel aux frais de logement, tout comme à Sherbrooke. À Gatineau, qui vient au 15rang, il faut prévoir 36,8 % de son revenu mensuel.