(Québec) Le taux d’inflation continue de grimper, plus fortement que prévu, accentuant la pression sur le gouvernement Legault pour glisser un nouveau chèque dans le portefeuille des Québécois dans les prochains mois.

Publié le 9 juin
Jocelyne Richer La Presse Canadienne

En mars, le ministre des Finances, Eric Girard, anticipait un taux d’inflation de 4,7 % en 2022, une prévision revue à la hausse jeudi, fixant désormais la barre à 6 %, une mauvaise nouvelle pour les consommateurs, de plus en plus inquiets de la suite des choses.

Pour éviter la grogne de la population, surtout à l’approche de la campagne électorale, le ministre Girard a confirmé jeudi l’intention du gouvernement de donner un nouveau coup de pouce financier aux contribuables, en précisant son plan de match.

En conférence de presse, il a laissé entendre que le montant versé aux contribuables serait connu durant la campagne électorale, donc quelque part en septembre, et que le chèque (ou crédit d’impôt) serait versé en novembre, soit environ un mois après l’éventuelle réélection du gouvernement caquiste.

« Je pense que nos intentions seront précisées en campagne électorale », a dit le ministre, ajoutant qu’il y aura « une élection au mois d’octobre et le nouveau gouvernement, le nouveau ou la nouvelle ministre des Finances devra déposer une mise à jour budgétaire. Normalement, un geste fiscal vient avec la mise à jour à l’automne ». La mise à jour économique est toujours publiée en novembre et le budget en mars.

M. Girard n’a pas voulu dire quelle formule serait alors privilégiée par Québec : soit un montant fixe (500 $) expédié à tous les contribuables gagnant moins de 100 000 $, comme la dernière fois, ou un montant versé à quelques clientèles ciblées, plus vulnérables sur le plan financier.

« Avec les données qu’on a, on a des données jusqu’au mois d’avril, au niveau de l’inflation, il y aura une publication du chiffre de mai d’ici la fin de juin, il semble que l’inflation va avoisiner plutôt 6 % que 5 % », a-t-il dit, reconnaissant que le chiffre qui circulait au printemps était « trop bas ».

Quant au montant à verser, il est encore trop tôt pour le fixer, les données accessibles pour connaître le taux réel d’inflation pour l’année en cours n’étant pas disponibles.

L’automne dernier, le gouvernement Legault annonçait un chèque de 200 à 270 $ pour les personnes à faible revenu. Près de 3,3 millions de Québécois l’ont reçu.

Puis, dans son dernier budget, en mars, il a offert un chèque de 500 $ à tous les contribuables ayant un revenu net inférieur à 100 000 $, soit 94 % de la population. Cette mesure a grugé un trou de 3 milliards dans les finances publiques.

Lors du dernier congrès de son parti, le premier ministre François Legault a pris l’engagement de ne pas oublier « le portefeuille des Québécois », affectés par une inflation galopante.

« Un gouvernement de la CAQ ne va pas vous laisser tomber face à l’inflation et va continuer de vous donner les moyens de passer au travers », a-t-il promis, fin mai, faisant miroiter par ailleurs des baisses d’impôt.

Depuis, les partis d’opposition l’accusent de vouloir « acheter » des votes, le comparant à l’ex-premier ministre Maurice Duplessis.