À l’automne 2021, Krista Lehman, âgée de 39 ans, a quitté son emploi d’assistante de programme dans un établissement postsecondaire de Vancouver pour prendre une pause afin de s’occuper de sa santé mentale et envisager d’autres options de carrière.

Publié le 3 avril
Leah Golob La Presse Canadienne

Lorsqu’est venu le temps de s’occuper de son régime de retraite à prestations déterminées, le service des ressources humaines de son employeur lui a présenté un forfait qui lui offrait la possibilité de prendre la valeur actualisée de sa pension — une somme forfaitaire qui s’appuie sur un calcul de la valeur actuelle de la future pension — ou celle de garder l’argent dans son régime de retraite jusqu’en 2047, lorsqu’elle commencera à recevoir des versements mensuels.

« J’ai été abasourdie de voir combien d’argent j’avais, a souligné Mme Lehman. Je n’avais jamais eu cette somme d’argent dans mon compte bancaire auparavant. »

Pour les millénariaux qui n’ont pas encore eu la chance d’investir en dehors des cotisations de retraite obligatoires des employés, il peut être décourageant de savoir quoi faire avec un régime de retraite au moment de quitter un emploi.

Dans le cas de Mme Lehman, elle estimait qu’avoir l’autonomie quant à la façon d’investir son argent était plus attrayant que de le laisser à son ancien employeur.

« Je voulais participer plus activement à mes économies et à ma planification de retraite que par le passé, alors c’était une occasion de le faire, a-t-elle noté. Je voulais aussi prendre des décisions éthiques par rapport à l’investissement de mon argent. »

Mme Lehman a donc pris la valeur de rachat totale, plaçant près de 50 % dans un compte de retraite immobilisé (CRI), environ 33 % dans un compte enregistré d’épargne-retraite et encaissant les 17 % restants pour gérer ses dépenses courantes, comme un nouvel ordinateur.

Chaque employé se retrouve avec son propre ensemble de choix lorsqu’il quitte un emploi, et ces choix diffèrent selon qu’un travailleur a un régime de retraite à prestations déterminées ou un régime à cotisations déterminées, a souligné Liz Schieck, planificatrice financière certifiée à la New School of Finances, à Toronto.

Décider quoi faire exactement avec une pension peut être intimidant, a ajouté Mme Schieck, et c’est pourquoi elle recommande à ses clients de prendre le temps de réfléchir et de demander l’avis d’un planificateur financier impartial si cela est possible.

Différentes options

Dans le cas des régimes de retraite à prestations déterminées, Mme Schieck voit ses clients choisir le plus souvent entre laisser le montant de la pension à leur employeur, le transférer au régime de retraite de leur nouvel employeur ou le prendre et l’investir ailleurs.

La décision dépend souvent du niveau de confiance et de confort. « Certaines personnes pourraient se sentir plus réticentes à investir elles-mêmes (le montant) sur le marché, tandis que d’autres pourraient moins faire confiance à un régime de retraite », a observé Mme Schieck.

Dans ce dernier cas, certaines personnes dans la vingtaine et la trentaine pourraient ne pas être convaincues que l’entreprise existera toujours lorsqu’elles prendront leur retraite et tout au long de leur retraite.

Pour ceux qui décident de retirer le montant de la pension, le fait de placer cet argent dans un CRI, et toute somme restante dans un régime enregistré d’épargne-retraite (REER) si le plafond le permet, fait en sorte que le montant n’est pas considéré comme un revenu imposable. Cependant, les personnes qui choisiraient de ne pas placer les sommes restantes dans un REER recevront un chèque et cet argent sera imposé, a expliqué Mme Schieck.

Pour une personne accablée par une dette d’études, cet argent pourrait faire une grande différence pour aider à la rembourser.

Mais la décision de placer le montant dans un REER ou de l’utiliser en payant les impôts appropriés n’est pas universelle, a ajouté Mme Schieck.

« Cela dépend du taux d’imposition qui va être payé, de la tranche d’imposition dans laquelle on se trouve, de la dette accumulée, du taux d’intérêt et de la capacité d’épargne à l’avenir. C’est pourquoi il est bon d’être conseillé. »

Lorsqu’il s’agit d’un régime à cotisations déterminées, la décision peut parfois être plus simple, puisqu’il existe moins d’options. Le régime à cotisations déterminées agit déjà comme un compte d’investissement, a souligné Mme Schieck. Il y a un montant d’argent fixe qu’on peut soit conserver dans le plan, soit investir dans un compte immobilisé ailleurs. Il existe également une option pour acheter une rente, mais c’est une voie beaucoup moins empruntée.

Lorsqu’on quitte un emploi avec un régime à cotisations déterminées, la décision de retirer ou non la pension dépend des produits dans lesquels on souhaite investir, et de l’endroit, a expliqué Mme Shieck.

Par exemple, ceux qui retirent leur pension pourraient se sentir plus à l’aise de garder leurs investissements dans leur propre banque ou vouloir être plus sélectifs sur leurs investissements, comme Mme Lehman, qui voulait s’assurer que ses investissements sont éthiques.