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Publié le 5 mars
Isabelle Dubé
Isabelle Dubé La Presse

Si on souhaite mettre de l’argent de côté dans un CELI, est-ce qu’on peut ajouter des montants régulièrement ? Est-ce qu’on peut mettre 1000 $ par mois au lieu d’un seul versement de 12 000 $ par année ? — Chantal Desjardins

Depuis 2019, il est possible de cotiser non pas 12 000 $ par année, mais bien 6000 $ par année. Auparavant, les montants maximums annuels étaient de 5500 $, de 2016 à 2018, et de 5000 $, de la création du CELI en 2009 jusqu’en 2014. L’année 2015 est la seule où le gouvernement fédéral a permis de cotiser 10 000 $.

Même s’il se nomme « compte d’épargne libre d’impôt » et qu’il y a les mots « compte d’épargne » dans son nom, il vaut mieux ne pas utiliser le CELI comme un simple compte d’épargne qui ne donne aucun intérêt, voire très, très peu.

C’est la deuxième partie de son nom qui importe le plus : « libre d’impôt ».

On met de l’argent dans le CELI en espérant faire le plus de rendements possible, selon son profil d’investisseur et sa tolérance au risque, car ces rendements ne seront pas imposables. Contrairement à ceux des placements non enregistrés.

La confusion au sujet de la cotisation en début d’année vient sûrement d’un conseil général et répandu provenant des planificateurs financiers.

« C’est mieux de mettre le montant en début d’année, parce qu’on va profiter dès le début de l’année de l’abri fiscal pour le rendement », explique la planificatrice financière Chantal Matos, directrice conseil chez Gestion privée Fonds FMOQ.

« Si on ne peut pas mettre la cotisation maximum en début d’année, ce n’est pas une mauvaise chose non plus. Car en achetant des actions ou des fonds à différents moments dans l’année, une fois par mois par exemple, on achète à différents prix. Donc, on profite des baisses de marché et on se retrouve à la fin de l’année avec un prix moyen. »

Pour ce qui est des versements, Chantal Matos rappelle que le CELI fonctionne comme n’importe quelle forme d’épargne. « On peut faire des versements chaque semaine, chaque mois, explique-t-elle. J’ai des clients qui investissent toutes les deux semaines ou chaque mois. Que ce soit les REER, les REEE, les CELI ou les placements non enregistrés, on peut programmer des versements d’épargne. »

La planificatrice met en garde les gens qui voudraient utiliser le CELI pour faire des réparations d’autos le mois prochain ou aller en vacances dans deux mois.

« Si on met de l’argent dans un CELI et qu’on le sort le mois suivant, on ne pourra pas profiter des bienfaits de ce véhicule-là. C’est pour mettre de l’argent de côté, mais à moyen ou long terme. Les rendements sont à l’abri de l’impôt. »

Contrairement au REER, les cotisations au CELI ne donnent pas de déduction d’impôt. Toutefois, les retraits ne sont pas imposables, ils ne s’ajoutent pas au revenu, comme le font les retraits REER ou, après 71 ans, les FERR.

Les droits de cotisation sont cumulatifs. Ainsi, si on retire des fonds dans l’année, on ne perd pas les droits de cotisation. On peut les réutiliser l’année suivante. En 2022, le montant total de cotisation CELI s’élève à 81 500 $.

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