Les prix des matériaux de construction font peur. Les cas de pénurie de produits se multiplient. Le personnel se fait de plus en plus rare, avec ce que cela suppose de pression à la hausse sur les salaires. L’inflation risque-t-elle de repartir à la hausse ? Faut-il s’inquiéter ? Et comment s’en protéger ? Il faut d’abord dégonfler quelques mythes.

Marc Tison
Marc Tison La Presse

Réalité et perception de l’inflation

Bien des gens se souviennent du soufflé au chou-fleur de 2016, quand le prix de ce représentant de la noble famille des brassicacées avait atteint 8 $.

À tel point que l’inoffensif légume est resté – à tort – le symbole d’une inflation malfaisante.

Le soufflé, le prix et l’indignation ont fini par se dégonfler.

Ces préoccupations viennent cependant de réapparaître, alors que pour le deuxième mois consécutif, l’inflation a franchi la barrière symbolique, psychologique et technique des 3 %, avec un taux de 3,6 % en mai, après les 3,4 % atteints en avril.

L’hydre pernicieuse de l’inflation nous menace-t-elle ?

Mais de quoi parle-t-on ?

D’abord, une explication. L’inflation se définit comme la « hausse du niveau moyen des prix des biens et services dans une économie ». Elle se traduit par une perte du pouvoir d’achat, dans la mesure où les revenus ne gravissent pas la même pente.

Au Canada, la mesure de l’inflation la plus utilisée est l’indice des prix à la consommation (IPC), que Statistique Canada calcule chaque mois sur la base d’un panier typique de 700 biens et services consommés par le citoyen moyen.

Toutes les sphères de consommation du citoyen lambda sont prises en compte : alimentation, logement, tarifs d’électricité, essence, soins personnels, meubles, vêtements, loisirs, etc.

Le prix de chaque produit ou service inclus dans le calcul est pondéré en fonction de l’importance qu’il occupe dans le budget des consommateurs canadiens.

Chaque mois, le coût de ce panier est comparé à son équivalent 12 mois plus tôt.

En mai 2021, l’inflation s’est fixée à 3,6 %, ce qui signifie que le prix de ce panier a augmenté de 3,6 % en mai 2021 par rapport à mai 2020.

Une inflation bien contrôlée

Depuis l’entente convenue avec le ministre des Finances en 1991, la Banque du Canada s’est fixé l’objectif de maintenir l’inflation aux environs de 2 % par année, dans une fourchette de 1 à 3 %, soit à un niveau « bas, stable et prévisible ».

Elle a largement réussi.

Entre 1973 et 1982, l’inflation annuelle avait excédé 10 % cinq années sur six. Entre 1984 et 1991, elle s’était généralement maintenue entre 4 et 5 %. À partir de 1992, depuis que la Banque du Canada s’est attelée à la contrôler, l’inflation annuelle a oscillé autour de 2 %, sans excéder 3 %.

En quoi ça me touche ?

Avec un taux de 3,6 % en mai, l’inflation a augmenté à son rythme le plus rapide depuis mai 2011.

Ce raffermissement de la croissance des prix en mai « a été entraîné surtout par la hausse des prix du logement et des véhicules automobiles », a expliqué Statistique Canada.

En avril, c’était le prix de l’essence qui avait principalement contribué à cette croissance, avec une hausse de 62,5 % par rapport à avril 2020, alors que les prix étaient à leur plus bas en raison de la pandémie.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Le prix de l’essence a bondi de 62,5 % en avril 2021 par rapport à avril 2020.

En mai, le coût du logement a augmenté de 4,2 % par rapport à mai 2020 – la hausse annuelle la plus marquée depuis septembre 2008.

Le prix des véhicules automobiles a bondi de 5 % depuis mai 2020.

Autre point sensible, les aliments ont connu une hausse de 1,5 % en mai 2021 par rapport à mai 2020. À eux seuls, les prix du poulet frais ou surgelé ont augmenté de 5,0 %.

Mais dans sa vie quotidienne, chaque citoyen est touché différemment, selon ses habitudes de consommation.

« C’est un échantillon, rappelle Hélène Bégin, économiste principale chez Études économiques Desjardins. Quelqu’un qui ne mange pas de viande n’est pas touché par la hausse du prix de la viande. »

PHOTO FOURNIE PAR LE MOUVEMENT DESJARDINS

Hélène Bégin, économiste principale chez Études économiques Desjardins

De même, la hausse du coût du logement ne s’exprime pas de la même manière partout ni pour tout le monde. « Ceux qui ont acheté leur propriété depuis plus de dix ans ne voient pas de différence sur leur budget », observe-t-elle.

Sauf peut-être pour les rénovations, où la flambée du bois d’œuvre a touché de nombreux foyers. Dans les matériaux de construction, « on ne prévoit pas d’accalmie avant l’automne », glisse-t-elle.

Qu’en est-il du prix du chou-fleur, vous inquiétez-vous ? « S’il n’est pas dans le panier de Statistique Canada, on ne le capte pas », assène l’économiste.

Mais est-ce la vraie vie ?

Le calcul soigneux de l’IPC ne correspond pas nécessairement aux perceptions du consommateur.

Lors d’un sondage en ligne mené du 24 août au 6 octobre 2020 auprès de 8743 répondants (dont 42 % provenaient du Québec !), les deux tiers ont indiqué qu’ils avaient l’impression que l’inflation était supérieure au taux annoncé de 2 %.

À leur échelle, ils constatent les effets de l’inflation avec leurs dépenses les plus fréquentes : leur facture d’épicerie hebdomadaire et le prix de l’essence lors du plein. Or, les prix de l’alimentation et l’énergie sont justement parmi les plus volatils du panier (aucun lien entre le qualificatif « volatil » et le poulet ou les vapeurs d’essence : il s’agit ici de fluctuations soudaines et marquées).

À tel point que Statistique Canada calcule souvent les variations de l’IPC avec et sans l’alimentation ou l’énergie. Ainsi, en avril 2021, l’IPC a augmenté de 1,6 % par rapport à avril 2020, si on en retire la composante de l’énergie.

« L’alimentation, l’essence et l’habitation, ça touche tout le monde, à divers degrés », constate Hélène Bégin, économiste principale chez Études économiques Desjardins.

« En plus, ce sont ces trois éléments-là qui accaparent la plus grande partie du budget du consommateur. Donc, il a bien raison de s’en soucier. »

Bon, on s’inquiète ou pas ?

On se calme !

Lors d’un discours diffusé sur le web le 10 juin dernier, le sous-gouverneur de la Banque du Canada Timothy Lane a expliqué que la comparaison des prix des biens et services en avril s’est faite « avec les prix extrêmement bas de l’an passé, ce qu’on appelle l’effet de glissement annuel ».

Cet écart entre les prix temporairement affaissés en 2020 et les prix redressés en 2021 avait en bonne partie expliqué l’inflation de 3,4 % calculée en avril.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Timothy Lane, sous-gouverneur de la Banque du Canada

« Nous nous attendons à ce que l’inflation avoisine 3 % durant l’été, puis qu’elle diminue plus tard dans l’année, compte tenu de la marge de capacités excédentaires subsistant dans l’économie », a-t-il prophétisé.

Le même phénomène s’est produit en mai, quoique de façon moins prononcée. « En mai 2021, ces prix plus faibles ont été utilisés pour comparer les prix d’une année à l’autre, ce qui permet d’expliquer en partie la croissance d’une année à l’autre de 3,6 % de l’IPC », a indiqué Statistique Canada.

Au cours des prochains mois, la comparaison continuera de s’établir avec des prix qui étaient en cours de rétablissement après le premier confinement, ce qui autorise un optimisme pondéré chez l’économiste principale Hélène Bégin, des Études économiques Desjardins.

« Nous aurons peut-être encore 3 ou 4 % pendant un mois ou deux, mais ça va ensuite se stabiliser autour de 2 % », indiquait-elle le 11 juin, cinq jours avant l’annonce du taux d’inflation de mai. Desjardins prévoyait alors une inflation de 2,3 % au Canada en 2021.

La publication des données de mai a modifié le portrait. « Même si le discours est le même, les chiffres élevés publiés hier ont rehaussé nos prévisions d’inflation », a informé Hélène Bégin, le 17 juin.

Son équipe pronostique maintenant pour le Canada des taux de 2,5 % en 2021 et 2,0 % en 2022. Pour le Québec : 2,8 % en 2021 et 2,0 % en 2022.

Rien pour trembler de terreur, cependant.

Le planificateur financier Benoit Chaurette, conseiller principal chez Banque Nationale Gestion privée 1859, ne trouve pas non plus raison de s’inquiéter. « Pas pour le moment, en tout cas. C’est trop embryonnaire. »

Les données d’avril témoignent de la reprise économique en cours, observe-t-il.

« En 2020, l’inflation avait diminué légèrement, et il faut voir le problème dans son ensemble », soutient le conseiller.

« Pour monsieur et madame Tout-le-Monde, ce n’est pas encore le moment de tirer la sonnette d’alarme. »

Quoique…

Prudente comme tous les économistes, Hélène Bégin tempère son optimisme.

« Malgré notre scénario de prévision qui croit que l’inflation va graduellement redescendre autour de 2 % à partir de l’été ou de l’automne, il y a quand même plusieurs risques à la hausse au-delà de cette période. »

Les épargnes générées par le confinement et la pandémie vont trouver à s’employer, ce qui causera un accroissement de la demande dans plusieurs secteurs.

Les gens vont se gâter avec les services. Hébergement, restauration, loisirs, etc. : il faut vraiment surveiller les prix de ce côté-là. C’est un risque quand même assez important.

Hélène Bégin, économiste principale chez Études économiques Desjardins

Elle observe d’autres signes de pression sur les prix, notamment dans l’alimentation.

« On voit la sécheresse s’installer en Californie et dans diverses régions du monde. Ça risque d’amener une pression à la hausse sur les prix des végétaux. »

David Poliquin, gestionnaire de portefeuille chez BGY, Services financiers intégrés, se range lui aussi du côté des experts circonspects.

PHOTO FOURNIE PAR DAVID POLIQUIN

David Poliquin est gestionnaire de portefeuille chez BGY, Services financiers intégrés.

« Je suis de ceux qui pensent que l’inflation va être au-dessus de 2 % dans les prochaines années, contrairement aux dernières années, dit-il. On ne parle pas d’inflation de 5, 6 ou 7 %, seulement de 3 % au lieu de 2 %. Mais sur plusieurs années, les écarts augmentent. »

L’inflation actuelle est causée par une offre insuffisante conjuguée à une demande accrue, explique-t-il. La situation de l’offre est en voie d’ajustement.

Par contre, les masses monétaires injectées dans l’économie par les banques centrales, conjuguées aux subventions accordées par les gouvernements pendant la pandémie, vont soutenir plus durablement la demande, croit-il.

« C’est cette tendance-là qu’il faut craindre, même si elle est beaucoup moins forte en amplitude que le problème d’offre. »

Qui serait touché ?

Retenons l’hypothèse d’une inflation à 3 % pendant plus d’un an. Qui serait touché ?

« Il n’y a pas juste des perdants dans l’équation », rappelle d’abord David Poliquin, gestionnaire de portefeuille chez BGY, Services financiers intégrés.

« Il y a des éléments qui nous protègent de l’inflation, et il y a des éléments qui nous font perdre en cas d’inflation. Le plus gros problème, c’est que ce sont les mêmes clientèles qui vont gagner, et les mêmes qui vont perdre. »

Un taux d’inflation de 3 % n’est pas en soi catastrophique.

« Souvent, quand il y a de l’inflation, les salaires suivent aussi, souligne Benoit Chaurette, conseiller principal chez Banque Nationale Gestion privée 1859. La plupart des salariés vont voir leur salaire augmenter à un rythme qui pourrait ressembler à celui de l’inflation. »

PHOTO KARENE-ISABELLE JEAN-BAPTISTE, LA PRESSE

Benoit Chaurette, planificateur financier, est conseiller au Centre d’expertise, Banque Nationale Gestion privée 1859.

Ceux qui s’en tireront le mieux sont les travailleurs dans la force de l’âge dont les talents sont recherchés, qui possèdent des placements diversifiés, une propriété qui profite des hausses immobilières. « Ce sont trois éléments qui, potentiellement, pourraient les protéger contre une inflation un peu plus soutenue dans les prochaines années », observe David Poliquin.

Et il y a les autres.

Une inflation plus forte et persistante pourrait être dommageable aux travailleurs dont les conventions collectives sont encore loin de leur échéance, ou ceux dont les employeurs seront incapables d’augmenter les salaires, indique Benoit Chaurette.

Mais les retraités sont les premiers ciblés. Pas nécessairement tous les retraités, mais ceux qui comptent sur des régimes de retraite peu ou pas indexés.

Benoit Chaurette, conseiller principal chez Banque Nationale Gestion privée 1859

Leur rente perdant du terrain sur les prix, leur pouvoir d’achat se trouvera peu à peu rongé par l’inflation. L’effet sur un an est négligeable. À long terme, il peut être très préoccupant.

« Ce sont les mêmes personnes qui sont susceptibles de vendre leur maison et aller en logement, ajoute David Poliquin. S’il y a de l’inflation et que l’immobilier continue à monter, ils n’en profitent pas. Et ce sont les mêmes qui vont avoir des portefeuilles très prudents, avec des taux de rendement plus faibles et fixes, de l’ordre de 1 % et 2 %. »

En théorie, les retraités à plus faibles revenus pourraient être moins sensibles à l’inflation, dans la mesure où leurs revenus de retraite se composent en large partie de rentes gouvernementales indexées : prestation de la Sécurité de la vieillesse (PSV), Supplément de revenu garanti, rente de la Régie des rentes du Québec (RRQ).

Mais leurs postes budgétaires les plus importants – l’alimentation, le logement – pourraient être touchés de manière disproportionnée par une augmentation des prix.

Et comme tous les ménages aux prises avec un budget étriqué, ils connaîtront sans doute un douloureux décalage entre la hausse des prix et l’indexation de leurs revenus.

Les chanceux de la fonction publique ?

Malgré ce que certains pourraient croire, les retraités de la fonction publique du Québec ne sont pas insensibles à l’inflation.

La rente du Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (RREGOP), par exemple, est calculée en fonction de trois catégories d’indexation. Seules les années de service accomplies avant le 1er juillet 1982 seront pleinement indexées selon le taux d’augmentation de l’indice des rentes (TAIR). Pour les années entre 1982 et 1999, on applique le TAIR moins 3 %. Après 1999 : le plus avantageux entre 50 % du TAIR et le TAIR moins 3 %.

« Grosso modo, si on prend quelqu’un qui a travaillé 35 ans dans la fonction publique et qui prend sa retraite à 61 ans à la fin 2021, on projettera une indexation proratisée de 0,63 % si l’inflation est de 2 % : 13 ans sur 35 à 0 % et 22 ans sur 35 à 1 % », explique Robin Lévesque, conseiller en placement chez BGY, Services financiers intégrés.

Si on retient plutôt une inflation de 3 % à partir de la fin 2021, la projection de la rente de ce retraité se calculerait avec une indexation de 0,94 %.

Il y aurait donc un écart de plus de deux points de pourcentage avec une inflation de 3 %, alors que dans le cas d’une inflation à 2 %, l’écart est réduit à 1,37 point.

L’impact de l’inflation sur une rente non indexée

Quel est l’effet de l’inflation sur le pouvoir d’achat ? Voici un exemple avec une rente de retraite non indexée de 30 000 $ par année et un budget équivalent.

« À l’an 0, le revenu de la rente du retraité est suffisant pour combler l’ensemble des dépenses. Mais dès l’année suivante, pour conserver le même niveau de vie, il faudra piger dans les placements personnels », observe Benoit Chaurette, conseiller principal chez Banque Nationale Gestion privée 1859.

L’écart demeure mince au cours des deux premières années.

« Sur le long terme, le portrait est différent. Trente ans plus tard, on peut voir des écarts monstres selon le taux d’inflation moyen de la période. »

Comment s’en protéger ?

Quelques façons de se protéger des risques liés à l’inflation.

Des placements bien diversifiés

Comment se prémunir contre l’inflation ?

« La réponse est probablement d’avoir un portefeuille bien diversifié, comprenant entre autres des actions, des investissements alternatifs », fait valoir David Poliquin.

Bien entendu, la proportion en actions doit respecter la tolérance au risque, rappelle-t-il.

Beaucoup de personnes pensent réduire le risque avec des placements garantis, des revenus fixes ou des liquidités (encaisse). En contexte d’inflation, ils constituent au contraire un risque non négligeable.

Je trouve que l’encaisse comporte un risque important pour la prochaine décennie parce que les taux d’intérêt sur l’encaisse ont rarement été aussi faibles alors que l’inflation semble augmenter.

David Poliquin, gestionnaire de portefeuille chez BGY, Services financiers intégrés

Rembourser ses dettes

« Rembourser une dette peut aussi être une façon d’augmenter le rendement des revenus fixes en prenant moins de risques », souligne David Poliquin.

Rembourser un prêt affecté d’un taux de 5 % rapporte davantage qu’investir dans un placement garanti à 2 %.

« Si une crise de marché survient, il faut être en mesure de reprendre l’argent remboursé pour investir dans le marché, ce qui peut être une solution afin de bénéficier de cette baisse. »

Fixer son taux hypothécaire

Dans un contexte de montée inflationniste et de hausse des taux d’intérêt, il sera prudent de fixer son taux hypothécaire.

« Si on pense que les taux vont augmenter, peut-être prendre des taux fixes dont le taux est garanti pour la durée du terme plutôt qu’un taux variable », suggère Benoit Chaurette.

Maintenir un solide fonds d’urgence

Il sera utile de maintenir dans le budget une marge de manœuvre qui pourra absorber les hausses de prix, le temps que les revenus s’ajustent.

Et un coussin de sécurité bien garni ajoutera au confort budgétaire.

« C’est toujours un bon conseil, souligne Benoit Chaurette. En planification financière, on recommande toujours aux gens d’avoir l’équivalent de trois mois de dépenses en fonds d’urgence pour pallier les imprévus. Et je dirais qu’une hausse de taux d’intérêt pourrait faire partie de ces imprévus. »

Ne pas tomber dans la surconsommation

Benoit Charrette ne croit pas qu’il faille accroître l’épargne plus que d’ordinaire pour se prémunir contre l’inflation.

« Ce n’est pas parce que l’inflation est plus élevée qu’il faut qu’on augmente l’épargne, toutes proportions gardées, en proportion de notre revenu. Je pense que garder de bonnes habitudes de vie est une bonne chose et s’il y a eu des effets positifs à la pandémie, c’est que les gens ont épargné davantage dans la dernière année. »

Alors que les épargnes pandémiques ont été engrangées, le risque consiste davantage en une frénésie de dépenses.

Son conseil : « Continuer de conserver un niveau d’épargne qui est sain, et ne pas tomber dans le piège de la surconsommation. »

Consulter votre planificateur

Faire face à l’inflation ? Épargner davantage pour la retraite ? Ajuster ses placements ? Revoir son budget ? « Référez-vous à votre planificateur financier, pour discuter avec lui de votre situation, parce que chaque situation est différente », recommande David Poliquin.

Surtout, restons calmes

Même si on évoque la possibilité d’une inflation à 3 %, il n’y a pas lieu de s’inquiéter outre mesure.

C’est vraiment vers la fin de l’année et au début de l’année prochaine qu’on va vraiment être capables de voir si cette tendance est durable ou pas.

Benoit Chaurette, conseiller au Centre d’expertise, Banque Nationale Gestion privée 1859

« Mais dans l’ensemble, pour la population, ce n’est pas nécessairement un risque qui est si grave. On n’est pas dans des situations comme en connaissent les Libanais ou les Vénézuéliens. »

Au contraire du Canada, le taux d’inflation était en légère baisse au Venezuela.

Il est passé de 3012 % en mars à 2941 % en avril.