Face à un tollé qui commençait à se créer autour des hausses du prix des assurances habitation et automobiles au cours des dernières semaines, en pleine pandémie, de nombreux assureurs importants ont reculé, constatent des courtiers.

Jean-François Codère Jean-François Codère
La Presse

« Le meilleur conseil que je peux donner actuellement, c’est d’appeler votre assureur et de lui dire : “J’ai entendu qu’il y avait trois ou quatre assureurs qui ont commencé à baisser leurs prix” », recommande Louis-Thomas Labbé, président et chef de la direction du courtier GPL Assurances.

M. Labbé a contribué à la contestation en publiant il y a quelques jours une lettre ouverte dénonçant les assureurs qui haussaient leurs prix en cette période.

« Je suis content, je suis très surpris de voir tout le travail qui a été fait depuis », observe-t-il.

Des appels payants

Les avis de renouvellement à la hausse, parfois de 15 %, 20 % ou plus, acheminés au cours des dernières semaines s’inscrivent dans une tendance observable depuis au moins 18 mois, relève-t-on.

« C’est basé sur un manque de rentabilité des assureurs », résume Maxime Poulin, courtier et vice-président chez Ostiguy & Gendron.

La hausse du nombre de sinistres et de leurs coûts a créé une tendance lourde que les courtiers ne contestent pas, en règle générale. Le moment est toutefois mal choisi, constatent-ils.

Les assureurs semblent avoir fait la même constatation. Beaucoup ont fait connaître au cours des derniers jours leur intention de mettre la pédale douce sur les augmentations, du moins pour 2020. Tant et si bien qu’il y a de bonnes chances d’obtenir des gains intéressants avec un appel téléphonique.

« Si on appelle son assureur, c’est assurément une possibilité que d’obtenir un rabais », juge Vincent Gaudreau, vice-président de Gaudreau Assurances.

Juste de mettre son dossier à jour, il y a déjà souvent des rabais à aller chercher, si notre situation a changé. Après, c’est comme avec Vidéotron ou Bell, parfois, quand on appelle, des miracles se produisent…

Vincent Gaudreau, vice-président de Gaudreau Assurances

Est-ce à dire que les hausses ne seront que reportées à l’an prochain ? Pas nécessairement, juge M. Labbé. Il y a fort à parier, croit-il, que l’économie ne tournera pas encore à son plein potentiel dans un an, ce qui signifie que les risques seront encore inférieurs à ce qu’ils étaient avant la pandémie, notamment à cause d’une circulation automobile réduite.

Il est donc d’autant plus important, croit-il, d’appeler pour profiter de l’assouplissement actuel. Parce que les clients qui paient trop cette année le feront encore l’an prochain, l’assureur ne se précipitant pas pour leur offrir une baisse.

Rabais ponctuels

En plus de l’atténuation des hausses de primes pour les renouvellements, la plupart des assureurs automobiles ont fait savoir au cours des derniers jours qu’ils accorderaient des rabais sur les primes mensuelles pendant les mois de confinement.

Certains accordent cette baisse automatiquement (CAA-Québec ou La Capitale), mais d’autres non.

« Si je regarde deux des plus gros assureurs, Desjardins et Intact, il faut s’inscrire, note M. Gaudreau. Si les gens ne le font pas, ils n’ont pas le rabais. Ça, c’est comme de l’argent trouvé par terre, il faut le prendre. »